Pétrone

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Pétrone
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Portrait de Petronius Arbiter par P. Bodart, 1707[1]
Nom de naissancePetronius Arbiter
Activité principale
Auteur
Langue d’écritureLatin
Genres

Œuvres principales

  • Satyricon
  • Fragments narratifs attribués à Pétrone
  • Poésies de Pétrone

Pétrone (en latin : Petronius Arbiter) est un écrivain romain, auteur du Satyricon selon les manuscrits qui nous sont parvenus. Il est généralement (mais pas unanimement) identifié avec Titus Petronius Niger, ancien consul, l'un des favoris de Néron, jouant à la cour le rôle d'arbitre du bon goût (elegantiae arbiter[2]) dans les années 60, avant de tomber en disgrâce et de se donner la mort en s'ouvrant les veines après avoir relaté par écrit les turpitudes de Néron (Tacite, Annales, livre XVI, 17 à 20). Toutefois, d'autres hypothèses quant à son identité ont été formulées.

Le Satyricon, que la tradition littéraire attribue à Pétrone, est considéré comme l'un des premiers romans de l'histoire de la littérature. Œuvre fragmentaire, il constitue une satire sociale, qui est, grâce à la psychologie des personnages et l'observation réaliste, une véritable innovation littéraire. Pétrone est également l'auteur de poèmes, bien que certains de ceux qui lui furent attribués se soient révélés ne pas être de sa main. On lui attribue également des fragments narratifs, retrouvés au cours des siècles et supposés intégrer le récit du Satyricon.

L'esthétique de Pétrone est essentiellement parodique et satirique : ses écrits interrogent le monde romain par la dérision et le travestissement. Cependant, nombre de spécialistes lui reconnaissent un message social novateur, un style littéraire innovant et une recherche dans l'observation réaliste qui en fait l'un des auteurs précurseurs du roman.

Pétrone a influencé la littérature, le cinéma et la musique. Henryk Sienkiewicz, dans son roman Quo vadis ? (1895), fait de Petronius Arbiter un personnage clé de l'intrigue alors que Federico Fellini adapte le Satyricon en 1969. Le compositeur italien Bruno Maderna en a composé un opéra en un acte. Plus généralement, la vie de Pétrone et son esthétique ont inspiré de nombreux auteurs tels, par exemple, Henry de Montherlant, Laurence Sterne, Tobias Smollett, Henry Fielding ou encore Marcel Schwob.

Identité : éléments biographiques et controverses

La polémique : la « questione petroniana »

La « questione petroniana », expression italienne désignant la polémique érudite concernant l'identité de Pétrone et son autorité auctoriale sur le Satyricon, a produit nombre d'hypothèses. L'un des premiers traducteurs français de Pétrone à la fin du e siècle, Jean-Nicolas-Marie Deguerle, a, par exemple, intitulé le commentaire qu'il lui consacre : « Recherches sceptiques sur le Satyricon et sur son auteur »[3]. Le débat est lancé par E. Marmorale[4], qui situe l'auteur du Satyricon à l'époque des Sévères. Selon André Daviault, qui a écarté l'hypothèse de Marmorale, les recherches tendent en majorité à montrer que le Pétrone auteur du Satyricon est bien Titus Petronius Niger, mentionné par Tacite surtout[5]. Cependant, plusieurs éléments remettent en question cette thèse.

Hubert Zehnacker et Jean-Claude Fredouille pointent le fait que « la personnalité de Pétrone est aussi mal connue que l'époque à laquelle il a vécu[6]. » En outre, à l'époque néronienne, la gens Petronia a produit plusieurs personnalités portant ce nom. Le supplément patronymique Arbiter ne permet que limitativement de préciser le personnage car il s'agit d'un gentilicium et d'un cognomen, alors que l'expression « arbitre de l'élégance » est certainement de l'invention de Tacite[7]. Deux hypothèses majoritaires existent à ce propos : une première situe Pétrone, auteur du Satyricon, sous le règne de Néron, alors que la seconde le localise après cet empereur, soit à l'époque flavienne (69–96), soit pendant celle des Antonins.

