Ultraïsme

L'ultraïsme est un mouvement poétique espagnol d'avant-garde du début du XXe siècle.

Il naît en 1919 avec la publication de « Un manifiesto literario », texte dans lequel les signataires (parmi lesquels Guillermo de Torre et Pedro Garfias) expriment leur désir de rompre avec les normes esthétiques jusqu’alors en vigueur, et que le mouvement se propose de dépasser (le mot latin ultra est traduit au-delà en français). Fortement influencé par le Cubisme français ( G. Apollinaire, P. Reverdy), par le Créationnisme poétique du chilien Vicente Huidobro, mais aussi par le Futurisme italien de F. T. Marinetti et le mouvement Dada, l’Ultraïsme est l’émanation espagnole d’idées esthétiques éparses cultivées dans les pays européens périphériques. Ces influences multiples et parfois divergentes expliquent en grande partie la dispersion esthétique du mouvement espagnol qui n’optera jamais pour une orientation précise. Les divers manifestes et textes programmatiques ultraïstes – qui pour la plupart ne déclarent rien d’autre que l’adhésion du mouvement espagnol aux principales revendications avant-gardistes –, ne corrigeront jamais ce manque de détermination esthétique. Malgré son extension sur tout le territoire espagnol, la publication de nombreuses revues plus ou moins éphémères, l’organisation de veillées et les efforts consentis pour en faire une tendance comparable aux mouvements les plus réputés, l’Ultraïsme restera en marge de l’avant-garde européenne. Certes, il entretient des contacts avec un grand nombre de tendances étrangères, mais mis à part en Amérique latine où il aura un impact non négligeable, son aura ne dépasse guère les frontières espagnoles. À la fin de l’année 1922, les dernières revues ouvertement acquises au mouvement réformateur disparaissent ou laissent une place toujours croissante à une poésie moins expérimentale. Les signatures de ceux qui vont bientôt former ce que l’on a coutume d’appeler la «  Génération de 27 » apparaissent alors, se substituant à celles des ultraïstes.

Précurseurs du mouvement espagnol

La naissance du mouvement espagnol résulte d’un long cheminement. Bien avant la publication du premier manifeste ultraïste, on constate en Espagne diverses attitudes en relation avec l’avant-garde européenne qui anticipent les préceptes développés par le mouvement espagnol. Ils sont le fruit d’auteurs qui se distinguent comme de véritables précurseurs de l’art espagnol d’avant-garde. Parmi eux citons Ramón Gómez de la Serna – figure iconoclaste du milieu artistique espagnol qui plaidera sans cesse en faveur d’un art moderne en Espagne –, et Rafael Cansinos Assens, personnalité madrilène qui anime une réunion littéraire à laquelle participeront les futurs membres de l’Ultraïsme. Ces deux auteurs ne semblent pas aboutir à faire émerger un mouvement, même s’ils contribuent efficacement à l’enracinement des idées acquises à l’esthétique moderne dans la jeunesse littéraire espagnole. C’est finalement le poète chilien Vicente Huidobro qui va influencer décisivement l’avènement de l’Ultraïsme. Fondateur du Créationnisme – mouvement poétique très proche du Cubisme littéraire –, Vicente Huidobro fait part aux poètes espagnols, en 1918, des innovations littéraires du moment. Quelques mois plus tard, sous l’impulsion combinée de ces différentes personnalités paraît le premier manifeste ultraïste.

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