Offensive Broussilov

Offensive Broussilov
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Avance pendant l'offensive Broussilov.
Informations générales
Date4 juin - 20 septembre 1916
LieuVolhynie, Ukraine
IssueVictoire russe
Belligérants
Drapeau de l'Empire russe Empire russeDrapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Commandants
Drapeau de l'Empire russe Alexeï Broussilov
Drapeau de l'Empire russe Leonid Lech (en)
Drapeau de l'Empire russe Vladimir Sakharov
Drapeau de l'Empire russe Dmitri Chtcherbatchiov
Drapeau de l'Empire russe Platon Letchitski
Drapeau de l'Empire russe Andreï Selivanov
Drapeau de l'Empire russe Alexeï Kaledine
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Conrad von Hötzendorf
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Joseph-Ferdinand de Habsbourg-Toscane
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Karl Tersztyánszky von Nádas (de)
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Eduard von Böhm-Ermolli
Drapeau de l'Allemagne Alexander von Linsingen
Drapeau de l'Allemagne Felix von Bothmer
Drapeau de l'Empire ottoman Yakub Chevki Pacha
Forces en présence
40 divisions d'infanterie (573 000 hommes)
15 divisions de cavalerie (60 000 hommes)
39 divisions d'infanterie (437 000 hommes)
10 divisions de cavalerie (30 000 hommes)
Pertes
Empire russe :
440 000 morts ou blessés
60 000 prisonniers

500 000[1] - 1 000 000[2] toutes pertes confondues



Total : 500 000 à 1 000 000 victimes
Autriche-Hongrie :
200 000-567 000 morts ou blessés
400 000-408 000 prisonniers

600 000-975 000 toutes pertes confondues



Empire allemand :
350 000 toutes pertes confondues[3],[1]



Empire ottoman :
12 000 toutes pertes confondues[4]



Total: 962 000 à 1 337 000 victimes

Première Guerre mondiale

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L’offensive Broussilov est le nom d'une opération militaire russe d'envergure conduite par le général Alexeï Broussilov en .

Le , sur le front est de la Première Guerre mondiale, les forces russes conduites par le général Broussilov, commandant en chef du front sud-ouest, lancent une grande offensive contre les armées allemandes et austro-hongroises en Pologne et en Autriche-Hongrie. Cette offensive, initialement prévue le , est avancée pour soulager l'Italie de la pression austro-hongroise, le haut commandement italien ayant demandé l'intervention des Russes.

L'attaque russe était prévue pour coïncider avec l'assaut britannique dans la Somme, sur le front occidental. Les attaques russe et britannique avaient pour objectif de soulager une partie de la pression exercée sur les Français à Verdun.

L'offensive Broussilov, par l'ampleur des pertes constatées (entre 1,5 million et 2,3 millions de victimes) :

  • entre 1,0 million et 1,9 million de morts et blessés ;
  • environ 450 000 prisonniers,

constitue la bataille la plus destructrice en vies humaines de la Première Guerre mondiale tous fronts confondus, devant la Somme et Verdun.

Contexte

Le commandement germano-austro-hongrois

Depuis la fin de l'année 1915, l'imbrication croissante des unités allemandes et austro-hongroises crée les conditions d'un commandement centralisé des Empires centraux à l'échelle de la totalité du front.

Ainsi, la double monarchie fournit la majorité des troupes déployées en Galicie mais ces unités sont placée sous un commandement conjoint[5]. La réalité du commandement est assuré par l'Allemand Alexander von Linsingen, assisté d'un état-major composé d'Allemands et d'Austro-hongrois, ce qui occasionne des tensions, les Allemands reprochant aux officiers de la double monarchie leur amateurisme, tandis que les Austro-Hongrois se plaignent du mépris des Allemands à leur égard[6].

Au début de l'été 1916, le commandement austro-hongrois affirme, par la voix du chef d'état-major Franz Conrad von Hötzendorf, ne pas croire à la possibilité d'une attaque russe, au vu des défaites essuyées par l'armée russe, la rendant inapte à toute action offensive jusqu'au moment de l'offensive austro-allemande, selon ses propres mots[5].

La Russie et l'Entente au début de l'année 1916

Après les échecs essuyés par l'Entente en 1915, les Alliés décident, au mois de décembre, lors des conférences de Chantilly, de lancer des offensives conjointes sur l'ensemble des fronts, afin de rendre plus difficile pour les puissances centrales le transfert d'unités d'un front à l'autre[7].

Au mois de , l'offensive russe du lac Narotch contre les Allemands, aux confins de la Lituanie et de la Biélorussie, est un échec[5]. L'armée russe, encore mal remise de la Grande Retraite de 1915 en Pologne, est obligée d'attendre l'été avant d'attaquer[8]. Elle bénéficie cependant d'un effort de réarmement intensif : la production russe d'obus est multipliée par 8 par rapport à 1914, à quoi s'ajoutent les livraisons des pays de l'Entente arrivant par le Transsibérien[9]. Les artilleurs russes, formés et équipés par la France, ont considérablement amélioré leurs performances[10].

Les Italiens comme les Français, confrontés aux attaques majeures des Empires centraux dans le Trentin et à Verdun, demandent à la Russie d'accélérer son offensive afin de soulager leurs fronts menacés[5]. Jusqu'à la fin du printemps 1916, une guerre d'escarmouches se déroule le long du front de l'Est, les deux adversaires ayant fortifié leurs lignes respectives[6].

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