Monica Seles

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Monica Seles
Image illustrative de l'article Monica Seles
Monica Seles lors d'une exhibition ( La Nouvelle-Orléans – 2007)
Carrière professionnelle
1988 – 2003 [a]
Nationalité Drapeau : République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie (socialiste)
Drapeau : République fédérale de Yougoslavie Yougoslavie (fédérale)
Drapeau des États-Unis  États-Unis
Naissance (43 ans)
Drapeau : République fédérative socialiste de Yougoslavie Novi Sad
Taille / poids 1,78  m (5  10 ) / n/a [1]
Prise de raquette Gauchère, revers et coup droit à deux mains
Entraîneurs Károly Seles (1979-1998)
Nick Bollettieri (1986-1990) [2]
Michael Sell (2001-2002)
Gains en tournois 14 891 762 $
Hall of Fame Membre depuis 2009
Palmarès
En simple
Titres 53
Finales perdues 32
Meilleur classement 1re (11-03-1991)
En double
Titres 6
Finales perdues 3
Meilleur classement 16e (22-04-1991)
Meilleurs résultats en Grand Chelem
Aust. R-G. Wim. US.
Simple V (4) V (3) F (1) V (2)
Double 1/2 1/8 1/4 1/4
Médailles olympiques
Simple 1
Titres par équipe nationale
Fed Cup 3 (1996, 1999 [b], 2000)

Monica Seles, née le à Novi Sad, est une joueuse de tennis de l'ex- Yougoslavie, naturalisée américaine en 1994.

Considérée comme la première cogneuse de l'histoire de son sport, elle gagne le tournoi de Roland-Garros en 1990, à 16 ans et demi : un exploit inégalé sur la terre battue parisienne. En mars 1991, elle devient à l'époque la plus jeune numéro un mondiale au classement WTA et, pendant deux ans, interrompt le long règne de sa rivale Steffi Graf. Avant son vingtième anniversaire, elle décroche huit titres du Grand Chelem, remportant ainsi chacun des tournois qui le composent — à l'exception de Wimbledon.

Sa chasse aux records s'arrête net en avril 1993 quand, en plein match à Hambourg, un spectateur la poignarde dans le dos.

De retour à la compétition en août 1995, Seles ajoute l' Open d'Australie à son palmarès en janvier 1996, puis se maintient parmi l'élite. Elle ne retrouve toutefois jamais la plénitude de ses moyens, concurrencée par une nouvelle génération de joueuses plus athlétiques. En février 2008, après cinq saisons d'inactivité pour cause de blessure au pied, elle officialise sa retraite sportive à l'âge de 34 ans.

Monica Seles, qui jouait revers et coup droit à deux mains, est restée célèbre auprès du public pour les cris qu'elle avait coutume de pousser sur le court au moment de frapper la balle.

Carrière

L'enfance

Monica Seles [c] est la fille cadette d'une famille hongroise de Serbie vivant à Novi Sad, en Yougoslavie [d]. À l'âge de 5 ans [e], en vacances au bord de la mer Adriatique, elle s'initie au tennis en voulant imiter son frère aîné Zoltán, lui-même joueur junior émérite. Parce qu'elle trouve sa raquette trop lourde à porter, la jeune gauchère prend l'habitude de la tenir à deux mains, en revers comme en coup droit : cette technique rare [f], dont elle ne se départira plus, restera l'une des principales singularités de son jeu.

De retour à la maison, son père Károly, ancien athlète de triple saut [3], bricole un court de tennis devant l'immeuble familial et s'improvise son professeur. Pour aiguiser sa férocité, il griffonne de petits Tom et Jerry sur les balles et lui recommande de taper dedans aussi vite et aussi fort que possible, en visant les lignes [4], [5].

La fillette de 9 ans écume les compétitions locales sans savoir compter les points — « Je gagne ? » demande-t-elle pendant les matchs [6]. À 10 ans, elle devient championne d'Europe des moins de 12 ans [7] et la une d'un quotidien national la promeut « sportive yougoslave de l'année ». En 1985, elle remporte l' Orange Bowl [8] en Floride. Repérée par l'entraîneur Nick Bollettieri, elle rejoint en 1986 l'académie de ce dernier à Bradenton ; elle se livre là, pendant deux années, à un entraînement très intensif, croisant le fer avec le Kid Andre Agassi [2].

