Province de Buenos Aires

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Province de Buenos Aires
Provincia de Buenos Aires
Blason de Province de Buenos Aires
Héraldique
Drapeau de Province de Buenos Aires
Drapeau
Province de Buenos Aires
Localisation de la province de Buenos Aires
Administration
PaysDrapeau de l'Argentine Argentine
CapitaleLa Plata
GouverneurMaría Eugenia Vidal (PRO)
ISO 3166-2AR-B
Démographie
GentiléBuenos-airien (Bonaerense)
Population15 625 084 hab. (2010)
Densité51 hab./km2
Géographie
Superficie307 571 km2
Liens
Site webhttp://www.gba.gov.ar

La province de Buenos Aires (PBA) est la province la plus grande, la plus riche et la plus peuplée d'Argentine, bien que la municipalité de Buenos Aires n'en fasse pas partie. La province avait 15 625 084 habitants en 2010. L'agglomération du grand La Plata, sa capitale, en avait 799 523 la même année.

Histoire

Époque coloniale

Le Cabildo de Buenos Aires fut une institution qui fonctionna depuis la fondation de la ville en 1580 jusque en 1821, année où elle fut remplacée dans ses fonctions législatives par la Junta de Representantes de Buenos Aires.

L'histoire de la province de Buenos Aires commence avec la découverte du Río de la Plata par Juan Díaz de Solís, qui cherchait un passage vers les Indes Orientales[1]. Solís débarqua sur l'île Martín García, mais mourut suite à une attaque d'un groupe d'aborigènes et ses compagnons repartirent en Espagne. En 1536, Pedro de Mendoza fonda le port de Nuestra Señora María del Buen Aire[2]. La ville fut bientôt assiégée par les indiens Querandis, et fut abandonnée en 1541 par les espagnols qui se replièrent sur Asunción (Paraguay actuel) [3]. Le 11 juin 1580, Juan de Garay refonda la ville, cette fois sous le nom de Ciudad de la Santísima Trinidad del puerto de Santa María de los Buenos Aires. La ville devint bientôt la capitale de la Gobernación de Buenos Aires puis, dès le premier août 1776, de la Vice-royauté du Río de la Plata.

Article détaillé : Río de la Plata.

Plus tard, Garay commença à explorer le territoire adjacent, arrivant jusqu'au Cabo Corrientes, sur le site l'actuelle Mar del Plata. Il répartit les terres découvertes entre ses compagnons, créant ainsi les premières estancias destinées à l'élevage de bétail, sur la rive du Río de la Plata. Les estancias furent soumises au régime de l'encomienda et furent la base de la première activité économique de la population espagnole. Mais rapidedement, dès le XVIe siècle, les premiers affrontements se produisirent entre Espagnols et aborigènes, les Pampas (ou Hets ou Querandis), appelés plus tard Ranquels au e siècle.

Article détaillé : Ranquel.

À partir du XVIIe siècle, quelques bovins abandonnés dans la pampa proliférèrent naturellement, formant des troupeaux redevenus sauvages. Les Espagnols comme les indigènes Pampas et Mapuches, commencèrent à les chasser ce qui amena des affrontements entre les deux groupes. Les Espagnols créèrent bientôt des lignes de fortins pour se protéger des attaques de la population indigène locale entourant Buenos Aires, afin de délimiter leur zone exclusive de chasse (chasses aux bovins sauvages, appelées vaquerías). Les indiens Pampas considéraient que les Espagnols avaient volé leurs terres en les envahissant, et durant des siècles attaquèrent leurs établissements par une tactique d'attaque en masse appelée malones, utilisant des chevaux, de longues lances et des boleadoras (système composé de plusieurs lanières lestées de gros cailloux destiné à immobiliser les jambes des chevaux).

Des routes centrées sur Buenos Aires, ainsi que d'autres villes furent progressivement construites. Ainsi furent fondées Baradero, Luján, Quilmes et San Andrés de Giles.

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Vice-royauté du Río de la Plata

En 1680, les Portugais venus du Brésil tout proche avaient fondé au nord du Río de la Plata, face à Buenos Aires, sous le nom de Colonia del Sacramento un établissement, qui menaçait gravement les intérêts espagnols. Ceux-ci avaient attaqué et repris cette ville à plusieurs reprises, mais chaque fois, les Portugais avaient récupéré la ville.

