Remontée mécanique

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Téléphérique du Pain de sucre à Rio de Janeiro (Brésil).
Chemin de fer à crémaillère du Gornergrat à Zermatt (Suisse).
Tapis roulant Funbelt pour skieurs à Val Thorens (France)

Une remontée mécanique est un moyen de transport motorisé, mécaniquement guidé, utilisé le plus souvent en extérieur et spécifiquement conçu pour s'affranchir soit de la déclivité d'un terrain soit d'un obstacle généralement naturel.

Pour gravir la pente, les véhicules d'une remontée mécanique (agrès, sièges, cabines, trains ou bennes plus rudimentaires) utilisent la traction par câble (on parle de transport par câble) ou s'aident d'une crémaillère[1]. Ils évoluent en site propre, guidés par une infrastructure de ligne pouvant être constituée de câbles aériens ou des rails d'une voie de chemin de fer. Le tapis roulant est un cas particulier, c'est un transport par installation fixe, qui ne repose ni sur le principe de la crémaillère ni sur celui de la traction par câble[2].

Malgré cette appellation, bien que fonctionnant uniquement en montée pour les téléskis et plus souvent utilisés ainsi pour hisser les skieurs vers le haut de la montagne, ils peuvent pour la plupart servir aussi en descente.

La remontée mécanique peut être un appareil au sol, transportant des véhicules ou des personnes directement sur une « piste » tracée à même le terrain (téléski[3]), sur rails (funiculaire[4], ascenseur incliné[5] et chemin de fer à crémaillère[6]) ou via un tapis roulant[2].

Elle peut également être un appareil téléporté utilisant un ou plusieurs câbles permettant aux véhicules de circuler en hauteur au-dessus du sol. Ces appareils téléportés sont administrativement classés comme téléphériques[7]. Techniquement, cette classification regroupe deux technologies principales : d'une part la technologie « bicâble », où les fonctions « porter » et « tracter » emploient chacune des câbles spécifiques, employée dans les téléphériques (va-et-vient, monovoie et débrayable)[7], et d'autre part la technologie « monocâble », où un même câble porte et tracte les véhicules (télécabine, funitel et Double Mono-Câble, télésiège et télémix ou combi[7]).

Sur les appareils utilisant la traction par câble, les véhicules sont rendus solidaires de celui-ci par une attache (ou pince). Dans sa version débrayable, celle-ci est désaccouplée du câble dans les gares pour une circulation à quai à vitesse réduite, sans ralentissement de l'ensemble de la ligne[8].

La remontée mécanique est utilisée comme transport en commun, le prix englobant souvent un forfait commun allant d'un jour à une semaine, notamment dans les stations de sports d'hiver pour le ski alpin[9], mais également, pour accéder à des points isolés tels les belvédères[10], ou encore en milieu urbain pour la desserte d'un territoire communal au relief difficile, le tarif étant soit compris dans l'abonnement commun aux transports locaux, soit devant être payé indépendamment[11]. Elle sert également comme transport pour compte propre, dans l'industrie en particulier[12],[13]. C'est un mode de transport apprécié pour sa faculté à se soustraire des contraintes topographiques du terrain (liaison directe)[11], ses coûts d'installation et de fonctionnement contenus[14] et sa consommation mesurée[15].

Types

Les appareils au sol

Le téléski

Téléski au Pizol (Suisse).
Article détaillé : Téléski.

Le téléski, ou remonte-pente (plus populairement désigné sous l'appellation de « tire-fesses »), est un appareil servant principalement à remorquer les skieurs à contre-pente sur un terrain enneigé. Les utilisateurs, debout sur leurs skis, sont tractés sur une piste par des agrès solidaires d'un câble aérien à mouvement unidirectionnel continu suspendu à des pylônes[16].

Les agrès sont équipés en leur base d'une sellette qui peut être une simple rondelle ou un archet autorisant la montée par deux. Ils peuvent être constitués d'une corde solidaire d'un enrouleur ou d'une perche télescopique. La plupart des téléskis à perches disposent d'attaches qui se désaccouplent en station aval pour y stocker les agrès[16].

