Max Weber

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Max Weber
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Max Weber en 1894
Naissance
Erfurt, Drapeau de la Confédération germanique  Confédération germanique
Décès (à 56 ans)
Munich, Drapeau de la  République de Weimar  République de Weimar
Nationalité Allemande
Profession

Max Weber, né le et mort le , est un économiste et sociologue allemand originellement formé en droit.

Considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie, ses interrogations portent sur les changements opérés sur la société avec l'entrée dans la modernité. On lui doit notamment des analyses complexes du capitalisme industriel, de la bureaucratie et du processus de rationalisation en Occident.

Contrairement à Émile Durkheim, considéré lui aussi comme un père de la sociologie, Weber a peu enseigné et n'a pas fait école de son vivant. Et à la différence de Karl Marx, il aborde le capitalisme non pas « de l'extérieur » (en analysant ses composantes économiques) mais « de l'intérieur », en passant au crible les motivations de ses promoteurs et en recourant pour cela à une méthode qu'il qualifie de «  compréhensive ». Selon lui, avant de devenir un système économique, le capitalisme est une éthique. C'est pourquoi, estime-t-il, pour analyser ce système, il importe d'étudier d'abord cette éthique, qu'il appelle «  l'esprit du capitalisme ».

En marge de son travail de recherche, Weber s'est engagé dans l' action politique, contribuant notamment à la rédaction de la Constitution de la République de Weimar en 1919.

Après sa mort, son épouse, née Marianne Schnitger, également sociologue et connue pour ses positions féministes, a fait publier ses derniers manuscrits. N'ayant été traduite en France qu'à partir de 1959, son œuvre bénéficie aujourd'hui d'une réputation internationale.

Introduction

Max Weber est considéré comme le fondateur de la sociologie compréhensive. Celle-ci est une méthode qui pose le sens subjectif des conduites des acteurs comme le fondement de l' action sociale. Centrée sur les individus et leurs motivations, elle est notamment explicitée dans L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, qui réunit deux articles datant de 1904 et 1905. Weber y analyse l'incidence des facteurs religieux dans le processus de rationalisation, plus précisément les effets de la réforme protestante sur l' activité économique capitaliste. L'ouvrage est devenu depuis une référence majeure dans le monde de la sociologie.

L'œuvre de Weber est guidée par une recherche sur la rationalité et plus spécifiquement sur le processus de rationalisation de l'action pratique, considérée comme caractéristique fondamentale de la modernité. Weber postule que l' Occident est marqué par l'extension d'un type particulier de rationalité - la rationalité en finalité - à l'ensemble des actions sociales. Et il voit dans ce processus une cause majeure du déploiement du capitalisme et de ses principales composantes, l' industrialisation et la bureaucratie. L'originalité de son approche est de postuler que le protestantisme a contribué de façon majeure et décisive à la rationalisation du monde:

« Ce qui importe donc, en premier lieu, c'est de reconnaître et d'expliquer dans sa genèse la particularité du rationalisme occidental […]. L'apparition du rationalisme économique […] dépend de la capacité et de la disposition des hommes à adopter des formes déterminées d'une conduite de vie caractérisée par un rationalisme pratique. Là où une telle conduite de vie a rencontré des entraves d'ordre psychique, le développement d'une conduite de vie rationnelle dans le domaine économique a rencontré, lui aussi, de fortes résistances intérieures. Or, parmi les éléments les plus importants qui ont façonné la conduite de vie, on trouve toujours, dans le passé, les puissances magiques et religieuses ainsi que les idées éthiques de devoir qui sont ancrées dans la croyance en ces puissances [1]. »

Weber s'intéresse aussi aux autres religions du monde, faisant ressortir dans une série d'études comparatives (Confucianisme et taoïsme, Hindouisme et bouddhisme, Le judaïsme antique) la spécificité du processus de rationalisation qui caractérise le monde occidental et, surtout, l'influence du protestantisme sur celui-ci. Et il étend sa réflexion de la rationalité à d'autres objets d'étude, notamment la domination, l' État, le droit et la sociologie de la musique.

Réception de son œuvre

La réception de l'œuvre de Max Weber n'a été que progressive, particulièrement en France. Sa stature ne s'impose, en Allemagne, qu'une dizaine d'années après sa mort, de même qu'aux États-Unis, notamment grâce au sociologue Talcott Parsons qui s'inspire de Weber dans sa théorisation de l'action sociale et qui traduit L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme en anglais.

En France, la domination de l'école durkheimienne avant guerre [Laquelle ?], puis la prégnance de la pensée marxiste après guerre permettent d'expliquer la lenteur de la réception d'une œuvre qui était, pour une large part, en opposition avec ces deux courants de pensée. C'est essentiellement à Raymond Aron que l'on doit (en majeure partie grâce à son ouvrage La sociologie allemande contemporaine paru en 1935) la découverte, en France, de Max Weber. Depuis, l'œuvre weberienne n'a cessé d'exercer son influence sur l'ensemble de la sociologie française : ainsi, des figures aussi opposées que celle de Raymond Boudon et de Pierre Bourdieu s'en réclament. Les traductions françaises, longtemps lacunaires et de mauvaise qualité, ont connu, depuis une dizaine d'années, un fort développement, notamment sous l'impulsion du traducteur Jean-Pierre Grossein qui a proposé, en 2003, une nouvelle traduction de L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme. On peut voir, dans cette activité éditoriale, l'importance toujours croissante et l'actualité jamais démentie d'une pensée sociologique de premier plan.

Influences philosophiques

La philosophie contemporaine, notamment l' École de Francfort, a été marquée par sa caractérisation de la modernité comme rationalisation de la vie.

Par les travaux de Catherine Colliot-Thélène, les lectures de Weber ne sont plus perçues comme anti-Marx. On sait que Weber a en effet lu Marx. Dans son Max Weber et l’histoire, elle cite entre autres une confidence faite par Max Weber peu avant sa mort à un de ses amis : « La sincérité d’un intellectuel aujourd’hui, singulièrement d’un philosophe, peut se mesurer à la façon dont il se situe par rapport à Nietzsche et à Marx. Celui qui ne reconnaît pas que sans le travail de ces deux auteurs, il n’aurait pu mener à bien une grande partie de son travail se dupe lui-même et dupe les autres. Le monde intellectuel dans lequel nous vivons a été en grande partie formé par Marx et Nietzsche. ». Le chapitre 2 de cet ouvrage fait le point sur « Max Weber et le marxisme ». On trouve déjà chez Bourdieu cette idée que Weber peut être lu comme une prolongation de Marx [2].

Sa sociologie politique, en particulier sa définition de l'État moderne comme groupement politique détenant le monopole de la violence physique légitime, exerce toujours une influence considérable sur la pensée politique moderne.

La bureaucratie

On doit à Max Weber la mise en évidence de la bureaucratie comme forme d'organisation sociale.

Article détaillé : Bureaucratie.
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