Phéromone

Agrégation de Pentatomidae pouvant être causée par des phéromones.

Les phéromones (ou phérormones ou encore phérohormones) sont des substances chimiques comparables aux hormones, émises par la plupart des animaux et certains végétaux, et qui agissent comme des messagers entre les individus d'une même espèce. Elles transmettent aux autres organismes des informations qui influencent la physiologie et les comportements (sexuel, maternel, agression…).

Très actives, certaines agissent même en faible quantité, et elles peuvent être transportées et être détectées à plusieurs kilomètres. Chez les mammifères et les reptiles, les phéromones sont principalement détectées par l'organe voméro-nasal, tandis que les insectes utilisent généralement leurs antennes.

À la différence des hormones classiques (insuline, adrénaline, etc.) produites par les glandes endocrines et qui circulent uniquement à l'intérieur de l'organisme en participant à son métabolisme, les phéromones sont généralement produites par des glandes exocrines, ou sécrétées avec l'urine, et servent de messagers chimiques entre individus. Elles peuvent être volatiles (perçues par l'odorat), ou agir par contact (composés cuticulaires des insectes par exemple, perçues par les récepteurs gustatifs). Elles jouent un rôle primordial lors des périodes d'accouplement, et chez certains insectes sociaux, telles les fourmis ou les abeilles. Ces phéromones sont indispensables au bon fonctionnement du groupe. Les phéromones sexuelles des insectes contribuent à l'isolement reproducteur entre les espèces grâce à leur spécificité.

L'existence des phéromones dans l'espèce humaine est un sujet controversé. De nombreux biais scientifiques et sociopsychologiques rendent complexe l'étude des effets psychologiques des odeurs, parfums ou phéromones sur les émotions et les comportements des humains[1],[2]. En particulier, il est souvent très difficile de distinguer les nombreux effets olfactifs appris des véritables effets phéromonaux innés[3]. Mais les études réalisées depuis les années 2000 montrent que l'organe voméronasal n'est plus fonctionnel chez les hominidés[4], qu'il s'atrophie au cours de l'embryogenèse, et que 90 % des gènes des récepteurs aux phéromones sont altérés chez l'être humain [5]. Pour ces raisons, les structures olfactives sont vestigiales et les phéromones n'ont plus que des effets faibles[6],[3].

Grâce aux techniques biochimiques, il est possible de produire des phéromones de synthèse. Elles sont utilisées par l'industrie cosmétique, souvent dans des parfums, avec des présentations commerciales qui suggèrent des effets sexuels et affectifs[7], malgré l'absence de données expérimentales valides[6],[3].

Étymologie et définition

Le terme de phéromones fut défini par le biochimiste allemand Peter Karlson et l'entomologiste suisse Martin Lüscher[8] en 1959 à partir des racines grecques : pherein (transporter) et hormon (exciter). Ainsi, les phéromones furent initialement définies comme : « des substances sécrétées par des individus et qui, reçues par d'autres individus de la même espèce, provoquent une réaction spécifique, un comportement ou une modification biologique »[9].

En particulier pour les mammifères, on définit généralement deux grandes classes de phéromones :

  • Phéromone signal ou déclencheuse : « Si la péromone produit un changement assez rapide du comportement de l'animal qui la perçoit, on parle de phéromone déclencheuse (« releasing pheromone ») ou encore de phéromone signal (« signaling pheromone »). Le terme de phéromone signal semble plus judicieux que celui de phéromone déclencheuse employé au départ chez les insectes, car il tient mieux compte du fait que, chez les mammifères, l'odeur est porteuse d'une information qui peut ou pas être utilisée par le receveur. Les attractants sexuels des mammifères rentrent pour une large part dans cette catégorie »[10].
  • Phéromone conditionnante ou d'amorçage : « On distingue cependant aussi des phéromones conditionnantes ou d'amorçage (« priming pheromones » qui induisent des changements physiologiques, perceptibles à long terme sur l'organisme, accélérant ou inhibant par exemple l'accès à la maturité sexuelle »[10].

Mais les définitions données dans les dictionnaires, les manuels ou par les chercheurs ne sont pas toutes identiques. La synthèse des différentes définitions fait apparaître un consensus autour de 4 critères principaux[3] :

  • une phéromone correspond à un ou quelques composés chimiques simples ;
  • la réponse fonctionnelle est spécifique à l'espèce ;
  • la réponse, endocrine ou comportementale, est bien définie ;
  • la réponse ne dépend pas d'apprentissages.
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