C'est finalement en 1776 que le roi Charles III s'avisa de la solution du problème et de ce qu'il fallait faire pour chasser les Portugais du Río de la Plata. Il prit la décision d'instituer la vice-royauté du Río de la Plata. Presque immédiatement, le nouveau vice-roi Pedro de Cevallos organisa une puissante armée comprenant des indiens Mapuches, et la mena contre les Portugais. Cevallos prit Colonia en 1777 et la détruisit totalement.

La création de la vice-royauté du Río de la Plata apporta beaucoup à Buenos Aires. Rapidement toute l'administration bureaucratique vice-royale, ainsi que la douane, l'Académie navale, et des écoles s'y installèrent. On commença même à éditer des journaux.

Article détaillé : Vice-royauté du Río de la Plata.

La population de la ville s'accrut fortemant, passant de 9 568 en 1744 à 32 069 habitants en 1778, puis à plus de 40 000 en 1797 et à presque 100 000 en 1810, chiffre très important et constituant près du tiers de la population totale de l'Argentine espagnole de l'époque.

Gaucho avec sa tenue typique - années 1840.

Pendant ce temps-là la Pampa était devenue au XVIIIe siècle le domaine d'une civilisation du cuir. La propriété du sol étant associée au droit de chasse - lesquelles avaient fait fuir les troupeaux de bovins sauvages loin des habitations -, l'élevage se développa autour des estancias, (grandes fermes d'élevage). Comme il fallait compter deux hectares par tête de bétail, cette exploitation avait atteint des dimensions gigantesques, si bien que les riches estancieros dominaient le pouvoir politique. Le mode successoral étant régi par le droit d'ainesse préserva la toute grande exploitation. Cette puissante aristocratie s'appuya sur les fameux gauchos pour exploiter les domaines. Ces derniers étaient presque tous métis ou sang-mêlés. Chargés de surveiller les troupeaux qui évoluaient en liberté, et de les protéger des raids indiens, ils vivaient presque toujours à cheval. Ils abattaient les bêtes pour leur cuir et leur suif, et laissaient la plus grande partie de la viande aux charognards. La Pampa du XVIIIe se transforma ainsi en une vaste exploitation de cuir, au sein d'une économie barbare et destructrice[4].

Victoire populaire contre l'agresseur britannique

En 1806, suite à l'entrée en guerre de l'Espagne aux côtés de la France, la flotte britannique cingla vers le Río de la Plata. Elle ne tarda pas à prendre Montevideo, puis se dirigea vers Buenos Aires. Le vice-roi Rafael de Sobremonte supposait que les Britanniques n'oseraient pas attaquer la capitale, et envoya ses troupes traverser le río de la Plata pour reprendre Montevideo. Lorsqu'on lui annonça le débarquement des Britanniques près de Buenos Aires, il courut se réfugier à Córdoba avec l'intention d'organiser une armée pour reconquérir sa capitale. En juin 1806 les Britanniques prirent Buenos Aires, bien reçus par les partisans de l'indépendance. Mais ceux-ci durent vite déchanter en comprenant que les envahisseurs désiraient convertir la région de la Plata en une colonie britannique, et s'unirent à ceux qui voulaient résister.

Jacques de Liniers, un ancien marin français traversa le fleuve pour la Bande Orientale (Uruguay actuel), où il organisa une armée puis repartit vers la capitale pour la délivrer. En chemin des milliers de volontaires enthousiastes se joignirent aux troupes. Une bataille de rue s'engagea et les Britanniques durent capituler. L'Audience, tribunal suprême, décida de confier la capitainerie générale à Liniers. Prudemment Sobremonte se réfugia à Montevideo.

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En 1807 les Britanniques revinrent envahir le pays, avec une puissante armée de 11.000 soldats sous les ordres du général John Whitelocke. Ils reprirent Montevideo, débarquèrent à Buenos Aires et pénétrèrent dans la capitale, confiants dans leur suprématie face à des forces hispano-argentines très inférieures. Très vite ils se heurtèrent à une résistance acharnée des habitants qui les arrosaient d'eau et d'huile bouillante et les mirent en déroute. John Whitelocke fut acculé à la capitulation générale, et le Royaume-Uni subit là une défaite particulièrement humiliante.

Quant à Liniers, il fut alors nommé vice-roi par intérim, décision ratifiée plus tard par le roi d'Espagne, Charles IV.