1988-1990 : une ascension fulgurante

Monica Seles fait son galop d'essai sur le circuit WTA (Women's Tennis Association) à 14 ans, le 1988 à Boca Raton. Au premier tour, elle élimine Helen Kelesi (31e mondiale) [9] et stupéfait les esprits par la puissance de ses frappes et par les grunts (« rugissements ») dont elle les accompagne. Campée sur sa ligne de fond, ses accélérations des deux côtés, retours de service et passing-shots foudroyants font en particulier sensation [10].

1989 marque ses débuts à plein temps dans le grand bain des joueuses professionnelles. Le , elle gagne son premier titre à Houston face à la vétérane Chris Evert [11].

Le monde entier découvre l'adolescente un mois plus tard à Roland-Garros quand elle offre des fleurs au public en pénétrant sur le court central ; Zina Garrison, au troisième tour, n'apprécie guère le geste [12]. En demi-finale, alors qu'elle n'est pas tête de série, elle accule l'invincible Steffi Graf dans un troisième set [13] qui scelle le préambule d' une des plus grandes rivalités de l'histoire du tennis féminin. À Wimbledon et à l' US Open, la championne est sèchement renvoyée à ses études, respectivement par Graf [14] et Evert [15]. Elle accède au top 10 du classement WTA le , à 15 ans et 9 mois [g].

Seles plaque l'académie Bollettieri en mars 1990, après que son père a reproché à l'entraîneur son supposé manque de dévouement [2]. Le printemps la voit rafler cinq tournois d'affilée [16], [17], [18], [19], [20]. Martina Navrátilová, expédiée en cinquante minutes en finale des Internationaux d'Italie, résume son effarement en conférence de presse [19] : « J'ai l'impression d'avoir été renversée par un camion. » À Berlin, Seles met fin, en deux sets, à une série de 66 victoires consécutives de Steffi Graf [20].

Le , la jeune Yougoslave triomphe à Roland-Garros contre la même Graf [21]. Elle a 16 ans et demi : un exploit inégalé sur la terre battue parisienne [22].

Si les mois suivants sont plus inconstants — à Wimbledon [23] ou à l'US Open [24] —, elle domine Gabriela Sabatini aux Masters de novembre, à l'occasion du premier match de l' ère Open jamais tenu par des femmes en cinq manches [25]. Numéro deux mondiale à l'issue de la saison, elle est désignée «  joueuse ayant le plus progressé » par les instances de la WTA [26].

1991-1992 : l'hégémonie

Photo de Monica Seles en 1991 lors du tournoi de San Antonio. La joueuse serre une enveloppe dans les mains et sourit.
Monica Seles ( San Antonio – 1991)

1991 est l'année de la consécration.

En janvier, à l' Open d'Australie, Monica Seles sauve une balle de match en demi-finale [27], puis s'adjuge l'épreuve en trois sets face à Jana Novotná [28]. Le [26], elle devient, à 17 ans, 3 mois et 9 jours, la plus jeune numéro un mondiale au classement WTA [29] depuis Tracy Austin en avril 1980 [h], [26]. Après avoir conservé son titre porte d'Auteuil contre Arantxa Sánchez Vicario en juin [30], elle déclare forfait à Wimbledon et « disparaît » sans donner d'explications. Son silence médiatique alimente des rumeurs extravagantes, notamment qu'elle serait enceinte [31], et lui coûte une amende de 6 000 dollars de la part de la WTA [32]. Elle reçoit, quelques semaines plus tard, une autre pénalité de 20 000 dollars pour avoir participé à une lucrative exhibition dans le New Jersey et porté préjudice à une compétition officielle se déroulant à proximité [33]. La Fédération internationale de tennis lui interdit de paraître aux Jeux olympiques de Barcelone qui se tiennent l'année suivante ( voir ci-après), tandis que, deux fois en août, Graf lui subtilise sa place de numéro un [26]. Remise de ces mésaventures [34], Seles assoit son emprise à l'US Open, réalisant par la même occasion le petit Chelem : en demi-finale, elle écarte de justesse la jeune prodige Jennifer Capriati, comme elle une puncheuse [35] ; puis elle dispose de Martina Navrátilová, de dix-sept ans son aînée [i], [36]. Aux Masters, elle bat à nouveau Navrátilová [37] et devient, fin 1991, la sportive la mieux payée de tous les temps [26].

