Recensement de la population

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Le recensement (du latin recensere, « passer en revue ») est une opération statistique de dénombrement d'une population. Les recensements démographiques existent depuis l' Antiquité ( Chine, Égypte, Hébreux que la Bible mentionne à plusieurs reprises ; Rome). Ils ne sont mis en œuvre de façon systématique qu'à partir du XVIe siècle et plus encore avec l'avènement de l' État-nation dont ils servent divers objectifs : notamment la conscription militaire, la répartition de l' impôt, la connaissance du nombre et des richesses de la population.

Aujourd'hui, les recensements sont surtout des outils d'aide à la prévision économique. Outre le nombre d'habitants, ils recueillent d'autres caractéristiques comme l'âge, la profession, les conditions de logement, les déplacements domicile-travail ou domicile-études, les modes de transport et, ce qui apparaît aujourd'hui comme une évidence mais ne l'était pas naguère [[réf. souhaitée], leur nom et prénom. D'autres données personnelles sont parfois collectées, comme la religion, la langue, ou, comme c'est le cas aux États-Unis, la «  race » [[réf. souhaitée].

Histoire du recensement

Sous l'Antiquité

Les premiers recensements connus sont organisés dès l' Antiquité, notamment en Égypte sous les Pharaons et en Chine (le premier aurait eu lieu il y a 4 000 ans [1], le plus célèbre ayant été ordonné par la dynastie des Han en l'an 2 afin de compter la population — 57 671 400 habitants —, déterminer les revenus et le nombre de soldats mobilisables [2]).
L' Empire Inca effectue également des recensements, enregistrés sur les quipus.
Pour les Juifs, le recensement exigeait des règles strictes (dictées à Moïse dans le Livre des Nombres), s'en abstraire étant péché, comme le montre l'exemple du roi David, puni pour avoir fait compter ses soldats sans respecter les règles (voir le second livre de Samuel).

Cens et censeurs de la Rome Antique

Bas-relief de l' autel de Domitius Ahenobarbus, représentant une opération de rencensement : un employé assis enregistre la déclaration d'un citoyen, tandis que le censeur en mettant la main sur l'épaule d'un citoyen l'affecte dans une centurie militaire.
Articles détaillés : Cens (époque romaine) et censeur.

La plus ancienne loi romaine connue sur l' état civil est prise vers 550 av.J.C. par Servius Tullius: les naissances des citoyens sont déclarées au gardien du trésor du temple de Junon Lucina, les décès à celui du temple de Libitina et la prise de la toge virile à celui du temple de la jeunesse.

Le cens devient une institution fondamentale de la République romaine, qui organise le peuple romain (populus) en un corps civique structuré et hiérarchisé. À chaque citoyen, le censeur attribue un rang permettant de préciser sa dignité, ses droits et ses devoirs envers la cité. Ce rang dépend essentiellement du patrimoine foncier [3].

Certains des groupes de premiers chrétiens, au risque de la persécution recensent leurs baptisés dans des livres [4] évoqués par Saint Grégoire de Nysse, Saint Grégoire de Nazianze, ou encore par les actes du concile de Soissons (en 853) ou dans ceux du 4e concile de Carthage, dans la règle de Chrodegang, évêque de Metz (en 762), etc..

Le recensement effectué en Judée sous Quirinius, gouverneur de Syrie, est resté célèbre en raison des controverses sur sa coïncidence avec le recensement évoqué dans l' évangile selon Luc (2,2), au moment de la naissance de Jésus-Christ.

Premières tentatives vers un recensement général

Au Moyen Âge les recensements en Europe traversent une période d'éclipse relative, malgré quelques exemples comme le Domesday Book de 1086 de Guillaume le Conquérant, ou celui effectué en 1183 dans le Royaume de Jérusalem afin d'évaluer les forces du royaume en vue d'une éventuelle invasion de Saladin. Au Moyen-Orient, le deuxième calife de l'islam, Omar ibn al-Khattâb (VIIe siècle), organise lui aussi un recensement.

La première loi fondatrice de ce que sera plus tard l' état civil laïc est l' ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 et concerne les baptêmes et sépultures. On a conservé des registres antérieurs à cette ordonnance (registres daté de 1515, de la paroisse de Saint Jean en Grève de Paris). Certaines familles tenaient aussi des livres de familles, notamment les familles juives, où étaient inscrits les naissances, alliances, décès de leurs membres, ainsi que divers évènements.

Les recensements reviennent à l'ordre du jour à l' Âge classique comme moyen pour les rois de connaître la richesse de leur territoire et de leur population. Lié à l'avènement de la statistique et effectués sur le modèle des livres de compte des marchands, l'idée d'effectuer des recensements réapparait au e siècle, chez des auteurs comme Bodin, Juste Lipse ou Montchrestien, dans le sillage de la littérature sur la raison d'État puis du mercantilisme. Celui-là considérait en effet la population comme une richesse de l' État qu'il convenait de préserver voire d'augmenter.

À certaines époques, selon Gramaye, Sanderus ou L. Guicciardini, on compte et note le nombre de personnes se présentant à la communion à Pâques. Puis le Concile de Trente (session 24) ordonne de tenir dans chaque église curiale des « Registres des baptesmes, mariages et personnes mortes », ce qui ne fut pas fait dans un grand nombre de paroisses. L' Édit perpétuel du 12 juillet 1611 renforce l'habitude de tenir des registres plus exacts. Un décret du directoire du 29 prairial de l'an IV fait passer ce devoir d'enregistrement aux communes.

La généralisation des recensements d'État

Au même moment, se développe progressivement l' état civil, qui crée la possibilité d'un recensement nominatif et individualisé (et non plus simplement par foyer). Le Royaume de Suède ordonne ainsi à l' Église de Suède d'effectuer les premiers recensements en 1686, avant d'établir la Tabellverket (Bureau des Tables) en 1749. Les premiers recensements suédois, étudiés par l'historien Eli Heckscher (1879-1952), servent notamment à s'assurer de la pratique du luthéranisme ainsi qu'à compter le nombre d'hommes mobilisables. La Suède joue un rôle de pionnier, la plupart des autres États européens n'emboîtant le pas qu'au e siècle voire au e siècle.

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