Opération Barbarossa

Opération Barbarossa
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Concentration de véhicules et de tanks panzer III en Pologne, à la veille du déclenchement de l'opération Barbarossa.
Informations générales
Date
Lieu Europe de l'Est et Europe du Nord
Issue Victoire opérationnelle allemande mais défaite stratégique majeure
Belligérants
Drapeau de l'URSS  Union soviétique
Commandants
Forces en présence
Au  :
3 800 000 soldats [1]

4 300 chars
4 389 avions
Au  :
2 680 000 soldats [1]
puis 5 500 000
15 000−25 000 chars
35 000−40 000 avions
(11 357 prêts au combat le )
Pertes
Total : 800 000 [2] dont
  • 167 347 tués au combat [2]
  • 600 584 blessés
  • 34 527 disparus
  • La moitié des blindés et des avions engagés est hors de combat
Total : 4 000 000 dont
  • 566 852 morts tués au combat [3]
  • 235 339 morts tués de causes non liées au combat [3]
  • 1 336 147 blessés [3]
  • 2 335 482 disparus [3]
  • 3 355 499 prisonniers [4]
  • 20 500 chars détruits [5]
  • 21 200 avions détruits [6]

Seconde Guerre mondiale

Batailles

Front de l’Est
Prémices : Campagne de Pologne · Guerre d’Hiver


Guerre Germano-sovietique :

  • 1941 : L'invasion de l'URSS

Opération Barbarossa
Front Nord : Guerre de Continuation · Opération Silberfuchs · Siège de Léningrad
Front Central : Bataille de Białystok–Minsk · 1re bataille de Smolensk · Bataille de Kiev
Front Sud : Siège d'Odessa · Campagne de Crimée

  • 1941-1942 : La contre-offensive soviétique

Front Nord : Poche de Demiansk · Poche de Kholm
Front Central : Bataille de Moscou
Front Sud : Seconde bataille de Kharkov

  • 1942-1943 : De Fall Blau à 3e Kharkov

Front Nord : Offensive Siniavino · Opération Iskra · Bataille de Krasny Bor · Opération Polyarnaya Zvezda
Front Central : Opération Mars
Front Sud : Bataille du Caucase ( opération Fall Blau) · Bataille de Stalingrad · Opération Uranus · Opération Saturne · Offensive Ostrogojsk-Rossoch · Offensive Voronej-Kastornoe · Troisième bataille de Kharkov

  • 1943-1944 : Libération de l'Ukraine et de la Biélorussie

Front Central : 2e bataille de Smolensk · Opération Bagration
Front Sud: Bataille de Koursk · Bataille du Dniepr · Offensive Dniepr-Carpates · Offensive de Crimée · Offensive Lvov-Sandomir

  • 1944-45 : Campagnes d'Europe centrale et d'Allemagne

Allemagne : Offensive Vistule-Oder · Offensive de Poméranie orientale · Siège de Breslau · Offensive de Prusse-Orientale · Bataille de Königsberg · Bataille de Seelow · Bataille de Bautzen · Bataille de Berlin · Capitulation allemande
Front Nord et Finlande : Guerre de Laponie · Offensive Leningrad–Novgorod · Bataille de Narva
Europe orientale : Insurrection de Varsovie · Soulèvement national slovaque · Bataille de Budapest · Offensive Vienne · Insurrection de Prague · Offensive Prague · Bataille de Slivice


