Alice Liddell | biographie

Biographie

Alice Pleasance Liddell est la quatrième des dix enfants d'Henry George Liddell et de son épouse Lorina Hannah. En juin 1855, Henry George Liddell est nommé doyen du Christ Church College (Université d'Oxford en Angleterre) où Charles Dodgson enseigne les mathématiques. Parmi ses autres frères et sœurs, ceux qui sont le plus proches de Charles Dodgson ou qui l'inspirent pour Alice au pays des merveilles sont Harry (né en 1847), Lorina (née en 1849) et Edith (née en 1854).

Charles Dodgson connaît d'abord Harry, l'aîné de la famille, à qui il donne des cours de mathématiques. Puis, le , alors qu'il aide son ami Reginald Southey à prendre des photographies de la cathédrale, les enfants Liddell qui jouent dans le jardin sont invités à poser au premier plan. Six jours plus tard, Dodgson reçoit à Christ Church un tout nouvel appareil photographique et le 3 juin, il commence à prendre les premières photographies d'Alice et de ses frères et sœurs. Ultérieurement à cette date, il fera plusieurs autres séances de pose (voir les clichés de l'article pris par Charles Dodgson lui-même). Il fait des balades en barque avec les enfants, dessine, les photographie ou leur raconte des histoires.

Pour comprendre de quelle manière se passent les entrevues avec les enfants Liddell, voici reproduit ci-dessous les termes d'Alice Liddell parus dans The Cornhill Magazine en juillet 1932 et repris dans la postface d'une édition d'Alice au pays des merveilles de 1955 :

Alice Liddell photographiée en 1860 par Charles Dodgson (Lewis Carroll).

« Nous allions chez lui escortées de notre gouvernante. Nous prenions place sur un grand sofa. Il s’installait entre nous et, tout en nous racontant des histoires, il dessinait avec un crayon ou une plume. Quand il nous avait bien amusées, il nous faisait poser et il prenait ses photographies avant que nos expressions aient eu le temps de changer. Il semblait avoir une réserve inépuisable d’histoires fantastiques, qu’il inventait au fur et à mesure tout en dessinant sans arrêt sur une grande feuille de papier. Ses histoires n’étaient pas toujours complètement inédites. Parfois, il nous donnait une variante d’une histoire déjà racontée, parfois il débutait sur quelque chose que nous connaissions mais, en se développant, l’histoire, fréquemment interrompue, changeait du tout au tout et de façon inattendue. Quand nous allions en excursion sur la rivière avec Mr. Dodgson, ce que nous faisions tout au plus quatre ou cinq fois au cours du trimestre d’été, il emportait toujours un panier plein de gâteaux et une bouilloire qu’il faisait chauffer sur un feu de brindilles. Plus rarement, nous partions pour une journée entière, et alors il emportait toutes sortes de provisions - du poulet froid, de la salade et des tas de bonnes choses. Ce que nous aimions le plus, c’était remonter à la rame jusqu’à Nuneham et pique-niquer sous bois dans l’une des huttes construites à cet effet par Mr. Harcourt. Mr. Dodgson, à Oxford, était toujours vêtu de noir, comme un pasteur, mais, quand il nous emmenait sur la rivière, il portait des pantalons de flanelle blanche. Il remplaçait son chapeau noir par un chapeau de paille, mais, naturellement, il gardait ses chaussures noires, parce qu’à cette époque les tennis blanches n’avaient pas été inventées. Il se tenait toujours très droit, plus que très droit même, il avait l’air d’avoir avalé un manche à balai… »

Frère aîné d'une famille de onze enfants, dont une majorité de filles, Charles Dodgson a raconté sa tristesse d'être séparé de ses sœurs au collège, de sa crainte et de son dégoût des garçons qui l'entouraient toute la journée et a dit des petites filles : « Elles sont les trois quarts de ma vie ».

Le , la famille Liddell part à Llandudno et Alice et Charles cessent leur relation d'amitié. Il lui écrira en 1885 pour lui demander l'autorisation de publier le manuscrit de la première version d'Alice chez Macmillan (Les Aventures d’Alice sous terre).

Pomone : Alice Liddell photographiée en 1872 par Julia Margaret Cameron.

