Victor Serge

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Victor Serge
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 56 ans)
MexicoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Viktor Lvovitch KibaltchitchVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Victor SergeVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Enfant
Autres informations
Parti politique
Œuvres réputées
  • Mémoires d'un révolutionnaire (1905-1945) (1951)
  • L’Affaire Toulaev (1948)

Victor Serge, de son vrai nom Viktor Lvovitch Kibaltchitch (en russe : Виктор Львович Кибальчич ; Bruxelles, - Mexico, ) est un révolutionnaire libertaire[1] et écrivain francophone, né en Belgique de parents russes émigrés politiques.

Il est le père du peintre Vladimir Kibaltchitch et d'une fille Jeannine.

Biographie

Une jeunesse anarchiste

Victor Serge et Rirette Maîtrejean.

Dès l'âge de quinze ans, alors qu'il est apprenti photographe, il milite dans la Jeune Garde socialiste belge, à Ixelles. Influencé par le socialiste français Gustave Hervé, il fait montre d'un antimilitarisme virulent et s'oppose à la politique coloniale de la Belgique au Congo. En 1906, il commence à fréquenter les milieux anarchistes de Bruxelles. En 1908, il est actif au sein du Groupe révolutionnaire de Bruxelles. Tout en vivotant de métiers variés (dessinateur-technicien, photographe, typographe), Victor Serge écrit dans diverses publications libertaires (Les Temps Nouveaux, Le Libertaire, La Guerre sociale) et participe aux manifestations contestataires qui finissent en bagarre avec la police, ce qui lui vaut perquisitions et arrestations.

En 1909, il quitte la Belgique pour Paris, où il continue à écrire dans la presse libertaire (L'Anarchie, le journal d'Albert Libertad, avec pour pseudonyme « Le Rétif ») et à tenir des conférences politiques. Influencé par la tendance anarchiste-individualiste, il s'inquiète néanmoins de la dérive d'une partie de cette mouvance vers l'illégalisme[2]. C'est dans ce cadre qu'il est impliqué dans le procès de la bande à Bonnot. Pour avoir hébergé les principaux membres de la bande et refusé de les dénoncer, il est condamné en 1912 à cinq ans de réclusion, qu'il effectue de 1912 à 1916, en partie à la prison de la Santé. Il évoquera plus tard cette expérience dans son roman, Les Hommes dans la prison.

Parallèlement, il rejette ce qu'il nomme les « absurdités syndicalistes » des anarcho-syndicalistes :

« Pour les uns, il [le syndicalisme] allait par de sages et prudentes réformes améliorer sans fracas l'état social. Pour les autres (les anarchistes syndicalistes) il était la première cellule de la société future, qu'il instaurerait un beau matin de grève générale. Il fallut déchanter beaucoup. On s'est aperçu — du moins ceux que l'illusion n'aveuglait pas — que les syndicats devenaient robustes et sages, perdaient envie de chambarder le monde. Que souvent ils finissaient par sombrer dans le légalisme et faire partie des rouages de la vieille société combattue ; que d'autres fois, ils n'arrivaient qu'à fonder des classes d'ouvriers avantagés, aussi conservateurs que les bourgeois tant honnis. »

— L'Anarchie, no 259, 24 mars 1910

Expulsé à l'issue de sa peine, il rejoignit Barcelone, y devint ouvrier-typographe, écrivit pour le périodique anarchiste Tierra y Libertad — c'est dans ses pages qu'il adopte le pseudonyme « Victor Serge » — et participa en à une tentative de soulèvement anarchiste[3] avant de revenir clandestinement en France, où il fut à nouveau emprisonné. Pendant son internement, il s'enthousiasma pour la révolution russe. En , il fut échangé avec d'autres prisonniers dans le cadre d'un accord franco-soviétique et put gagner la Russie. Il évoqua cette période dans son livre Naissance de notre force.

Au service de la révolution russe

Victor Serge adhéra au parti communiste russe en mai 1919. Son passage de l'anarchisme au marxisme, considéré comme un reniement par certains libertaires, l'amena à beaucoup écrire pour défendre le régime soviétique vis-à-vis de ses anciens camarades. Tout en expliquant ce qu'il considérait comme des erreurs de la part des anarchistes russes, il s'efforçait d'atténuer la répression à leur encontre.

Mobilisé à Pétrograd au moment de l'offensive des armées blanches de Youdenitch, épisode qu'il raconta dans La Ville en danger, il exerça diverses fonctions pour le parti : journaliste, traducteur, typo, secrétaire... En 1920 et 1921, il assista aux congrès de l'Internationale communiste et collabora dans les années suivantes avec Zinoviev à l'Exécutif de l'Internationale. Dans les années vingt, il écrivit des articles pour la presse communiste internationale, notamment dans L'Humanité et dans la Rote Fahne, et un essai sur les méthodes policières du tsarisme, intitulé Les Coulisses d'une Sûreté générale, nourri de l'ouverture des archives de l'Okhrana.

Contre le stalinisme

Victor Serge dans l'atelier de Wolfgang Paalen en 1942 à Mexico.

Membre de l'opposition de gauche animée par Léon Trotski, Victor Serge dénonça la dégénérescence stalinienne de l'État soviétique et de l'Internationale communiste et ses conséquences désastreuses, notamment pour la révolution chinoise de 1927. Cela entraîna en 1928 son exclusion du PCUS pour « activités fractionnelles ». Placé sous surveillance, sa situation matérielle se dégrada. Il demanda l'autorisation d'émigrer, ce que les autorités lui refusèrent. En 1933, Victor Serge fut condamné à trois ans de déportation dans l'Oural à Orenbourg. Ses manuscrits furent saisis par le Guépéou. Il ne dut alors sa survie qu'à une campagne internationale menée en sa faveur, notamment par Trotski, et en France par un comité animé par Magdeleine Paz et le Cercle communiste démocratique. C'est finalement grâce à une intervention directe de Romain Rolland auprès de Staline qu'il est libéré, déchu de sa nationalité russe et banni d'URSS en 1936, quelques mois avant le premier procès de Moscou.

Depuis la Belgique, puis la France, Victor Serge dénonça les grands procès staliniens (notamment en écrivant des chroniques régulières dans un journal socialiste de Liège, La Wallonie[4]), tout en prônant durant la guerre d'Espagne un rapprochement entre anarchistes et marxistes pour assurer la victoire de la révolution. Soumis à une incessante campagne d'injures de la part de la presse communiste officielle, Victor Serge ne se rallia pas pour autant à la Quatrième Internationale. Bien que conservant une vive estime pour Trotski (il écrivit d'ailleurs sa biographie en collaboration avec Natalia Sedova après son assassinat), il reprochait aux trotskystes d'être sectaires[5].

Réfugié à Marseille en 1940, au moment de l'exode, Victor Serge put rejoindre le Mexique l'année suivante – avec son fils Vlady – grâce au réseau du journaliste américain Varian Fry. C'est dans ce pays qu'il écrivit ses derniers romans et ses mémoires. Dénonçant le totalitarisme et s'interrogeant inlassablement sur les causes de la dégénérescence de l'Union soviétique, il travailla avec Marceau Pivert et Julián Gorkin du Centre marxiste révolutionnaire international. Il mourut dans le dénuement en 1947, dans des circonstances suspectes, peut-être aux mains d'agents soviétiques[6].

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