Tour du Temple | détention de la famille royale

Détention de la famille royale

Attribution des étages de la Grande Tour

La Commune de Paris en fait la prison de la famille royale dont elle s’était assuré la garde, après la journée insurrectionnelle du 10 août 1792. La famille royale est d'abord transférée au couvent des Feuillants puis le 13 août emprisonnée au Temple. L'aménagement de la tour demandant un certain délai, le roi et les siens sont d'abord logés dans l'appartement du bibliothécaire-archiviste Barthélémy. Les deuxième et troisième étages de la grosse tour sont partagés en plusieurs pièces dont les fenêtres sont équipées d'abat-jour pour empêcher les prisonniers de communiquer avec l'extérieur[1].

Le 26 septembre 1792, Louis XVI, séparé de sa famille, est transféré dans la grande tour du Temple, suivi le 25 octobre de la même année par Marie-Antoinette d'Autriche et ses enfants.

Le rez-de-chaussée n’avait pas été transformé. Le conseil de surveillance du Temple s’y installa le 8 décembre 1792. Cette vaste pièce d’environ 60 mètres était meublée de quatre lits destinés aux commissaires, d’un bureau, d’un pupitre destiné à Jean-Baptiste Cléry, d’armoires, dont l’une renfermait les registres. C’est dans cette salle que les municipaux prenaient leurs repas en compagnie des officiers de la Garde nationale en service au Temple.

Le premier étage abritait le corps de garde, soit une quarantaine d’hommes qui couchaient sur des lits de camps. Comme le rez-de-chaussée, cette salle était restée en l’état. Des sonnettes reliaient le corps de gardes à la salle du conseil et aux appartements de la famille royale. Le même escalier en colimaçon desservait tous les étages.

Louis XVII au Temple en 1793 par Joseph-Marie Vien le Jeune (musée Carnavalet).
Louis XVI à la tour du Temple, par Jean-François Garneray.

Le deuxième étage était affecté au roi. Un couloir coudé, barré de deux portes, l’une en fer, la seconde en chêne, donnait accès à l’escalier. Il comprenait quatre pièces. Chacune était éclairée par une fenêtre grillagée et en partie obstruée par un abat-jour en forme de hotte. Dans l’antichambre on avait affiché la Déclaration des droits de l’homme encadrée de tricolore. Cette pièce en pierre de taille était meublée de quatre chaises, d’une table à écrire et d’une table à trictrac. Une cloison vitrée la séparait de la salle à manger. La chambre du roi était tapissée de jaune vif et communiquait avec l’antichambre avec une double porte à vantaux. On la laissait ouverte toute la journée pour faciliter la surveillance. Cette pièce était dotée d’une cheminée qui faisait face à la porte, surmontée d’une glace. Le lit du roi était placé contre la cloison. En prolongement du lit royal, le lit de sangle destiné au dauphin. Les meubles de l’étage du roi provenaient du Palais du grand prieur de Malte. La tourelle servait d’oratoire. Auprès de la chambre du roi se trouvait la chambre de Jean-Baptiste Cléry. L’autre tourelle servait de garde-robe, la troisième tourelle de bûcher.

Plan du troisième étage avec indications des pièces occupées par la famille royale. Archives nationales.
Marie Antoinette, peinte à la tour du Temple, attribuée à Kucharski.

Le troisième étage était affecté à la reine, à sa fille et à Madame Élisabeth. L’appartement avait la même superficie que celui du roi. Il n’en était pas l’exacte réplique. L’antichambre identique précédait la chambre de la reine, située au-dessus de celle du roi. Elle avait également une double porte. Elle était meublée d’une table, d’un lit de repos et de chaises. La chambre de la reine était tapissée de papier-peint à fleur de couleur verte sur fond bleu, avait une porte à deux vantaux et possédait une cheminée. On avait placé le lit de Marie-Thérèse de France dans une encoignure ; ce n’était qu’une couchette. Il y avait aussi un canapé, une commode, un paravent et deux tables de nuit. Une tourelle servait de cabinet. La chambre obscure de Mme Élisabeth était située sous la chambre de Cléry, elle était pourvue d’une cheminée, d’un lit de fer, une commode, une table, deux fauteuils et deux chaises. À ce même étage les Tison couchaient au-dessus de la salle à manger du roi[2].

Le quatrième étage était inoccupé, il servait de grenier. Entre les créneaux et les pans de la haute toiture d’ardoise courait une galerie ou plutôt un chemin de ronde. Au début de son emprisonnement, la famille royale pouvait s’y promener ; pour cela, le conseil du Temple fit garnir les espaces entre les créneaux par des planches qui empêchaient les promeneurs d’être vus.

Ces précisions résultent des inventaires qui furent dressés le 25 octobre 1792 et le 19 janvier 1793.

Les commissaires, désignés chaque soir par l’Hôtel de ville, disposaient d’une chambre chacun et d’une salle de réunion.

Dans le bâtiment où s’ouvrait la grande porte de l’enclos et qui bordait la rue du Temple, se trouvaient les loges des concierges, l’économat et les cuisines. La troupe avait établi ses quartiers dans le palais du grand prieur. Elle comprenait un commandant général, un chef de légion, un sous-adjudant général, un adjudant-major, un porte-drapeau, vingt artilleurs servant deux canons, soit 287 hommes, en comptant les officiers subalternes, les sous-officiers et les simples soldats. Cette garde était désignée à tour de rôle par les 8 divisions composant la Garde nationale de Paris.

Attributions des étages de la Petite Tour

Transfert de la famille royale au Temple le .

Le 13 août 1792, le premier étage de la Petite Tour fut attribué aux trois femmes de chambre : Mmes Bazire, Navarre, Thibaud. Le second étage fut attribué à la reine et sa fille Marie-Thérèse de France. Elles couchaient dans l’ancienne chambre de Berthélémy (archiviste de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem) qui avait été expulsé de son domicile par les agents de la Commune. Au même étage la princesse de Lamballe dormait dans l’antichambre sur un lit de sangle, Louise-Élisabeth de Croÿ de Tourzel et le dauphin partageaient la même chambre. Il y avait un cabinet de toilette et une garde-robe. Le troisième étage fut attribué au roi. Le roi couchait seul dans un lit à baldaquin. Madame Élisabeth partageait sa chambre avec la jeune Pauline de Croy d’Havré, fille de la duchesse de Tourzel. Les valets François Hue et Chamilly couchaient dans un cabinet assez étroit, ouvrant sur l’antichambre. Cet étage était également doté d’un cabinet de toilette et d’une garde-robe. En outre, le roi disposait d’un cabinet de lecture aménagé dans l’une des tourelles.

Départ des membres de la famille royale de la tour du Temple

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