Homophonie | homophonie en littérature

Homophonie en littérature

En français

En littérature francophone, trois écrivains développent ce procédé à partir de la fin du XIXe siècle : Raymond Roussel, Alphonse Allais, et Jean-Pierre Brisset et en font un principe de construction fictionnelle, reposant parfois sur un dispositif théorique. Allais compose entre autres des distiques homophoniques ou poèmes holorimes et truffe ses nouvelles et ses articles de jeux de mot. Roussel révèlera son procédé avec Comment j'ai écrit certains de mes livres (1934). Brisset, dans son ouvrage La Grande Nouvelle (1900), postule sérieusement une loi linguistique, étonnante pour l'époque : l’homophonie entre mots ou idées prouverait un rapport entre eux. Il écrit : « Toutes les idées que l’on peut exprimer avec un même son, ou une suite de sons semblables, ont une même origine et présentent entre elles un rapport certain, plus ou moins évident, de choses existant de tout temps ou ayant existé autrefois d’une manière continue ou accidentelle. » Il réussissait à concevoir par ce procédé que l’Homme descend de la grenouille[1].

Marcel Duchamp affirme que la vision du spectacle en 1912 tiré du roman Impressions d'Afrique de Roussel a été déterminante pour la composition des notes préparatoire du Grand Verre, sans parler de l'impact qu'ont eu les trois auteurs cités plus haut sur André Breton et le groupe surréaliste.

Depuis les années 1960, et sans compter les travaux du psychanalyste Jacques Lacan et l'essai de Michel Foucault sur Roussel, les membres de l’Oulipo ont fait de l’homophonie un principe de construction fictionnelle, soit un jeu poétique soit encore un déplacement dans un autre univers sémantique.

En anglais

En littérature anglo-saxonne, on trouve par exemple chez Edward Lear, Lewis Carroll et James Joyce, des pratiques homophoniques. Par ailleurs, le parler cockney repose en grande-partie sur ce type d'associations. L'humour fondé sur l'absurde (ou le nonsense) dans la langue est très prisé en Angleterre depuis de longues années.

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