Pétrone de l'époque néronienne

Pétrone selon Tacite

Les Annales de Tacite

Le portrait littéraire le plus complet de Pétrone est présenté par Tacite (55-120), dans ses Annales, au livre XVI uniquement, dans ses sections 17 à 20. Au fragment 17, Tacite évoque la dénonciation de plusieurs personnes, dont un certain C. Pétronius :

« Dans l'espace de peu de jours, tombèrent coup sur coup Annéus Mella, Cérialis Anicius, Rufius Crispinus et C. Pétronius[8]. »

Les sections 18 et 19 concernent quant à elles exclusivement la mort de Pétrone :

« Je reprendrai d'un peu plus haut ce qui regarde Pétrone. Il consacrait le jour au sommeil, la nuit aux devoirs et aux agréments de la vie. Si d'autres vont à la renommée par le travail, il y alla par la mollesse. Et il n'avait pas la réputation d'un homme abîmé dans la débauche, comme la plupart des dissipateurs, mais celle d'un voluptueux qui se connaît en plaisirs. L'insouciance même et l'abandon qui paraissait dans ses actions et dans ses paroles leur donnaient un air de simplicité d'où elles tiraient une grâce nouvelle. On le vit cependant, proconsul en Bithynie et ensuite consul, faire preuve de vigueur et de capacité. Puis retourné aux vices, ou à l’imitation calculée des vices, il fut admis à la cour parmi les favoris de prédilection. Là, il était l'arbitre du bon goût : rien d'agréable, rien de délicat, pour un prince embarrassé du choix, que ce qui lui était recommandé par le suffrage de Pétrone. Tigellin fut jaloux de cette faveur : il crut avoir un rival plus habile que lui dans la science des voluptés. Il s'adresse donc à la cruauté du prince, contre laquelle ne tenaient jamais les autres passions, et signala Pétrone comme ami de Scévinus : un délateur avait été acheté parmi ses esclaves, la plus grande partie des autres jetés dans les fers, et la défense interdite à l'accusé.
L'empereur se trouvait alors en Campanie, et Pétrone l'avait suivi jusques à Cumes, où il eut ordre de rester. Il ne soutint pas l'idée de languir entre la crainte et l'espérance ; et toutefois il ne voulut pas rejeter brusquement la vie. Il s'ouvrit les veines, puis les referma, puis les ouvrit de nouveau, parlant à ses amis et les écoutant à leur tour : mais dans ses propos, rien de sérieux, nulle ostentation de courage ; et, de leur côté, point de réflexions sur l'immortalité de l'âme et les maximes des philosophes ; il ne voulait entendre que des vers badins et des poésies légères. Il récompensa quelques esclaves, en fit châtier d'autres ; il sortit même ; il se livra au sommeil, afin que sa mort, quoique forcée, parût naturelle. Il ne chercha point, comme la plupart de ceux qui périssaient, à flatter par son codicille ou Néron, ou Tigellin, ou quelque autre des puissants du jour. Mais, sous les noms de jeunes impudiques et de femmes perdues, il traça le récit des débauches du prince, avec leurs plus monstrueuses recherches, et lui envoya cet écrit cacheté : puis il brisa son anneau, de peur qu'il ne servît plus tard à faire des victimes[9]. »

Enfin, la section 20 raconte la possible relation qu'entretient Pétrone avec une femme du nom de Silia :

« Néron cherchait comment avaient pu être divulgués les mystères de ses nuits. Silia s'offrit à sa pensée : épouse d'un sénateur, ce n'était point une femme inconnue ; elle servait d'instrument à la lubricité du prince, et d'étroites liaisons l'avaient unie à Pétrone[10]. »

Buste de l'empereur Néron

Tacite dépeint Pétrone comme un personnage « voluptueux, plein de raffinement et d'insouciance », proche du modèle épicurien[11] ; devenu l'ami et le protégé de Néron, il passe à la cour pour un « arbitre de l'élégance », elegantiæ arbiter en latin. Selon Eugen Cizek, l'épicurien Pétrone paraît avoir fréquenté le cercle littéraire et érudit des Calpurnii, ce cénacle d'admirateurs des classiques grecs et latins[12]. L'auteur du Satyricon a en effet tout d'une personnalité érudite et raffinée, urbaine également[13]. Toujours selon Tacite, il semble que, par la suite, Pétrone ait été disgracié auprès de Néron par un rival, le préfet du prétoire Tigellin, jaloux de lui. Ce dernier réussit ainsi à compromettre Pétrone, grâce à la complicité d'un délateur qui le dénonça comme ami du sénateur Flavius Scaevinus, qui avait partie liée avec la conjuration de Pison visant à renverser Néron. Pétrone reçoit par la suite l'ordre de l'empereur de mettre fin à ses jours. Après avoir dicté, lors d'un voyage de Néron en Campanie, ce récit en vers (faciles versus[11]) destiné à ridiculiser Néron, en décrivant les débauches de sa cour, Pétrone semble s'être suicidé à Cumes, en 67, en adoptant une attitude désinvolte et ce fidèlement à sa réputation. Il passe pour s'être ouvert les veines dans son bain, après avoir fait parvenir son récit satirique à Néron[14]. Selon Tacite en effet, avant de mourir, Pétrone a composé une description fleurie des débauches de Néron et la lui a envoyée sous pli cacheté. Selon Charles de Saint-Évremond : « On ne sauroit douter que Pétrone n’ait voulu décrire les débauches de Néron, et que ce Prince ne soit le principal objet de son ridicule : mais de savoir si les personnes qu’il introduit, sont véritables ou feintes, s’il nous donne des caractères à sa fantaisie, ou le propre naturel de certaines gens, la chose est fort difficile, et on ne peut raisonnablement s’en assurer[15]. »