Front d’Europe de l’Ouest


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Bataille de l’Atlantique


Guerre du Pacifique


Guerre sino-japonaise


Théâtre américain

L’opération Barbarossa (en allemand : Unternehmen Barbarossa), nommée en référence à l'empereur Frédéric Barberousse, est le nom de code désignant l'invasion par le IIIe Reich de l' Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le , l’Allemagne nazie et l’Union soviétique signent un traité de non-agression et de partage de l' Est de l'Europe. Cependant, le , moins d’un an après, Hitler demande à son état-major de préparer un plan d’invasion de l’Union soviétique. Confiant, il déclenche le , un an exactement après la signature de l' armistice entre la France et le IIIe Reich [7], l’opération Barbarossa. Celle-ci ouvre le front de l’Est, qui devient le principal théâtre d’opérations de la guerre terrestre en Europe. Elle sera aussi à l'issue de la guerre le facteur crucial dans la défaite du Troisième Reich nazi. Les plus importantes et sanglantes batailles terrestres de la Seconde Guerre mondiale s’y déroulèrent. La convention de Genève n’y était pas appliquée et les prisonniers, maltraités et affamés, connurent des mortalités de masse. De 1941 à 1945, 80 % des pertes de la Wehrmacht sont subies sur le front russe [8].

L'opération Barbarossa est la plus grande invasion de l’histoire militaire en termes d’effectifs engagés et de pertes [9] : près de quatre millions de soldats de l’Axe pénètrent en Union soviétique. En plus des troupes, l’opération Barbarossa a mobilisé 600 000 véhicules et 600 000 chevaux. Cette invasion marque aussi un tournant dans la guerre, jusqu’alors encore assez localisée et européenne. Elle va bientôt embraser le monde entier.

La Wehrmacht possède une supériorité initiale considérable en hommes (de deux contre un au minimum) et en équipements. Elle est mieux organisée, bien mieux commandée et dispose, du moins jusqu’à la gigantesque bataille de Koursk de , d’une incontestable supériorité tactique. Elle bénéficie de l’effet de surprise. L’ Armée rouge, décapitée par les Grandes Purges, dispose cependant d’importantes réserves humaines et d’avantages matériels (base industrielle, armements). Après le choc initial, dès que soldats et populations réalisèrent que l’envahisseur ne serait pas un libérateur après vingt ans de répression sous la férule d’un État en guerre permanente contre sa propre société, l’éveil du patriotisme russe permettra à Staline de compter sur la troupe et le peuple pour sauver le régime en même temps que le pays. En ne laissant aux «  Untermenschen » d’autre alternative que la mort ou l’esclavage, le nazisme joua un rôle clé dans ce sursaut patriotique et dans le virage nationaliste du stalinisme. Par ailleurs, à l’arrière du front, les SS et les Einsatzgruppen massacrent un million de juifs et autant de civils slaves.

Comme en 1914 au début de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne entend agir rapidement : le plan Barbarossa fixe à quatre mois le délai nécessaire à l’anéantissement militaire de l’ Union soviétique. En pratique, l’opération Barbarossa dure de à janvier-, l’échec allemand de la bataille de Moscou achevant la première phase du conflit sur le front russe. Les « justifications » de cette invasion sont historiques (guerre de 14-18 qui a conduit au traité de Versailles, ressenti comme une humiliation par l’Allemagne de 1919), stratégiques (conquête rapide du cœur historique et économique russe comme levier de la domination globale du continent eurasiatique) et idéologiques (la mise en œuvre géopolitique des plans nazis pour la conquête d’un espace vital à l’Est : le Lebensraum).

Situation politique et diplomatique

La situation au printemps 1941 semble largement en faveur de l’ Axe. La France a été vaincue en quelques semaines, le corps expéditionnaire britannique a été défait. Une partie majeure de l’Europe est occupée. À l’Est, Hitler a mis en place des régimes alliés de gré ou de force : Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie. Seule la Grande-Bretagne, dirigée par Winston Churchill résiste encore au Troisième Reich, grâce à son insularité et à son empire, mais ne constitue pas une menace militaire terrestre significative.

En 1941, Hitler connaît les risques d’attaquer l’ Union soviétique, mais il sait aussi que l’ Armée rouge est désorganisée et profondément affaiblie par les Grandes Purges staliniennes. Même si les États-Unis penchent de plus en plus du côté des Alliés, ils sont encore éloignés de la guerre et déterminés à rester neutres, d’autant que beaucoup de citoyens sont de souche allemande ou italienne. Invaincue, la Wehrmacht fait figure de première armée du monde en 1941. La situation semble donc favorable à la conquête du «  Lebensraum » aux dépens de l’Union soviétique et au mépris du pacte germano-soviétique de 1939 qui, comme les accords de Munich de 1938, ne sont pour les nazis que des « chiffons de papier » ; ce qui ne les empêche pas de signer un pacte de non-agression avec la Turquie le pour sécuriser leur flanc sud et l’accès aux ressources pétrolifères du Caucase.

