Tribun de la plèbe

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Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont des magistrats de la plèbe, élus pour une durée d'un an par le concile plébéien[1]. Ils ne sont pas au sens politique des représentants d'une partie de la population et ne portent en eux aucune fraction de souveraineté déléguée par le vote. En revanche, leur rôle d'assistance et de défense des citoyens fait d'eux des instruments politiques fondamentaux dans le cadre de la défense des intérêts des plus pauvres.

Leurs attributions ne s'étendent pas à toute la population de Rome : la plèbe est seulement une fraction (majoritaire) du populus, c'est-à-dire les citoyens romains, de toutes les classes, dont ne font pas partie les patriciens (qui n'ont pas accès à cette magistrature). L'ensemble des moyens d'action passifs et actifs du tribun composent la tribunicia potestas, la puissance tribunitienne[2]. Ils ne disposent ni des pouvoirs civils de coercition, ni des attributs symboliques d'un magistrat dans son acception romaine ; ils ne disposent pas de l'imperium ni du droit de prendre les auspices, ce qui confine fortement leurs actions à certains domaines particuliers de la vie politique. Ils ne sont pas précédés de licteurs et siègent sur un banc (subsellium) et non sur un siège curule. Ils sont néanmoins habituellement caractérisés comme magistrats après que leurs moyens d'action, initialement issus de la plèbe, eurent été progressivement reconnus et étendus par le Sénat et le patriciat. Leur rôle grandissant au sein de la République romaine et le prestige croissant dont certains tribuns purent se parer témoignent des conflits sociaux qui agitèrent la cité dans le dernier siècle précédant le Principat.

L'histoire de cette institution républicaine et de ses détenteurs, de ses rôles, a été l'objet de nombreux écrits et commentaires depuis la redécouverte de l'Antiquité romaine par les humanistes européens de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance. Souvent discutée, intégrée à la mythologie politique et aux références des Lumières et de la Révolution Française, tantôt accusée d'être la source de l'agitation des masses, tantôt glorifiée car elle défend les intérêts des plus démunis, la figure du tribun de la plèbe est en réalité le produit d'une évolution lente et complexe, plus nuancée et multiforme que ce que l'on a longtemps cru, comme le documente le récent travail de synthèse de Thibaud Lanfranchi, publié aux collections de l’École française de Rome[3].

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