Ukulélé

Ukulélé
Image illustrative de l'article Ukulélé
Ukulélé hawaïen du début du XXe siècle.

Classification Instrument à cordes
Famille Instruments à cordes pincées
Instruments voisins cavaquinho
Instrumentistes célèbres Frank Ferera, Ernest Kaai, Roy Smeck
Fichier audio
Hene, un morceau de Henry Kailimai
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L'ukulélé (de l' hawaïen ʻukulele /ˈʔukuˈlɛlɛ/, prononciation /ukulele/ ou, par transposition de la prononciation anglo-américaine, /jukulele/) est un instrument à cordes pincées traditionnel hawaïen, proche du cavaquinho, instrument populaire du Portugal dont il est une adaptation.

Très à la mode dans la première moitié du XXe siècle, ce petit instrument polyvalent composante indispensable d’un orchestre hawaïen fut rapidement adopté par divers courants musicaux — de la chanson populaire au jazz — parfois parce qu’il apportait une dimension humoristique ou exotique à un ensemble.

L'ukulélé est une adaptation de la braguinha ou machete de l' île de Madère qui est une des formes du cavaquinho portugais.

Histoire

Étymologie

Si l'ukulélé en tant que tel n’est pas plus vieux que la fin XIXe siècle, l’étymologie de son nom reste sujette à caution. Deux hypothèses sérieuses sont à retenir. Une hypothèse actuellement dominante est que le mot ukulélé proviendrait de l’agrégation des mots hawaïens /ʔuku/ (« puce ») et /ɛlɛ/ (« sauteuse »), termes qui désignent en hawaïen la puce du chat, espèce introduite à Hawaii un peu plus tôt que l'ukulélé au XIXe siècle. On trouve des traces de cette étymologie vers la fin du XIXe siècle [1]. La deuxième hypothèse dont il existe des traces précoces : ukulélé serait une déformation de l’agrégation de /ukɛ/ et /lɛlɛ/, termes qui désignent respectivement les actions de gratter et frapper — une description du mouvement du joueur d'ukulélé [1].

Origine

Il fut apporté à Hawaii par des immigrants portugais de l'île de Madère [2], [a 1] en 1879, débarqués là pour cueillir la canne à sucre. L'arrivée de l'ukulélé est très exactement datable : les sources indiquent précisément que c'est à bord du Ravenscrag [a 2] que la braguinha (ou machete, variante madérane de l'instrument) fut importée à Hawaii (à l'époque l'archipel était encore appelé îles Sandwich). À bord du bateau se trouvaient les trois hommes que l'histoire a retenus comme responsables de l'introduction et de la transformation d'une certaine tradition de lutherie portugaise : il s'agissait de Manuel Nunes, José do Espírito Santo et Augusto Dias [a 3], trois ébénistes de Madère qui avaient des connaissances en lutherie et qui transportaient apparemment leurs cavaquinhos [2].

Théorie des trois vagues aux États-Unis

La vision américaine de l'histoire de l'instrument identifie souvent [3] trois grandes vagues de mode de l'ukulélé, toutes associées à un événement ou une personnalité particulière, manifestant son apparition au-devant de la scène puis son éclipse temporaire. Le terme même de vague a été choisi en référence à la culture surf très associée au ukulélé dans les années 1950 [1].

La première vague qui a donné une très grande visibilité à l'instrument est associée à l'Exposition internationale de Panama-Pacific ( Exposition universelle de 1915), où le pavillon hawaïen mit en avant avec un énorme succès les musiciens hawaïens, la guitare hawaïenne, le hula et évidemment l'ukulélé. Le succès de l'instrument en fit le compagnon de scène de nombreux artistes ( Cliff Edwards, Roy Smeck, etc.) et un élément important, qui devint synonyme de la vie des jeunes gens de l'époque (cf. infra sa présence dans le cinéma). Il devient moins important avec la seconde guerre mondiale sans disparaître totalement des médias.

La deuxième vague serait liée à l'invention de l'ukulélé en plastique (cf. infra, Mario Maccaferri et l'ukulélé) et surtout sa promotion à la télévision par Arthur Godfrey. Indéniablement, le nombre de ukulélés vendus à partir des années 1950 (près de neuf millions de ukulélés en plastique [1]) témoigne de la réalité de cette vague. La fin de cette vague et donc l'éclipse suivante est en général associée à Tiny Tim et aux années 1970.

La troisième vague est plus délicate à caractériser et ne met pas tous les spécialistes d'accord. Cyril LeFebvre expose plusieurs sources depuis les années 1980 de cette troisième vague assez inédite par rapport aux deux précédentes, en résumé :

  1. d'Hawaii d'abord, le sursaut culturel hawaïen autochtone est associé à la musique, notamment au ukulélé et à la guitare slack key ; on le retrouve chez Israel Kamakawiwo'ole, de notoriété mondiale ;
  2. aux États-Unis, un mélange de mode nostalgique et de réactualisation de la culture tiki des années 1980 et 1990, l'explosion de festivals, remettent l'ukulélé au goût du jour ;
  3. au Japon, il existe sans rupture depuis avant la Seconde Guerre mondiale [1] une culture de l'ukulélé, qui résonne aussi à la fin du XXe siècle avec le renouveau mondial de l'instrument ;
  4. l'Angleterre a eu George Formby, qui a imposé durablement le banjo-ukulélé dans ce pays, même si dans la première décennie du XXIe siècle, c'est l'ukulélé traditionnel qui semble prédominer.

En France

La notion des trois vagues reste assez américano-centrée, en France, quelques vaguelettes peuvent être distinguées. La première est d'une part le fait de musiciens hawaïens exilés en France dès les années 1910, d'autre part importée des États-Unis à la fin des années 1920, la deuxième serait la manifestation de l'ukulélé dans la culture polynésienne et son tamouré dans les années 1950, la troisième vague des années 1990 à 2000 est d'une nature là aussi assez différente. Toutefois ce modèle des trois vagues ne s'applique qu'assez artificiellement à la France [4].

Au Canada

Depuis les années 1970 en particulier, et en Nouvelle-Écosse surtout, l'ukulélé revêt une importance particulière au Canada grâce au travail entamé alors par John Chalmers Doane et son magazine Ukulele Yes, ainsi que son action dans les écoles et dans la publication de fascicules musicaux destinés à l'enseignement de la musique à travers l'ukulélé, en anglais mais aussi traduits en français.

Cette initiative est dans les années 2000 perpétuée par le musicien et pédagogue James Hill.

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