Il existe également des téléskis à câble bas, ou fil-neige, où le câble est disposé à la hauteur des usagers qui peuvent le saisir directement ou par l'intermédiaire d'agrès courts, avec une boîte à enrouleur progressif permettant un démarrage moins brutal[3].

Leur vitesse peut selon les pistes varier de 1,5 m/s (6 km/h), pour les petits parcours pour skieurs débutants et les enfants, jusqu'à 4 m/s (15 km/h)[17], avec des pentes jusqu'à 65 %[18] (un panneau « téléski difficile » prévient alors les skieurs avant d'y accéder).

Plusieurs téléskis ont été remplacés progressivement dans les grandes stations par des télésièges ou télécabines, permettant un débit plus important de personnes.

Le funiculaire

Funiculaire à Cape Point (Afrique du Sud).
Article détaillé : Funiculaire.

Un funiculaire se compose de deux trains circulant en va-et-vient sur une voie sur rails en pente, reliés par un ou plusieurs câbles réalisant une demi-boucle en gare terminale. Comme pour les cabines d'un téléphérique, les trains montant et descendant servent de contrepoids l'un et l'autre[4].

La plupart des funiculaires disposent d'une voie unique qui comporte en son centre une section doublée pour le croisement. Cet évitement central, appelé évitement Abt[notes 1], fonctionne sans aiguille mobile grâce à la disposition particulière des essieux des véhicules. Ceux-ci sont équipés de roues à gorge qui guident le train sur le rail continu côté extérieur de l'évitement, et de roues tambours aptes à franchir le « cœur »[notes 2] de l'aiguillage sur le rail côté intérieur de l'évitement. Cette disposition d'essieux est inversée d'un train à l'autre, permettant à chacun d'être aiguillé sur un côté dédié[19].

On trouve également des funiculaires à voie double sur toute la longueur de la ligne, ou, plus rarement, des funiculaires à voie tri-rail où le rail central est mutualisé pour les deux véhicules, à savoir commun à la voie de gauche et de droite avec séparation au niveau de l'évitement.

Ils sont utilisés en montagne (ce sont les plus rapides, atteignant jusqu'à 12 m/s (45 km/h)[20] ou les plus inclinés avec des pentes allant jusqu'à 106 % en Suisse)[21], mais aussi pour les visites de grottes, et en ville pour relier deux stations à fort dénivelé : Montmartre à Paris, Le Havre, Évian (vitesse : 2 m/s soit 7 km/h[22]), Lyon, etc.

Les passagers sont souvent debout ou adossés à un support, parfois assis comme pour un métro.

Pour améliorer la stabilité des passagers debout notamment, le sol des voitures est parfois légèrement incliné en sens inverse de la pente lors de la partie plane du parcours, compensant de moitié l'inclinaison au passage des plus fortes pentes (exemple : l'Arc-en-Ciel de Bourg-Saint-Maurice-Les Arcs).

L'ascenseur incliné

Article détaillé : Ascenseur incliné.

L'ascenseur incliné est un appareil de conception similaire au funiculaire, à la différence qu'il fonctionne avec un unique véhicule de petite capacité. Il peut être mu par un treuil tambour (à enroulement) ou en va-et-vient avec un contrepoids circulant sous la voie. Cependant, dans plusieurs pays, cet appareil n'est pas considéré comme remontée mécanique. C'est par exemple le cas en France, depuis la parution de la norme NF P82-400 « ascenseurs inclinés », en 1996[5].

Le chemin de fer à crémaillère

Article détaillé : Chemin de fer à crémaillère.

Un chemin de fer à crémaillère est un système de transport par trains évoluant sur une ligne de voie ferrée où les deux rails parallèles en acier sont complétés par un troisième rail central denté[6]. Les locomotives utilisées sont équipées d'une ou plusieurs roues motrices dentées qui viennent s'engrener sur ce rail, permettant aux convois de gravir des pentes jusqu'à 48 %[23].

Le chemin de fer du Montenvers à la Mer de Glace depuis Chamonix et le panoramique des Dômes (Puy-de-Dôme) fonctionnent sur ce principe. Leur vitesse est d'environ 4 à 8 m/s (14 à 30 km/h)[24],[25].

