Cavia porcellus | l'espèce et l'homme

L'espèce et l'homme

Cochons d'Inde dans un enclos en terre battue
Élevage traditionnel de cuys, sous le foyer de la cuisine.

Le cobaye a été domestiqué à l'époque précolombienne, en élevant un cochon d'Inde sauvage, Cavia aperea[38]. Le cobaye est toujours élevé traditionnellement dans les Andes pour sa chair[39], en particulier en Équateur, au Pérou et en Bolivie[13].

Les commerçants hollandais découvrent en Guyane cet animal exotique élevé par les indiens locaux. Ils le rapportent en Europe, comme animal de compagnie pour leurs enfants, en 1670. En 1880, très prolifiques, des individus sont vendus jusqu'en Angleterre et en France. D'abord réservés à une élite, les cobayes, faciles à élever, sont rapidement devenus populaires en tant qu'animaux exotiques de compagnie mais aussi de laboratoire[40].

En 2007, des fouilles dans un sous-sol du centre-ville de Mons en Belgique mettent au jour des restes d'un cochon d'Inde datant du e siècle, c'est-à-dire de l'époque où l'animal vient à peine d'être découvert en Amérique[41]. Une découverte antérieure en Grande-Bretagne laissait croire que détenir un cobaye à la Renaissance était un signe de grande richesse, il s'avère que cet animal de compagnie, qui se reproduit très facilement, était déjà à la portée d'un plus large échantillon de la population[42].

Viande

Article détaillé : Cuy (cobaye).
« Cuy » servi grillé (cuy chactao) au Pérou.

Dans les pays tropicaux, on élève le cobaye surtout pour sa chair. Les cobayes consommés en Amérique du Sud sont d'une variété particulière appelée cuy. Ils sont beaucoup plus gros (environ 4 kg) que nos cochons d’inde domestiques et on ne connaît pas vraiment leur espérance de vie car ils sont tués rapidement pour la consommation de viande[43].

On le croise parfois encore avec les espèces sauvages locales pour en améliorer la qualité reproductrice[39].

Amérique du Sud et Caraïbes

Le cobaye commun a été domestiqué la première fois par les Incas en Amérique du Sud, dans ce qui est maintenant le Pérou. Des cobayes ont été retrouvés en tant que nourriture dans des tombes au Pérou[40].

Le cobaye est le plat des fêtes et des banquets de mariage péruviens, et ces animaux sont utilisés pour absorber les mauvais esprits lors des rituels de guérison traditionnels. Manger du « cuy » noir guérirait l'arthrite[44].

Le cobaye est un plat réputé dans les cuisines péruvienne, bolivienne, équatorienne et sud-colombienne. 65 millions de cuyes (ou cavias) sont consommés annuellement au Pérou, sa présence dans la culture populaire locale est telle que le repas (la Cène) servi aux apôtres de Jésus-Christ est un plat de cobaye, sur la représentation picturale faite dans la cathédrale de Cuzco.

On retrouve également cette représentation de la Cène au convent San Diego de Quito.

Mais le statut de nourriture réservée aux fêtes et cérémonies rituelles est un frein à une productivité accrue de cette viande qui reste culturellement « extra-ordinaire »[45].

Dans les Caraïbes, en Haïti, les petits élevages familiaux de quelques têtes contribuent à la sécurité alimentaire.

Afrique

Le cobaye est une viande de plus en plus recommandée par les diététiciens dans certains pays africains comme source de protéines afin de pallier les maladies liées à la malnutrition et à la sous alimentation. Cet élevage est pratiqué de façon traditionnelle, à l'intérieur des cuisines, dans des pays comme le Rwanda, au Cameroun[46],[47], en Afrique de l'Ouest et centrale jusqu'à l'est de la RDC et en Tanzanie.

Mais, comme c'est le cas au Rwanda, à la suite de la dégénérescence des races de cobayes localement élevées à Butembo, à l'est de la R.D.Congo, des études sont en cours pour la sélection et l'amélioration génétique des cobayes. Cela avec pour objectif d'augmenter la productivité des élevages caviacoles locaux. Cette thématique est traitée avec le patronage de trois universités, à savoir l'Université Catholique du Graben (U.C.G.)(Butembo/R.D.Congo), l'Université de Liège (Ulg) et l'Université libre de Bruxelles (ULB)de la Belgique.[[réf. souhaitée]

En Europe

Le cobaye était encore considéré comme un animal de boucherie durant les deux guerres mondiales au XXe siècle[48]. En France de nombreux témoignages oraux indiquent que les cobayes étaient régulièrement consommés dans le Limousin, jusqu'au milieu des années 1970 [[réf. souhaitée].

