Safed

Safed
(he) צפת (ar) صفد
Blason de Safed
Héraldique
Administration
PaysDrapeau d’Israël Israël
DistrictDistrict nord
MaireIlan Shohat
Démographie
Population32 896 hab. (2014)
Densité1 125 hab./km2
Géographie
Coordonnées32° 57′ 56″ nord, 35° 29′ 59″ est
Altitude900 m
Superficie2 924,8 ha = 29,248 km2
Localisation

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Liens
Site webhttp://www.zefat.muni.il
Vue moderne de Safed

Safed en hébreu Tzfat (hébreu : צפת Sefath; arabe : صفد Safad; aussi appelée Tsfat) est une ville du nord d'Israël située en Haute Galilée. Avec une altitude de 900 m au-dessus du niveau de la mer, c'est la plus haute ville d'Israël. Le nom צְפַת vient du verbe צָפָה guetter, observer. À l'époque du Sanhédrin, Safed était l'un des villages-fanaux (מַשּׂוּאוֹת) construits sur les collines depuis Jérusalem, où des feux étaient allumés de proche en proche pour annoncer la nouvelle lune et les jours saints.

Safed est l'une des quatre villes saintes juives, avec Jérusalem, Hébron et Tibériade. Safed est également appelée la « ville bleue des cabbalistes » car c'est la couleur dominante de ses synagogues et de son cimetière, où les tombes sont peintes en bleu, et car elle perpétue une longue tradition de cabbalistes[1].

Histoire

La ville, ou du moins son emplacement, aurait été fondée selon la tradition par Sem, l'un des trois fils de Noé, qui y étudiait volontiers avec son fils Eber ; Safed ne s'est toutefois développée aux proportions d'une ville qu'à partir de l'occupation romaine.

Safed apparaît dans les sources juives depuis le Moyen Âge[2]. La ville est mentionnée dans le Talmud de Jérusalem [3].

Les Templiers firent le siège de la ville qu'ils tinrent jusqu'à la mort des assiégés par la faim. Ils renforcèrent alors Safed en bâtissant une forteresse qui tomba aux mains du sultan Baybars le 22 juillet 1266.

Safed est particulièrement importante dans l'histoire du judaïsme, devenant le refuge de nombreux érudits après l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492; de fait, elle devient l'un des grands centres de la Kabbale, recueillant des savants aussi renommés que Moïse Cordovero ou Isaac Louria, mais aussi de la Halakha, puisque Yossef Karo, l'auteur du Choulhan Aroukh y résida également. C'est également la ville de Salomon Alkabetz, auteur du Lekha Dodi, hymne chanté pour accueillir le Shabbat. Un autre poème liturgique, Shalom alekhem qui est chanté lors de l'entrée du Shabbat, a également été composé à Safed par les Kabbalistes, à la fin du XVIIe siècle. Ajoutons également le poème liturgique Yedid nefesh, composé à Safed au XVIe siècle par le rabbin et kabbaliste Elazar Azikri. Safed est comptée parmi les quatre villes saintes juives avec Jérusalem, Hébron et Tibériade[4],[5].

La cité fut prospère jusqu'au e siècle, et on y fonda en 1578 la première imprimerie du Moyen-Orient. Cependant, épidémies, tremblements de terre et conflits avec la population arabe entraînèrent peu à peu son déclin. La ville fut pratiquement désertée par la population juive après les émeutes arabes de 1929.

Safed a de nos jours regagné en popularité, et est redevenue aujourd'hui un centre d'études juives. C'est aussi un centre artistique, avec ses célèbres rues pavées. Il s'y tient annuellement un festival de musique klezmer mondialement connu[6].

Safed est également devenu de nos jours un lieu de pèlerinage sur les tombes des Justes (Kivre Tsadikim) et dans les antiques synagogues de la ville : synagogue Aboad, Joseph ben Ephraim Karo, Ari Ashkenazi, Ari Sephardi… Il est également possible de se tremper dans le Mikvé du Ari (Isaac Luria), dont les eaux sont glaciales.

Conflit israélo-arabe

Monument dédié aux soldats qui ont combattu pendant la guerre d'indépendance

En 1948, Safed comptait une population comprise entre 10 000 et 12 000 Arabes, pour 1500 à 1700 Juifs (pour la plupart des religieux)[7],[8]. Au cours de la guerre civile qui marqua les six derniers mois du mandat britannique, les habitants fuirent les combats et ne furent jamais autorisés à revenir[8]. La famille du Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas faisait partie de la population qui se vit contrainte de fuir[9],[10]. La ville a été conquise par les forces israéliennes le [7]. Le 16 avril, les Britanniques évacuèrent la ville et des combats éclatèrent entre miliciens des deux camps. Le 21 avril, l’opération Yiftah était lancée en Haute-Galilée. À partir du 1er mai, les villages de la région furent attaqués par la Haganah. Le soir du 9 mai, Safed était bombardée au mortier. L’artillerie de l’Armée de libération arabe apporta son soutien à la ville, mais celle-ci ne put résister aux assauts, et la ville tomba le lendemain. La totalité des habitants Arabes dut prendre la fuite et le 11 mai, les troupes du Palmach sécurisèrent la zone[8].

Dans la même année en 1948 le Massacre de 'Aïne Al-Zaïtoune (4 mai) : dans un village de la sous-préfecture de Safad, environ 70 Arabes Palestiniens furent exécutés par la Haganah[11].

En 1974, 102 écoliers de la ville sont pris en otage par des palestiniens du FPLP, 22 d'entre eux sont massacrés et 68 sont blessés. Les trois adultes qui accompagnaient les enfants sont assassinés[12].

En 2006, le Hezbollah tire 74 roquettes Katioucha sur la ville et 397 autres s’abattent à proximité faisant un mort et plusieurs blessés parmi la population civile[13],[14].

Tensions judéo-arabes

Cinquante rabbins ultra-orthodoxes ont cosigné une lettre rendue publique le 7 décembre 2010, dans laquelle ils affirment que “la Torah interdit de louer ou de vendre une propriété à un non-juif”, les Arabes israéliens étant la principale cible de cette initiative, rapporte Yediot Aharonot. Plusieurs personnalités israéliennes ont dénoncé ce manifeste. Parmi eux, Noah Flug, le président de l’association chapeautant en Israël toutes les organisations de rescapés de la Shoah a exprimé son indignation en soulignant que “les Nazis appelaient à ne pas louer aux juifs”, relève le quotidien israélien. Shmuel Eliyahou, le chef rabbin de Safed, une ville du nord d’Israël, a été le premier, en octobre, à appeler les habitants de sa ville à ne pas louer ou vendre des appartements à des Arabes[15].

Le 23 octobre 2010, des heurts éclatèrent à nouveau entre Arabes et Juifs ultra-orthodoxes, avec échanges d'insultes et jets de pierres[16]. Le 28 octobre, le polémiste israélien Gideon Levy a qualifié Safed dans une tribune publiée par Haaretz (classé à gauche) de « ville la plus raciste du pays »[17].


Image panoramique
Vue panoramique de Safed avec le Lac de Tibériade en arrière-plan.
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