Pseudo-Denys l'Aréopagite

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Pseudo-Denys l'Aréopagite
Pseudo-Dionysius, De ecclesiastica hierarchia, Milan, M 87 sup.jpg
Biographie
Pseudonyme
Dionysius AreopagitaVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Théologien, philosophe, écrivain, ecclésiastiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées

Le Pseudo-Denys l'Aréopagite est un auteur de traités chrétiens de théologie mystique, en grec. Il est l'une des sources majeures de la spiritualité mystique chrétienne. C'était probablement un moine syrien qui a vécu vers l'an 500. Son œuvre s'inspire du Néoplatonisme, notamment des écrits de Proclus, auxquels il fait quelques emprunts. Selon certains auteurs néanmoins, cette part néoplatonicienne ne doit pas être exagérée[1]. Il a aussi été influencé par l'école théologique d'Alexandrie (Origène, Clément d'Alexandrie) et par la tradition des Pères cappadociens (surtout Grégoire de Nysse qui a traité de thèmes similaires).

Selon le Livre des Actes des Apôtres, Denys l'Aréopagite était un Athénien faisant partie des philosophes qui écoutèrent la prédication de saint Paul (Actes, 17:34). L'auteur des œuvres mystiques attribuées à Denys l'Aréopagite ne peut pas avoir été cet Athénien du Ier siècle, mais l'attribution pseudépigraphique de ces traités à ce philosophe converti par Paul permettait de les présenter comme des œuvres à la fois chrétiennes et philosophiques[2].

Identité réelle du Pseudo-Denys

Pendant longtemps on a pris l'auteur de ce corpus pour un des rares disciples que l'apôtre saint Paul était parvenu à convertir après son sermon à Athènes sur la colline de l'Aréopage (Acte des apôtres, 17, 34). Cela est dû au fait que l'auteur se faisait passer pour un contemporain de saint Paul. Il prétendait avoir assisté aux ténèbres qui ont assombri la Terre au moment de la mort de Jésus (lettre VII). Hincmar, évêque de Reims, professait l'identité de saint Denis avec Denys l'Aréopagite[3]. Jacques de Voragine dans sa Légende dorée rapportait la même opinion[4] tout en donnant ses sources hagiographiques en citant Méthode de Constantinople et Hincmar, mais l'étude du texte montre qu'il s'inspira en outre d'Hilduin[5]. Des doutes furent exprimés dès le XVe siècle par Nicolas de Cues et Lorenzo Valla, au XVIe siècle par Érasme[6] et Luther[7], mais c'est en 1900 que Joseph Koch[8]et J. Stiglmayr, deux auteurs catholiques, démontrent de façon incontestable (et indépendante), le caractère pseudépigraphe des écrits de Denys : dans le traité des Noms divins est cité un extrait du traité de Proclus De malorum subsistentia, et l'influence du philosophe néoplatonicien est visible dans certains points de détail et certaines similitudes d'expression[9]. La rédaction des traités de Denys est conséquemment fixée entre 485 et 515, soit après la mort de Proclus en 485.

Denis de Paris

Outre son identification à Denis d'Athènes, il fut aussi identifié à saint Denis de Paris. Cette confusion est due à Hilduin, abbé de Saint-Denis, qui écrivit en 835 son Areopagita dans laquelle il soutient la thèse de l'identité. Cependant, les anciens martyrologes distinguent nettement Denis de Paris et Denys d'Athènes. Cette confusion née à Paris parvint en Grèce en passant par Rome. Elle fut néanmoins définitivement réfutée par Le Nain de Tillemont[10].

Denys l'Aréopagite, qui aurait entendu des sermons de saint Paul, ne pouvait être Denis de Paris. L'attribution de l'œuvre à celui-ci, premier évêque de Paris, enterré à l'abbaye Saint-Denis au nord de Paris, est donc une légende, cependant il est avéré que l'influence énorme au Moyen Âge exercée par les écrits de Denys irradia à partir de l'abbaye Saint-Denis[11].

Sévère d'Antioche

La thèse de Stiglmayr consistant à identifier Denys à Sévère d'Antioche a été vivement contestée[12].

Pierre l'Ibère

M. van Esbroeck a repris récemment, sur de nouvelles bases, les arguments de Honigman en faveur de l'identification du Pseudo-Denys à Pierre l'Ibère[13]. Quoi qu'il en soit, toute tentative d'identification, qui revient à piocher dans la liste des quelques noms qui nous sont parvenus du Ve siècle, semble assez hasardeuse : il est fort possible que les écrits dionysiens en grec soient eux-mêmes la traduction d'écrits monastiques syriaques.

Les œuvres

Il nous reste, sous son nom, un certain nombre d'écrits (CPG 6600-6635), traduits en français par Maurice de Gandillac en 1943 :

  • Les Noms divins ;
  • La Théologie mystique ;
  • La Hiérarchie céleste ;
  • La Hiérarchie ecclésiastique ;
  • Lettres : quatre lettres à Gaïos, une à Dorothée, une à Sosipater, une à Polycarpe, une à Démophile, une à Tite, une à l'apôtre Jean.

Certains autres titres nous ont été transmis : Esquisses théologiques, Théologie symbolique. Il s’agit probablement d’ouvrages fictifs.

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