Vie religieuse

La Vie religieuse est un style de vie distinct, adopté par des hommes et des femmes qui vivent et agissent en référence à des critères transcendant la vie matérielle et sociale à laquelle participe la société humaine en général. La vie religieuse est un phénomène contre-culturel engageant une minorité de personnes pour lesquelles le « Transcendant » (c’est-à-dire « Dieu ») et le Spirituel priment le Terrestre et Matériel.

La vie religieuse est marquée par des temps de prières, des temps d'étude, des exercices spirituels, des pratiques d'ascèse. Elle peut comprendre un travail ou relever de la mendicité, qui est alors expression de la confiance totale en Dieu qui subviendra aux nécessités de la vie. Elle peut aussi être vécue de manière plus ou moins séparée du reste de la société. Lorsqu'elle se pratique de manière plutôt individuelle, elle est appelée érémitisme, lorsqu'elle est vécue en communauté, elle est appelée cénobitisme. La vie religieuse donne ainsi lieu à des habitats favorisant l'isolement individuel ou la vie communautaire. Ces habitats peuvent ainsi aller de quelques grottes ou quelques cabanes proches les unes des autres et formant un ermitage, à des monastères où plusieurs centaines de moines ou de moniales mènent une vie collective.

La vie religieuse s'est développée depuis l'Antiquité dans des sociétés différentes et éloignées les unes des autres de sorte qu'il est difficile de savoir si l'on peut lui attribuer une origine particulière. Certains auteurs considèrent la forme de vie religieuse qui les intéresse comme un phénomène original et sans équivalent dans d'autres religions ou d'autres cultures[1] d'autres s'intéressent à la vie religieuse comme à un phénomène universel. Raimon Panikkar parle à ce sujet d'un archétype monastique universel[2].

Historiquement la vie religieuse s'est d'abord particulièrement développée en Inde, puis dans le reste de l'Asie avec le Bouddhisme et le Taoïsme. En occident, durant l'Antiquité gréco-romaine, elle a d'abord eu la forme d'écoles de philosophie. Dans le même temps, il existait des communautés d'ermites ou de prophètes, notamment ceux vivant au Mont Carmel et dont témoigne la bible, mais aussi des communautés esséniennes comme celle de Qumrân. La vie religieuse s'est ensuite développée, peut-être sous les influences conjointes des traditions philosophiques occidentales et orientales, sous la forme d'un monachisme chrétien avec des pères du désert. Dans l'islam il n'y a, en principe pas de vie monastique, cependant le soufisme présente des parentés avec la vie religieuse telle qu'elle s'est développée dans d'autres traditions.

Sur un plan philosophique la vie religieuse est liée à la mystique c'est-à-dire à des courants de pensée qui invitent à expérimenter ce qui est au-delà de la connaissance ou en constitue le degré le plus élevé. La mystique qui s'est développée dans le monachisme a été influencée à ses origines par les courants gnostiques. Dans la tradition médiévale chrétienne la mystique n'était pas un domaine séparé du reste de la théologie, les théologiens les plus spéculatifs, tels que saint Bonaventure étant aussi considérés comme des mystiques. Avec la mystique rhénane et les courants des béguines, des polémiques se sont ouvertes sur le statut de la mystique dans la théologie.

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