En défendant avec succès ses trois titres du Grand Chelem, Monica Seles accomplit une saison 1992 en tout point comparable à la précédente.

Elle obtient d'abord une victoire facile à Melbourne [38]. Elle arrache ensuite son troisième French Open consécutif [j] au terme d'une finale d'anthologie contre Steffi Graf — 10-8 dans le set décisif [39]. En juillet à Wimbledon, les plaintes de ses adversaires [k] et les moqueries des tabloïds anglais [l], [40] la contraignent à disputer sa finale sans émettre le moindre cri. Entre deux averses, Graf prend une cinglante revanche [41] et prive la Yougoslave de ses rêves de Grand Chelem. Seles, quoique pétrie de regrets [5], [42] se rattrape en septembre à Flushing Meadows, qu'elle empoche, malade, en égarant 27 jeux sur sa route [43]. En novembre, elle gagne ses troisièmes Masters [44] et est élue «  championne du monde » par la FIT, «  joueuse de l'année » par la WTA [26] et «  sportive de l'année » par l'agence Associated Press.

À la ville, la «  Madonna du tennis [45] » se plaît à entretenir l'image d'une fashion victim américanisée [45], désireuse de « faire du cinéma à 25 ans [45] » tout en revendiquant la parité salariale sur le circuit professionnel [46].

1993 : l'agression de Hambourg

Article connexe : Agression de Monica Seles.

1993 s'ouvre sur des bases similaires quand, avec un service perfectionné [47], Monica Seles s'empare de son troisième Open d'Australie de suite, une nouvelle fois de haute lutte face à Graf [48] : c'est son huitième trophée du Grand Chelem à 19 ans. Nulle autre joueuse ne s'est jamais constitué pareil palmarès aussi précocement [m]. Dans la foulée, elle gagne à Chicago [49] et atteint la finale au Zénith de Paris [50].

Sa suprématie s'interrompt le lors du tournoi de Hambourg, épreuve où Seles s'est inscrite à la hâte après deux mois de grippe et de repos forcé [51]. À un changement de côté, tandis qu'elle mène son quart de finale contre Magdalena Maleeva sur le court central, un spectateur ( Günter Parche) franchit les barrières de sécurité et lui plante un couteau dans le dos [52]. Sitôt hospitalisée, elle reçoit deux jours plus tard la visite de Steffi Graf, qui reste à son chevet « quelques minutes » sans parvenir à la consoler [53].

L'Allemande, en l'absence de Seles [54], s'impose le à Roland-Garros [55]. Le surlendemain, au bénéfice de cette victoire, elle lui ravit son fauteuil de numéro un mondiale [56] pour ne quasiment plus le quitter jusqu'en mars 1997.

Soignée dans une clinique du Colorado [57], Seles déclare forfait à Wimbledon [58] et recourt aux conseils d'un entraîneur d' athlétisme réputé, Bob Kersee [59], pour hâter sa convalescence. Mais si la cicatrice est superficielle [60], le traumatisme psychologique se révèle profond [61]. Elle est en outre désabusée par le refus de ses pairs, hormis Sabatini [62], de voter le maintien de son classement [63], puis par la condamnation trop clémente, à ses yeux, de Parche — prison avec sursis [64]. Ses commanditaires rompent un à un leurs engagements [65] ; son père et mentor est opéré d'un cancer à l'estomac en décembre 1993 [66].

En proie à des troubles alimentaires compulsifs [1], elle vit retranchée dans sa résidence floridienne de Sarasota et laisse planer le mystère quant à la date de son retour [67]. Au pire de sa dépression, son poids culmine à 80 kilos [1].