Plusieurs éléments typiques de l'époque néronienne confortent cette thèse. Ils sont si exemplaires que, pour Kenneth F. C. Rose, le Satyricon n'aurait été écrit que pour le divertissement confidentiel de la cour de Néron, ce qui expliquerait que le récit ait été si peu connu dans l'Antiquité. L'« esprit du roman », marqué par la dépravation, l'ironie dominante et enfin la peinture fidèle des conditions de la plus basse classe sociale et la critique du milieu aristocratique, les jeux de mots et le personnage de Trimalcion, sorte de double de Néron, sont autant de preuves allant en ce sens[16]. Pour lui, l'épisode du festin chez Trimalcion apporte le plus de preuves, à travers les descriptions des comportements et des habitudes de vie des convives[17]. Selon Eugen Cizek, Pétrone semble avoir influencé Néron, notamment dans l'écriture par l'empereur d'une « réplique sérieuse » au poème de Lucain intitulé Iliacon. Pétrone aurait pu, par le moyen du poème d'Eumolpe sur la guerre de Troie, démontrer à l'empereur les erreurs à ne pas commettre. Pour Cizek, cet élément montre une connexion entre Néron et Pétrone, et renforce la thèse selon laquelle ce dernier est bien le personnage dépeint par Tacite[12].

Controverses

« Si l’on en croit plusieurs savants, onze auteurs célèbres ont porté le nom de Pétrone : malheureusement, il ne nous reste de chacun d’eux que des fragments. Parmi ces différents Pétrones, le plus illustre est distingué par le surnom d’Arbiter : c’est à lui qu’on doit le Satyricon, monument de littérature autrefois précieux sans doute par son élégance et sa légèreté, puisque ses ruines même ont encore de quoi plaire ; mais dont la clef, depuis longtemps perdue, ne se retrouvera probablement jamais, quoi qu’en aient dit quelques modernes antiquaires. »

— Charles Héguin de Guerle, « Recherches sceptiques sur le Satyricon et son auteur »[18]

L'identité entre ce personnage historique et l'auteur du Satyricon est présentée comme une certitude au XVIe siècle par Pierre Pithou[19] et reste l'hypothèse défendue par la majorité des spécialistes modernes. Toutefois, l'édition révisée du Gaffiot distingue, dans sa rubrique « Auteurs et ouvrages cités en abrégé », Titus Pétronius, courtisan de Néron et Pétrone Arbiter, auteur du Satyricon[20]. En effet, plusieurs personnes de prestige du nom de « Pétrone » existent au Ier siècle, dans l'Empire romain, époque de rédaction supposée du Satyricon. Il semble toutefois que l'écrivain, qui signe son texte du nom de « Petronius Arbiter », soit très probablement un certain Caius (ou Titus parfois) Petronius Niger (ou encore : Gaïus Petronius selon Jean-Claude Féray[19]), gouverneur de Bithynie, puis consul suffect en 61 ou 62.

Il y a cependant peu d'allusions à l'époque néronienne dans le Satyricon. Kenneth F. C. Rose les énumère : le suicide de l'auteur (le Satyricon aurait en effet été écrit peu avant que Pétrone ne se donne la mort) n'est pas évoqué dans le roman et le raffinement luxueux n'est pas mis en avant ; par ailleurs le patronyme d'« Arbiter », à l'époque de Néron, ne se rapporte jamais, parmi les occurrences connues, à un artiste ou écrivain[16]. Hubert Zehnacker et Jean-Claude Fredouille considèrent que Pétrone a bien vécu sous les Julio-Claudiens et que le Satyricon a été rédigé à la fin du règne de l'empereur Néron[6]. Pierre Grimal soutient lui aussi cette hypothèse : « toutes les allusions contenues dans le Satyricon nous reportent à l'époque des empereurs julio-claudiens. L'explication de Tacite (XVI, 19) fait référence à un ouvrage de débauches, souvenir assez déformé du Satyricon. » Il ajoute que, selon toute vraisemblance, le Satyricon a dû être mis à l'Index et qu'il était de fait inaccessible au temps de Tacite. Il pourrait être une satire des mœurs du prince Néron censurée sous son règne[21]. L'hypothèse de Pierre Grimal est séduisante, mais suppose que la mise à l'index ait survécu à la mort de Néron ce qui peut étonner.