« Ma chère Mrs. Hargreaves (son nom de femme mariée),

J’imagine que la présente lettre, après tant d’années de silence, va vous parvenir presque comme une voix d’entre les morts ; pourtant ces années-là n’ont pas réussi à affaiblir en quoi que ce fût la clarté de mon souvenir des jours où nous correspondions. Je commence à éprouver combien la mémoire défaillante d’un vieil homme est infidèle en ce qui concerne les récents événements et les nouveaux amis (par exemple, je me suis lié d’amitié, voici quelques semaines, avec une très charmante petite fille d’environ douze ans, avec qui je fis une promenade ; et maintenant, je ne parviens plus à me rappeler aucun de ses nom et prénoms !), mais l’image en mon esprit est plus vivace que jamais de celle qui fut, à travers tant d’années, mon idéale amie-enfant. Depuis votre temps, j’ai eu des vingtaines d’amies-enfants, mais avec vous, ce fut tout différent. Cependant, ce n’est pas pour dire tout cela que je vous écris cette lettre. Voilà ce que je veux vous demander : verriez-vous un inconvénient à ce que l’on publiât en fac-similé le cahier manuscrit original (que vous possédez toujours, je le suppose) des Aventures d’Alice ? L’idée de cette publication ne m’est venue que l’autre jour. Si, toute réflexion faite, vous en veniez à conclure que vous préféreriez que l’on s’en abstînt, cela mettrait fin au projet. Si, au contraire, vous me donniez une réponse favorable, je vous serais grandement obligé de bien vouloir me prêter le cahier (je pense qu’un envoi par lettre recommandée donnerait toute sécurité) afin que je puisse envisager toutes les possibilités de réalisation. Cela fait vingt ans que je n’ai vu ce manuscrit, de sorte que je ne suis nullement certain que les illustrations ne vont pas se révéler si horriblement mauvaises qu’il serait absurde de les reproduire. Il n’est pas douteux que j’encoure l’accusation de vulgaire narcissisme en publiant un tel ouvrage. Mais je ne m’en soucie pas le moins du monde, sachant qu’il n’existe pas chez moi pareille faiblesse ; simplement, considérant l’extraordinaire popularité qu’ont eue les volumes (nous avons vendu plus de 120 000 exemplaires des deux livres), je pense qu’il doit y avoir un grand nombre de personnes qui aimeraient voir Alice sous sa forme originale. Je reste votre ami fidèle. »

— C. L. Dodgson

Alice Pleasance Liddell Hargreaves en 1932, par W. Coulbourn Brown (Philadelphia).

Plus tard, elle devient artiste, aidée en cela par John Ruskin. Elle fait le tour de l'Europe avec ses sœurs Lorina et Edith. De ses voyages en France et en Italie entre 1872 et 1877, elle tire une série d'aquarelles et de croquis d'une grande sensibilité. On lui prête une liaison avec le prince Leopold, fils de la reine Victoria (qui vient étudier à Christ Church en 1872) mais, le , c'est Reginald Hargreaves, lui aussi étudiant à Oxford, qu'elle épouse à l'abbaye de Westminster. Ils ont trois fils : Alan Knyveton Hargreaves, Leopold Reginald (surnommé « Rex ») Hargreaves (tous deux morts pendant la Première Guerre mondiale) et Caryl Liddell Hargreaves qui survit et aura lui-même une fille.

La dernière rencontre entre Charles Dodgson et Alice Liddell a lieu le 1er novembre 1888. Dodgson, qui rencontre le mari d'Alice, écrit, à la suite de cette rencontre :

« Il n'est pas facile de relier ce nouveau visage avec l'ancien souvenir, cet étranger avec l'« Alice » connue si intimement et tant aimée et dont je me souviendrai toujours mieux comme d'une petite fille de sept ans absolument fascinante ».

Alice Liddell n'assiste pas à l'enterrement de Charles Dodgson, mort le .

La suite de sa vie est une série de deuils : son père meurt quatre jours après Dodgson, sa mère en 1910, deux de ses fils pendant la Première Guerre mondiale et enfin son mari en 1926. Elle reporte son affection sur son fils Caryl et vit à Cuffnells, la maison familiale des Hargreaves dans le Hampshire.

En 1928, devant les difficultés financières, elle doit se résoudre à vendre l'exemplaire que Dodgson lui a donné d'Alice's Adventures under Ground (Les Aventures d’Alice sous Terre). La vente se fait à Sotheby's et lui rapporte 15,400 £ de l'époque.

En 1932, pour fêter le centenaire de la naissance de Charles Dodgson, elle est invitée aux États-Unis pour recevoir le diplôme honorifique de docteur ès-lettres à l'université ColumbiaNew York). En décembre 1933, peu avant sa mort, elle assiste à la projection d'Alice réalisée par la Paramount Pictures.

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