Rétablissement de la domination britannique sur les îles Malouines (1833)

En décembre 1832, deux navires de guerre furent envoyés par le Royaume-Uni dans le but de réaffirmer la souveraineté britannique sur les îles Malouines, après que les Provinces-Unies du Río de la Plata (dont une partie est devenu plus tard l'Argentine) ait ignoré protestations diplomatiques britanniques sur la nomination de Luis Vernet en tant que gouverneur des îles Malouines et à la suite d'un différend sur les droits de pêche.

Contexte

Luis Vernet
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En 1765, le capitaine John Byron, qui n’était pas au courant de la présence française sur la Malouine orientale, explora l'île Saunders, sur la Grande Malouine, nomma Port Egmont, et les revendiqua et d'autres îles pour la Grande-Bretagne en raison du principe d’antériorité de leur découverte. L'année suivante, le capitaine John MacBride établit une colonie britannique à Port Egmont. La présence britannique dans l'ouest continua, jusqu'à l’interruption créée par l'Espagne (qui avait acquis la colonie française), lors de la crise des Malouines du 10 juillet 1770 au 22 janvier 1771. Des pressions économiques conduisirent la Grande-Bretagne à se retirer unilatéralement de nombreuses colonies d'outre-mer en 1774[1].

Le 20 mai 1776, les forces britanniques, sous le commandement du lieutenant Clayton, quittèrent officiellement Port Egmont, laissant une plaque affirmant la continuité de la souveraineté de la Grande-Bretagne sur les îles[2]. Les îles Malouines restèrent un avant-poste important pour les chasseurs de baleines et de phoques qui utilisaient les îles pour se mettre à l'abri des tempêtes de l'Atlantique Sud. Grâce à leur emplacement, les îles Malouines furent souvent le dernier refuge pour les navires endommagés en mer. Les plus nombreux parmi ceux qui utilisèrent les îles étaient des chasseurs de phoques britanniques et américains, alors que généralement entre 40 et 50 navires étaient engagés dans la chasse aux otaries à fourrure.

En 1823, après sa guerre d'indépendance contre l'Espagne, les Provinces-Unies accordèrent des terres sur la Malouine orientale à Luis Vernet, qui se rendit pour la première fois dans les îles l'année suivante. Cette première expédition échoua quasiment dès qu’il débarqua, et une seconde tentative, en 1826, approuvée par les Britanniques (mais retardée jusqu'à l'hiver par un blocus brésilien), échoua également après son arrivée dans les îles. En 1828, le gouvernement des Provinces Unies accorda à Vernet toute la Malouine orientale, y compris toutes ses ressources, avec exemption d'impôt si une colonie pourrait être établie dans les trois ans. Il emmena des colons, certains d'entre eux britanniques, et avant de quitter une nouvelle fois le continent demanda la permission au consulat britannique à Buenos Aires. Après avoir reçu son consentement, Vernet accepta de fournir des rapports réguliers au consul britannique et a exprimé le désir d’une protection britannique pour sa colonie même s’ils devraient décider de rétablir leur présence dans les îles[3].

Au retour de Vernet dans les Malouines, Puerto Soledad fut rebaptisé Puerto Luis. Les Provinces-Unies proclamèrent Luis Vernet, gouverneur des îles en 1829. Les protestations diplomatiques britanniques à cette nomination et les déclarations de souveraineté furent ignorés. Les Provinces-Unies accordèrent également à Vernet des droits exclusifs de chasse aux phoques dans les îles. Cela fut contesté par les consulats britannique et américain à Buenos Aires, mais une fois de plus les protestations diplomatiques furent ignorés. Vernet continua de fournir des rapports réguliers au consul britannique tout au long de cette période.

En 1831, Luis Vernet saisit trois navires américains (le Breakwater, le Superior et l’Harriet) chassant aux phoques dans les eaux des Malouines, confisquant leurs prises et arrêtant leurs équipages. Vernet est retourna sur le continent, avec les officiers supérieurs des navires américains pour les juger pour violation des restrictions sur la chasse aux phoques. Le consul des États-Unis protesta violemment contre la saisie de navires américains et l' mit le cap sur les Malouines. Le journal de bord du Lexington rapporte que la destruction d’armes et d’un magasin de poudre, bien que dans sa plainte contre le gouvernement américain en vue d’une compensation (rejetée par le gouvernement du président américain Grover Cleveland en 1885), Vernet déclara que la colonie avait été détruite[4]. Les îles furent déclarées exemptes de tout gouvernement, les sept principaux membres de la colonie ont été arrêtés pour piratage[5] et emmenés à Montevideo[3], où ils furent libérés sans inculpation sur les ordres du commodore Rogers[6].

Ce dernier incident convainquit finalement le bureau des Affaires étrangères britannique de réaffirmer sa revendication de souveraineté sur les îles. Pendant une bonne partie de 1832, les Provinces-Unies n'eurent pas de représentant du gouvernement dans les îles. Le gouvernement de Buenos Aires nomma le major Esteban Mestivier en tant que nouveau gouverneur des îles, et lui ordonna de mettre en place une colonie pénitentiaire. Mais quand il arriva à la colonie le 15 novembre 1832, ses soldats se mutinèrent et le tuèrent. La mutinerie fut réprimée par le major José María Pinedo, commandant de la goélette Sarandí des Provinces-Unies. L'ordre fut rétabli juste avant l'arrivée des Britanniques[3].