Autres hypothèses sur son identité

L'action semble se dérouler en Campanie, sous le règne de l'empereur Claude

Roman de la période flavienne

Le débat sur l'identité de l'auteur est lié à d'autres polémiques, à savoir : celle portant sur la période décrite dans le roman, celle liée à la date de rédaction et de sa publication[22]. Ses récits, et surtout le Satyricon, en raison du contexte social et politique qu'il présente, sont en effet les seules preuves de son existence. Selon René Martin, le Satyricon pose plus de questions qu'il n'en résout, si bien que le critique littéraire, ainsi que le lecteur, doivent être prudents vis-à-vis de ce texte[23]. René Martin émet en 1975 l'hypothèse que la rédaction du récit est issue du contexte Flavien (de 69 à 96), plus précisément de l'époque de Domitien[24]. On trouve déjà chez Voltaire des doutes à ce propos[19]. L'écrivain considère en effet que l'édition de François Nodot (1691) a aggravé la confusion faite entre Titus Petronius, vivant après l'époque de Néron, et Caius Petronius, proche de ce dernier :

« Naudot a rempli les lacunes de ces sragmens  [sic], et a cru tromper le public. II veut le tromper encore en assurant que la satire de Titus Petronius, jeune et obscur libertin, d'un esprit très peu réglé, est le Caius Petronius, consul de Rome[25]. »

L'hypothèse de René Martin, qui veut que Pétrone ait existé après l'époque néronienne, se présente comme sérieuse[5], bien qu'elle soit rejetée par François Ripoll[26], car elle se fonde sur les éléments romanesques présents dans le Satyricon. Pour lui, le Satyricon pourrait vraisemblablement être une parodie de Silius Italicus (26–101), auteur des Punica. En étudiant les éléments métriques constituant le poème du Bellum ciuile du Satyricon, Wei-jong Yeh a montré que Pétrone est en effet l'héritier de Silius ; il situe donc le roman à l'époque de Domitien[27]. Selon Martin toujours, Pétrone aurait vécu sous les Flaviens, et il aurait été un affranchi, ou le fils d'un personnage consulaire, lui-même ancien affranchi[28].

Le secrétaire de Pline le Jeune

D'autres hypothèses, plus marginales, existent[29]. L'une de celles-ci envisage la possibilité qu'il s'agisse d'un de ces affranchis qui servent de lector (« lecteur », « secrétaire » d'un maître) aux personnages importants de Rome. Une hypothèse récente, proposée par René Martin et reprise par l'historien Maurice Sartre, considère ainsi que l'auteur du Satyricon est le secrétaire de Pline le Jeune (environ 61–114), décrit par ce dernier comme une personne à la fois sérieuse et fantaisiste. Le lector de Pline s'appelle en effet, et curieusement, Encolpe, comme le narrateur du Satyricon, nom pour le moins assez rare à cette époque. Il est donc possible que le véritable auteur du Satyricon soit cet Encolpe, affranchi au service de Pline le Jeune[30]. En conséquence, selon René Martin, la composition du Satyricon daterait de 110-120 ap. J.-C.[31].

Un Massaliote

Une autre thèse élaborée par Sidoine Apollinaire, auteur du Ve siècle, fait de l'auteur un habitant de Marseille, un Massaliote. « Cette ville est en effet connue à l'époque pour ses mœurs pédérastes », et le récit semble y prendre cadre. Jean-Claude Féray y voit l'hypothèse la plus plausible quant à l'identité de l'auteur du Satyricon[32]. Cette thèse est également soutenue par l'un des traducteurs de Pétrone en français, Louis de Langle : à partir du cadre géographique du récit et notamment celui d'un « court fragment d'un livre perdu [il a] établi qu'au moins un des épisodes du roman avait cette ville pour théâtre »[33].

Plusieurs auteurs

Louis de Langle va cependant plus loin : le Satyricon, ensemble de fragments que l'histoire a rapprochés, serait l'œuvre de plusieurs auteurs différents. Il identifie au moins trois instances auctoriales, en particulier dans les « aventures d'Encolpe », qui présentent des « morceaux d'inspiration et de valeur bien différentes » ; les chapitres relatifs au culte de Priape, à l'histoire de Quartilla, et peut-être celle de la prêtresse Œnothéa seraient d'un auteur relativement récent[34]. À partir des thèmes homosexuels présents dans le récit, et de leurs déviations par rapport aux modèles grecs, Jean-Claude Féray considère lui aussi que le Satyricon est un mélange de fragments disparates appartenant à plusieurs auteurs différents[35].

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