Opéra chinois

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Personnage féminin (dan) de l'opéra kunqu.

L'opéra chinois ou théâtre chanté traditionnel chinois 戲曲 xìqǔ est synonyme de théâtre chinois jusqu'au e siècle. Le 話劇 huaju est le théâtre parlé d'inspiration occidentale introduit au XXe siècle. Il existe une troisième forme de spectacle théâtral populaire, le quyi 曲藝, l'art des conteurs, des chanteurs et des bateleurs qui a souvent inspiré le xiqu. Le terme de xiju 戲劇 désigne le théâtre en général (xiqu et huaju) ; il se divise en plusieurs formes principalement marquées par leur origine géographique ou culturelle. La langue ou le dialecte et la forme de musique est la caractéristique principale qui différencie ces différentes formes d'opéra.

Le cinéma chinois a adapté plusieurs opéras au format cinématographique, l'opéra chinois étant comme le cinéma une forme d'art partagée par les classes populaires et les classes les plus aisées.

Origines religieuses

Costume d'opéra avec « manches aquatiques »

Le théâtre est d'apparition tardive en Chine (xiie siècle). Espace public quasi inexistant en raison d'un contrôle étroit de la vie sociale par l'État et défiance des penseurs pour l'art de la parole peuvent expliquer ce phénomène[1].

Les plus lointaines origines du théâtre en Chine seraient les cultes médiumniques de l'Antiquité. Les chamanes (en chinois wu (en)) mettaient en œuvre chant et danse, qui sont restés associés dans le théâtre, au cours de la transe. L'ancienne graphie du caractère wu serait la représentation d'une danseuse aux longues manches, les «  manches aquatiques (zh) » (shuixiu) du théâtre. D'anciennes formes théâtrales encore pratiquées à l'époque contemporaine, et dans lesquelles les acteurs sont des médiums, pourraient être la survivance de ces anciens cultes magico-religieux[2].

Avec l'apparition du théâtre, essentiellement profane, certaines pièces à caractère religieux étaient jouées à proximité des temples, dans le but d'attirer la protection des dieux[3] ou encore avec une fonction d'exorcisme. Des survivances en ont existé jusque dans les années 1950 (avec des reprises parfois depuis les années 1980) : le saixi (赛戏) dans les provinces du Shaanxi et du Shanxi, le nuoxi, ou « théâtre d'expulsion des pestilences », dans la province du Anhui, le dixi (zh) (« opéra du terroir ») dans la province de Guizhou en sont des exemples. Dans le nuoxi ou le dixi, les acteurs portent des masques. L'île de Taiwan a aussi conservé d'anciennes formes d'exorcisme, faisant appel à des acteurs de théâtre. L'une d'elles est une danse mettant en scène le personnage de Zhong Kui, personnage que l'on trouve aussi dans une pièce religieuse du théâtre de Chaozhou (en)[2].

Les représentations médiumniques ont été reprises sous formes de ballets, afin d'attirer le faste, à la cour ou chez les aristocrates[3]. On en donnait déjà sous la dynasties Han, avec jongleurs et acrobates. Le théâtre a conservé ces ballets dansés en certaines occasions afin d'attirer la bonne fortune sur les acteurs et les spectateurs[4].

Comme de nombreuses professions, les acteurs honoraient un dieu, censé être à l'origine du théâtre. Ce dieu était généralement Laolangshen (zh). Il a été assimilé a divers personnages : l'empereur Minghuang des Tang, fondateur du Jardin des poiriers (en) ou le dieu Erlang (en) par exemple[5].

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