Indépendance et XIXe siècle

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La Révolution de Mai en 1810, qui abattit le gouvernement du vice-roi Baltasar Hidalgo de Cisneros, ouvrit de bonnes perspectives pour l'élevage dans la province, car elle mettait fin à l'insupportable monopole espagnol du commerce extérieur, et facilita l'introduction de nouveaux systèmes et de nouvelles races bovines d'origine étrangère. L'adoption de l' alambrado permit de définir la propriété de la terre en traçant des limites claires entre les propriétés foncières, jusqu'alors restées vagues et imprécises.

Article détaillé : Révolution de Mai.

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En vert fonçé le territoire de Buenos Aires avant la réunification de 1861 et en vert clair son territoire prétendu
Territoire argentin effectivement contrôlé avant 1880 (presidence de Julio Argentino Roca en 1880 -1886).

En février 1820, suite à l'anarchie dans laquelle se trouvait l'ancienne colonie, la province se constitua en entité politique autonome, désignant Manuel de Sarratea comme son premier gouverneur. Son territoire nominal était énorme, s'étendant depuis Buenos Aires jusqu'à la cordillère des Andes à l'ouest, et incluait au sud les territoires de la Patagonie argentine ainsi que les Îles Malouines. En étaient exclus les territoires des actuelles provinces d'Entre Ríos et de Corrientes, précédemment créées en 1814, ainsi que la province de Santa Fe (1815).

Mais le territoire sous contrôle effectif était très limité : depuis la ville de Buenos Aires jusqu'à quelque 60 km à la ronde. Les amérindiens résistaient avec ténacité à la pénétration de l'homme blanc dans leurs terres ancestrales. L'introduction du cheval précédemment, et l'habileté des aborigènes à le domestiquer, leur permit de lancer de violentos attaques appelées malones. Les gouvernement successifs de la province tentèrent de freiner les malones, et de contrôler progressivement les territoires par divers moyens : la construction de fortins défensifs, la réalisation d'expeditions punitives, les fossés d'Alsina, etc. En 1823 la ville de Dolores, fut complètement détruite par un malón, ce qui augmenta la préoccupation des colons créoles face aux groupes aborigènes.

Dans les années 1820-29, l'anarchie s'intensifia. Partisans d'une république unitaire (unitaristes) et partisans du fédéralisme s'affrontèrent durement. En 1824, le gouverneur Juan Gregorio de Las Heras finit par réunir le Congrès Général, grâce auquel il voulut unifier le pays. En 1826, le Congrès nomma Bernardino Rivadavia de tendance centraliste, président des Provincias Unidas del Río de la Plata. Le projet que ce dernier présenta, qui prévoyait que la ville de Buenos Aires et ses environs soit proclamée capitale du pays, et se sépare du reste de la province, fut adopté en 2016, malgré les résistances des fédéralistes Porteños (ainsi appelle-t-on les habitants de la capitale)[6].

La Constitution unitaire argentine de 1826 fut rejetée par l'intérieur du pays et fit chuter Rivadavia et ce fut le début d'une guerre civile meurtrière[7]. En 1829, Juan Manuel de Rosas, devint gouverneur de la province jusque 1832, puis élu à nouveau en 1835, avec la prérogative d'assumer les trois pouvoirs à lui seul[8]

Durant son gouvernement, Buenos Aires atteignit la suprématie sur les autres provinces, sans cependant arriver à l'unification du pays. Après sa chute face à la grande armée de Justo José de Urquiza à la Bataille de Caseros, en février 1852, on fut tout proche d'atteindre cet objectif avec la Constitution de 1853, mais celle-ci fut rejetée par la Province de Buenos Aires. Celle-ci se sépara de la Confédération Argentine, qui établit dès lors sa capitale dans la ville de Paraná. En 1861, les armées de Buenos Aires mirent celles de la Confédération en déroute à la bataille de Pavón et lancèrent une campagne pour soumettre les provinces. Ce but fut atteint, et le pays resta définitivement unifié selon le projet des unitaires.

Article détaillé : Histoire de l'Argentine.

Dès lors l'histoire de la province se confond avec celle du pays. Malgré de nombreux troubles et au moins deux guerres importantes (Guerre de la Triple Alliance contre le Paraguay, et Conquête du Désert contre les amérindiens), l'économie se developpa avec vigueur, l'immigration fut de plus en plus importante peuplant rapidement l'ensemble des terres de la province. Ce fut en moyenne une époque de grande prospérité, l'Argentine devenant une des dix premières puissances mondiales, en termes de PNB, au début du XXe siècle. Et aujourd'hui encore, en 2010, l'économie de la province représente près des deux tiers de l'ensemble argentin.

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