Le à Miami, elle acquiert la citoyenneté américaine [68]. Plus jamais elle ne retournera dans un pays germanophone [69].

1995-2003 : retour et désillusions

Photo des tenue et raquette de Seles à son retour en 1995. Polo blanc dédicacé, jupe à carreaux bleu marine et blanc.
Tenue et raquette de Seles à son retour ( US Open – 1995)

Alors que la presse déplore le cavalier seul de Steffi Graf [70], Monica Seles effectue son retour sur les courts le 1995. À Atlantic City, elle dispute une exhibition très médiatisée contre Navrátilová [71]. En marge de cet événement, après des réticences [72], la WTA lui octroie exceptionnellement la place de « co-numéro un mondiale » [n], [73]. Elle honore cette faveur en gagnant d'entrée l' Open de Toronto, sans perdre un set [74]. Puis, sous le feu des projecteurs [75], elle échoue en finale de l'US Open, dans un match à suspense contre sa rivale Steffi Graf [76].

Elle reçoit de la WTA, fin 1995, le titre honorifique de «  comeback de l'année » [26].

En janvier 1996, elle remporte le tournoi de Sydney [77] avant de décrocher les Internationaux d'Australie aux dépens d' Anke Huber [78], son ultime sacre dans un des quatre Majeurs. Elle publie la même année une autobiographie : From Fear to Victory — littéralement : « de la peur à la victoire ».

Redevenue l'une des toutes meilleures, Seles gagne en sympathie auprès du public [79], mais échoue par la suite à reconquérir son autorité [80]. Victime de blessures à répétition et sujette à l'embonpoint [1], ses progrès au service et à la volée ne lui évitent pas des contre-performances [81]. Graf la surclasse régulièrement, par exemple à l'US Open 1996 [82]. En de maintes occasions, la talentueuse Martina Hingis lui barre la route [83], [84], [85], [86], [87], lui infligeant même un double 6-0 en mars 2000 [88]. Lindsay Davenport [89], [90], les sœurs Venus [91], [92], [93] et Serena Williams [94], voire Mary Pierce [95], plus athlétiques, la dominent aussi en puissance.

Seles moissonne six de ses dix derniers titres dans des tournois mineurs, dits « tier III » [96], [97], [98] ou « tier IV » [99].

Elle signe son dernier coup d'éclat en juin 1998, trois semaines après la mort de son père [100], en se hissant en finale à Roland-Garros. De noir vêtue et sans préparation, elle étrille la favorite Hingis en demi [101], mais rend les armes contre Arantxa Sánchez Vicario à la conclusion [102].

En dix-sept tentatives supplémentaires, Monica Seles n'atteint plus qu'à trois reprises les demi-finales en Grand Chelem, à Roland-Garros ( 1999 [103]) et à l'Open d'Australie (1999 [85], 2002 [87]). Dix autres fois, elle tombe au stade des quarts de finale, dont quatre à l'US Open.

Le 2003, handicapée au pied gauche par une fracture de stress [104], elle est sortie sans ménagement au premier tour des Internationaux de France par Nadia Petrova [105]. Cette élimination prématurée [o] demeure sa dernière prestation officielle en compétition.

2004-2008 : une retraite sportive longtemps différée

Photo de Monica Seles pendant l'US Open en 2005. La joueuse, micro à la main, répond à une interview.
Seles interviewée ( US Open – 2005)

De 2004 à 2007, Monica Seles s'illustre dans une série de matchs de gala [p] et, à intervalles sporadiques, envisage un retour sur le circuit WTA [106] ou en Fed Cup [107]. Le , elle émet auprès du Los Angeles Times son souhait de s'aligner dans « plusieurs tournois » en 2008 [108].

Toujours en délicatesse avec son pied, elle ne concrétise toutefois pas ses projets et, dans un communiqué de presse du , finit par confirmer sa retraite sportive définitive [109]. Elle précise quelques années plus tard avoir essayé de revenir « pendant longtemps », mais qu'elle avait dû capituler parce qu'elle avait « payé à partir de 30 ans le prix d'avoir joué sept ou huit heures par jour au tennis depuis l'âge de 7 ans », et qu'elle était « fatiguée » [110].

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