Le tapis roulant

Un tapis roulant utilisé pour le ski.
Article détaillé : Tapis roulant (transport).

Un tapis roulant est un mode de transport qui permet de déplacer des piétons ou du matériel sur une bande continue ou modulaire placée au sol et entraînée par un moteur. La voie est d'une inclinaison et d'une longueur modeste. Il circule dans un seul sens et sa vitesse ne dépasse pas 0,7 m/s (2,5 km/h)[2].

En montagne, on le trouve généralement implanté dans les espaces des stations de ski à destination des skieurs débutants[2].

Les appareils téléportés ou téléphériques

Le téléphérique

Téléphérique à va-et-vient du mont Faron à Toulon (France).
Article détaillé : Téléphérique.

Au sens technique, un téléphérique se définit comme un téléporté « bicâble » : un, ou plusieurs câbles fixes dit « porteurs » supportent le poids des véhicules par l’intermédiaire d’un chariot équipé de galets de roulement, tandis qu'un, ou plusieurs câbles en mouvement dit « tracteurs », sont fixés à ce chariot et assurent le déplacement des véhicules[26].

Le téléphérique est généralement à va-et-vient[26], à savoir avec deux cabines fonctionnant chacune en mouvement alterné, mais on trouve également des téléphériques monovoie, utilisant une seule cabine.

Certains téléphériques sont à mouvement unidirectionnel : les véhicules effectuent un demi-tour en gare et sont renvoyés sur l’autre brin porteur :

  • c'est le cas des téléphériques pulsés, où les véhicules sont regroupés par « trains » de plusieurs cabines répartis à intervalles réguliers sur la ligne. Lorsqu’un train de véhicules entre en gare, le câble tracteur est ralenti ou arrêté pour permettre l’embarquement et le débarquement, ralentissant ainsi l’ensemble des autres trains de véhicules présents sur la ligne[27] ;
  • c'est également le cas des téléphériques débrayables, où, à l'image d'une télécabine, les véhicules disposent d'une attache débrayable qui est désaccouplée du câble dans les gares pour une circulation à quai à vitesse réduite, sans ralentissement de l'ensemble de la ligne. Ces appareils sont appelés téléphériques 2S (1 câble porteur et 1 câble tracteur) ou téléphériques 3S (2 câbles porteurs et 1 câble tracteur)[28].

Avec les funiculaires, ce sont les remontées mécaniques les plus rapides, pouvant aller jusqu'à 12,5 m/s, soit 45 km/h, comme le téléphérique de l'aiguille du Midi, atteignant de par sa pente à 110 % au sommet, une vitesse verticale de 30 km/h[29].

Les premiers téléphériques possédaient de nombreux pylônes. Depuis les années 1950, avec notamment celui de l'aiguille du Midi, leur nombre a été réduit, et plusieurs sont particulièrement élevés pour pouvoir surmonter les éperons rocheux, occasionnant avec la vitesse parfois quelques sensations d'airtime aux passagers. Plusieurs lignes de téléphérique (2e tronçon de l'aiguille du Midi, Vanoise Express, puy de Sancy, liaison Flégère-Brévent, Salève, etc.) sont dépourvues de pylône[30], réussissant à relier directement les stations basse et haute.

Les passagers sont debout dans les cabines, de forme généralement parallélépipédique et de taille assez large, pouvant accueillir environ, selon les modèles, entre 30 et 120 passagers.

La télécabine

Télécabine débrayable de Montjuïc à Barcelone (Espagne).
Article détaillé : Télécabine.

La télécabine utilise plusieurs petites cabines disposées sur un câble unique à la fois porteur et tracteur (on parle d'installation monocâble, par opposition au système bicâble d'un téléphérique). On trouve généralement des télécabines débrayables, à savoir à mouvement unidirectionnel et équipées de véhicules à attache débrayable qui sont désaccouplés du câble dans les gares pour une circulation à quai à vitesse réduite, sans ralentissement de l'ensemble de l'appareil[31].