« Cobaye » de laboratoire

Cobaye d'expérimentation.

La médecine découvre son usage en laboratoire au XIXe siècle. Il devient même l'archétype de l'objet de recherche en passant dans le vocabulaire français sous forme d’un nouveau nom commun : être un «cobaye», un sujet d'expérimentation.

Les cobayes sont employés en tant qu'animaux de laboratoire afin d'effectuer des expériences entre autres en nutrition, pathologie, génétique, toxicologie et production de sérum[13].

Dans le passé, ils ont été utilisés pour isoler différentes contraintes bactériennes, mais dans les laboratoires modernes ils sont désormais remplacés par les souris et les rats. En effet, selon la National Library of Medicine, les chercheurs publient aujourd’hui environ 50 000 études par an avec des souris, 36 000 avec des rats et seulement 1 300 avec des cobayes. Même les macaques – animaux qui coûtent au moins mille fois plus cher à acheter et à garder que des cobayes – sont plus souvent présents (de 50 % environ) dans la littérature scientifique.

Animal de concours

Les concours de cochons d'Inde sont surtout en vogue en Allemagne et dans les pays anglo-saxons. Les lignées sont sélectionnées avec patience selon des critères très précis[49] et les individus choisis pour concourir sont soignés tout particulièrement dans les deux ou trois mois avant la date d'exposition : cage individuelle pour les mâles, petits groupes de 2 ou 3 pour les femelles, nourriture et litière de choix, toilettage, etc. Toutes les dispositions sont prises pour que l'animal soit au mieux de sa forme le jour J afin d'être le gagnant de sa catégorie[50].

Animal de compagnie

Deux cobayes dans un enclos extérieur.

Vers 1950, le cobaye sort des laboratoires grâce à son comportement placide, il devient l’animal de compagnie dont le succès n’est plus contesté.

Le cochon d'Inde est un animal domestique de plus en plus courant en raison de son faible coût et de sa non agressivité vis-à-vis des humains. Il est souvent choisi comme compagnon pour un enfant et lorsque l'on ne dispose pas d'assez d'espace pour adopter un chat ou un chien.

Contrairement à d'autres rongeurs, souris notamment, le cobaye ne dégage qu'une faible odeur. Toutefois, le mâle une fois à maturité sent plus fort que la femelle.

Mieux vaut éviter le moindre contact entre le cochon d'Inde et d'autres animaux. Certaines personnes les mettent avec des lapins (nains ou pas) mais il faut y faire attention car le comportement du lapin peut être agressif et le cochon d’inde ne pourra pas se défendre[51]. Il faut donc prendre ses précautions pour faire cohabiter ses cochons d'Inde avec d'autres espèces.

Il vaut mieux éviter aussi de mettre deux cochons d'Inde de sexe différent dans la même cage sauf si l'un d'entre eux est stérilisé. Les cochons d'Inde ont un taux de reproduction exponentiel, ce qui serait à la fois mauvais pour la santé de la femelle et indésirable vu le nombre de petits conçus. La meilleure option est d'avoir deux cages situées l'une à côté de l'autre. Il est possible de mettre deux mâles dans la même cage, à condition qu'ils aient grandi ensemble depuis leur naissance, préférez tout de même deux femelles.

On dit qu'il ne faut jamais rien faire tourner au-dessus de leur tête car cela leur rappelle le mouvement des prédateurs et des rapaces. L'animal risque d'être terrorisé.

Un cochon d'Inde a besoin d'un minimum d'espace vital. La majorité des cages vendues dans le commerce ne constituent pas un espace assez grand pour que votre cochon d'inde puisse courir et être heureux. Préférez à ce modèle les cages faisant au moins 80 cm pour un cobaye tout seul ou 1,20 m pour deux cobayes[52]. On peut aussi les garder dans un enclos extérieur sous certaines conditions, en prenant garde aux prédateurs.

La détention d'un cobaye tout seul est interdite en Suisse au titre de la loi sur la protection des animaux de 2008[53].

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