Montée de tensions

Dans les Balkans, l’ Occupation soviétique de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord en juin 1940, donne à l’Union soviétique le contrôle des bouches du Danube [10], mais fait définitivement tomber la Roumanie dans l’alliance allemande en octobre 1940 : le pays est occupé par la Wehrmacht [11]. Malgré ce contexte, l’URSS recherche, dans la tradition de la diplomatie russe du début du XXe siècle, un accord avec l’Italie [12] et même, pour contrer la mainmise progressive du Reich sur les Balkans [13], avec la Roumanie qu’elle venait d’amputer [14]. Dans la même logique, la diplomatie soviétique cherche aussi à ressusciter, malgré les réserves du roi et de ses proches, l’alliance historique avec la Bulgarie, dont la population affiche des sentiments pro-russes sincères [15] ; ainsi, en , la mission diplomatique soviétique dans les Balkans, menée par des officiers généraux soviétiques, insiste-t-elle auprès du roi Boris pour que ce dernier n’adhère pas au pacte tripartite [16].

Les Allemands, de leur côté, ne voient pas d’un bon œil les velléités soviétiques de prendre pied en Bulgarie et ne veulent à aucun prix remettre en cause leur suprématie sur le Danube, et tentent, lors du second arbitrage de Vienne, d’en faire un fleuve sous influence allemande exclusive [17]. Dans la foulée de l’arbitrage de Vienne, les Allemands avaient assuré aux Roumains, selon des renseignements transmis à Moscou, que la perte de la Bucovine et de la Bessarabie au profit de l’URSS était temporaire et réversible, ce qui ne manque pas d’inquiéter l’Union soviétique [17]. À l’automne 1940, celle-ci envahit des îles roumaines du delta du Danube, mais les bâtiments de guerre soviétiques affectés à cette mission essuient des tirs roumains et se retirent [14].

Le 12 novembre 1940, Viatcheslav Molotov part pour Berlin et y rencontre Hitler. Le Führer propose à Staline un partage du monde : il propose à l' Union soviétique de rejoindre l' alliance des trois nations, l' Allemagne, l' Italie et le Japon [18], [19]. Hitler propose aussi à Staline de se diriger vers l' océan Indien afin de laisser l'Union soviétique atteindre un port à eaux profondes sans problèmes de glaciation durant l'hiver. Le 25 novembre 1940, Viatcheslav Molotov répond à Hitler que l'Union soviétique est prête à rentrer dans l'union tripartie mais exige la région de Batoum et de Bakou, le retrait des armées allemandes en Finlande ainsi que la Bulgarie. Hitler ne répondit pas à cette proposition. L'objectif principal de la diplomatie allemande et cette tentative d'accord était d'inviter Staline à déplacer une partie de son armée en Asie centrale. Mais le but de l'Union soviétique était le détroit du Bosphore [20], [21] [réf. insuffisante].

Les derniers jours : le mois de juin 1941

Lors du déclenchement des opérations, il apparaît aux responsables soviétiques, l'ambassadeur en poste à Berlin, le ministre des Affaires étrangères, que la guerre n'a pas été voulue par les diplomates. En effet, autant Ribbentrop que Friedrich-Werner von der Schulenburg semblent désolés de devoir déclarer aux Soviétiques, non la guerre, mais que la situation créée par la politique soviétique et les mesures défensives soviétiques le long de la frontière, mettaient le Reich dans l'obligation d'engager les hostilités de manière préventive [22]. En effet, l'ambassadeur du Reich à Moscou doit remettre à Molotov, à quatre heures du matin, peu de temps après le déclenchement des hostilités, un rapport détaillé des prétendues violations soviétiques de l'accord de 1939 [17].

Dans d'autres langues
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