Il existe également la télécabine pulsée, où les véhicules sont regroupés par « trains » de plusieurs cabines répartis à intervalles réguliers sur la ligne. Lorsqu’un train de véhicules entre en gare, le câble tracteur est ralenti ou arrêté pour permettre l’embarquement et le débarquement, ralentissant ainsi l’ensemble des autres trains de véhicules présents sur la ligne[32].

On trouve également quelques télécabines à va-et-vient, à savoir avec une cabine (ou un train de cabine) effectuant un trajet aller sur un brin, tandis que l'autre cabine (ou train) effectue le trajet retour, et ainsi alternativement[33].

Elles sont utilisées en montagne, mais aussi de plus en plus dans les grandes villes ou même parcs d'attractions, comme moyen de transport en hauteur, s'adjoignant aux autres types de transports urbains (métro souterrain, bus, tramway, funiculaire, voiture), permettant de désengorger la circulation ou traverser un fleuve.

Selon la taille des cabines, en moyenne plus petites et nettement moins larges que les deux uniques cabines d'un téléphérique et de forme ovoïde ou parallélépipédique, elles peuvent contenir de 2 à 30 passagers soit assis, soit debout.

Le nombre des pylônes ainsi que le nombre de cabines espacées régulièrement est plus important que pour un téléphérique, et la vitesse en moyenne plus faible, en circulant en boucle fermée, avec des caractéristiques presque similaires à celles des télésièges débrayables.

Leur vitesse linéaire est, selon les modèles, comprise entre 2,5 m/s, notamment pour les villes[34], et 6 m/s en montagne (9 à 21,6 km/h), à l'instar de la Tovière à Tignes[35].

Le funitel et DMC (Double Mono-Câble)

Funitel à Val Thorens (France).
Article détaillé : Funitel.

Les funitels et DMC (Double MonoCâble) sont des téléportés où les véhicules sont disposés sur deux câbles à la fois porteurs et tracteurs. Ces appareils, généralement débrayables, fonctionnent selon un principe analogue à la télécabine, mais la présence de deux câbles autorise des cabines de plus grande capacité et des portées entre pylônes plus conséquentes[32].

Le funitel est l'évolution du DMC (Double Mono-Câble). Il se distingue de ce dernier par un espacement nettement plus conséquent de ces câbles offrant une excellente tenue au vent[36].

Le télésiège

Télésiège à bulles à Chalmazel (France).
Article détaillé : Télésiège.

Le télésiège utilise plusieurs sièges ou un banc commun pouvant contenir de deux à huit personnes, disposés sur un câble unique à la fois porteur et tracteur, circulant suivant un mouvement unidirectionnel. Il existe des télésièges fixes où les sièges restent solidaires du câble, y compris en gare, et des télésièges débrayables équipés de véhicules à attache débrayable qui sont désaccouplés du câble dans les gares pour un embarquement/débarquement à vitesse réduite, sans ralentissement de l'ensemble de l'appareil. Ce dernier type permet des vitesses d'exploitation supérieures[37]. Les sièges peuvent être équipés d'options telles des bulles de protection ou des assises chauffantes.

Comme son nom l'indique, les passagers sont assis, avec une barre latérale commune de sécurité au-dessus des jambes reliée à une ou deux barres permettant de poser les pieds ou skis.

Les tout premiers télésièges avec banquettes en bois ne transportaient qu'un passager par nacelle[38], les nacelles actuelles contenant de deux à huit passagers. Leur vitesse varie, selon les modèles, de 1,8 m/s à 5,5 m/s pour les débrayables (6 à 20 km/h)[39].

Le téléporté avec sièges et cabines

Un télémix ou combi est un téléporté hybride entre le télésiège et la télécabine, utilisant sur un même câble à la fois des sièges et des cabines. Ces véhicules circulent de façon unidirectionnelle et disposent d'une attache débrayable pour un embarquement/débarquement à vitesse réduite dans les gares, sans ralentissement de l'ensemble de l'appareil[40]. Leitner et Poma utilisent l'appellation commerciale télémix[41] tandis que Doppelmayr - Garaventa utilise l'appellation combi[40].

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