Néo-conservatisme

Le néo-conservatisme ou néoconservatisme est un courant de pensée politique d'origine américaine apparu à la fin du e siècle.

Il s'agit d'une conception qui a émergé aux États-Unis par opposition au relativisme culturel et à la contre-culture de la Nouvelle gauche (« New Left ») des années 1960. Cette philosophie a influencé les politiques menées par George W. Bush, signifiant un réalignement de la politique américaine, et le passage de quelques libéraux sociaux à la droite du spectre politique, d'où le terme qui fait référence aux « nouveaux » conservateurs[1],[2].

Les premiers écrits du courant néo-conservateur sont apparus dans le mensuel juif new-yorkais Commentary, publié par l'American Jewish Committee[3],[4].

À l'origine, le terme néo-conservateur était utilisé pour critiquer ces sociaux-libéraux initialement proches du parti démocrate mais qui se rapprochèrent du Parti républicain, assimilés à des renégats[5],[6]. Michael Harrington, un social-démocrate, a forgé l'usage du mot néo-conservateur en 1973 dans Dissent, un magazine sur les politiques de protection sociale[7]. Le premier théoricien néo-conservateur à avoir adopté ce mot et qui est considéré comme le fondateur de cette idéologie est Irving Kristol[8], père de William Kristol et fondateur du think-tank « néo-conservateur » Project for the New American Century. Irving Kristol a été un militant trotskyste actif pendant sa jeunesse et a exposé ses vues néoconservatrices en 1979 dans l'article Confessions of a True, Self-Confessed 'Neoconservative'.[5] Les idées de Kristol sont influentes depuis les années 1950 quand il a cofondé et édité le magazine Encounter[9]. Un autre idéologue de ce mouvement était Norman Podhoretz, éditeur au magazine Commentary de 1960 à 1995. En 1982, Podhoretz se désignait déjà comme un néo-conservateur dans un article du New York Times Magazine intitulé The Neoconservative Anguish over Reagan's Foreign Policy[10],[11]. Selon E. J. Dionne (en), le néo-conservatisme est né sur le principe que le social-libéralisme a échoué[1].

L'influence néo-conservatrice s'est manifestée avec la doctrine Reagan guidée par l'anticommunisme et l'opposition à l'influence mondiale de l'URSS mais elle a atteint son apogée ultérieurement avec la doctrine Bush d'exportation de la démocratie si besoin par l'invasion militaire.

Les journaux néo-conservateurs prééminents sont Commentary et The Weekly Standard. Il existe aussi des cercles de réflexion néo-conservateurs sur la politique étrangère dont American Enterprise Institute (AEI), le The Heritage Foundation, JINSA (Jewish Institute for National Security Affairs) et enfin Project for the New American Century (PNAC).

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