Maurice Constantin-Weyer

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Maurice Constantin-Weyer
Bourbonne-les-Bains en 2013 17.jpg

Maison de naissance à Bourbonne-les-Bains.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
Vichy Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Maurice Constantin Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinctions
Œuvres réputées

Maurice Constantin-Weyer (, Bourbonne-les-Bains - , Vichy [1]) est un écrivain français. Né sous le seul patronyme de Constantin, il ajoutera le nom de sa deuxième femme et signera toutes ses œuvres Maurice Constantin-Weyer.

Romancier, biographe et essayiste, il a vécu dix ans dans l'Ouest du Canada entre 1904 et 1914 et cette période aventureuse de sa vie a nourri une grande partie de son œuvre ultérieure écrite en France entre 1920 et 1950. Maurice Constantin-Weyer est un écrivain à succès connu surtout pour ses romans d'aventures dont le plus emblématique est Un homme se penche sur son passé, couronné par le Prix Goncourt en 1928, et dont l'action se situe dans les grands espaces de la Prairie du Manitoba et du Nord canadien au début du XXe siècle.

Biographie

Au gré des différents postes occupés par le père journaliste, la famille Constantin quitte Bourbonne-les-Bains et s'installe dans une autre ville de Haute-Marne à Langres en 1886, puis déménage à Avignon en 1895 (où le père meurt en 1897) avant de gagner Paris en 1898 puis le Vaucluse en 1903 où se retrouveront en 1919 tous les membres de la famille après une expérience infructueuse d'installation au Canada.

Maurice est un moment pensionnaire au collège Stanislas à Paris avant de fréquenter le collège Saint-Joseph à Avignon jusqu'à son baccalauréat obtenu en 1897. Intéressé par les sciences, il rencontre à 16 ans l' entomologiste Jean-Henri Fabre installé dans le Vaucluse à Sérignan-du-Comtat et s'inscrit en sciences/médecine à la Sorbonne à Paris en 1898. Il abandonne cependant ses études pour effectuer son service militaire en 1901 à Toul.

En 1904, tenté par l'aventure, il part pour le Manitoba dans l'ouest du Canada avec son ami le peintre Raoul Devillario, et acquiert des terres isolées sur le territoire de la petite ville rurale de Saint-Claude, principalement peuplée de colons français. En 1905, sa mère et sa sœur le rejoignent, cette dernière épouse l'ami Raoul Devillario, et en 1907 Maurice Constantin prend la nationalité canadienne. L'agriculture n'est pas sa vocation et il fait faillite après deux ans seulement, mais il reste dans la région où il épouse en 1910 une jeune métisse, Dinah Proulx ; ils auront trois enfants avant de divorcer quelques années plus tard [2]. Deux enfants survivront et seront ramenés en France par leur grand-mère et leur tante en 1919 [3].

Maurice Constantin (-Weyer) survit assez misérablement en faisant de multiples métiers comme journalier, trappeur, bûcheron, contrebandier de chevaux ou marchand de fourrures. Cette vie d'aventure dans la nature canadienne, qu'il s'agisse de la Prairie ou du Grand nord, nourrira son inspiration future tout comme les individus et les groupes ethniques (colons français et anglais, Indiens, métis) qu'il côtoiera dans son épopée canadienne et qu'on retrouve dans 13 romans comme Vers l'ouest, 1921, La bourrasque (1925), ou Un homme se penche sur son passé (1928).

Il rentre en France en août 1914 pour participer comme volontaire à la guerre qui vient de commencer. Il est nommé sous-lieutenant en février 1915 puis lieutenant en 1916 et combat entre autres sur le front de Champagne et à Verdun : il est plusieurs fois décoré pour sa bravoure (médaille militaire, la croix du combattant, médaille de Verdun, médaille interalliés, chevalier et plus tard officier de la Légion d'honneur) et rejoint en janvier 1917 le front d'Orient à Salonique [4]. Nommé capitaine, il est blessé très grièvement le 10 mai 1917 ; rapatrié en France, il est hospitalisé pendant dix mois à Paris où il fait la connaissance d'une infirmière vichyssoise, Germaine Weyer, cousine de Valery Larbaud [5]. Il l'épouse à Vichy en 1920 et ils auront deux enfants. Il porte désormais le nom de sa femme accolé au sien : c'est sous le nom de Maurice Constantin-Weyer qu'il publie la totalité de son œuvre.

Après la guerre il s'oriente vers le journalisme et devient directeur du journal Paris-Centre à Nevers, puis rédacteur en chef du Journal du Centre et de l'Ouest à Poitiers. À partir de 1931, après le grand succès de son roman Un homme se penche sur son passé, Prix Goncourt 1928, il se consacre au métier d'écrivain en vivant à Orléans avant de s'établir définitivement à Vichy en 1939. Membre cofondateur de l'Académie du Vernet (en 1947), il en sera le premier président (1948-1949). Il meurt à Vichy le 22 octobre 1964 et est enterré dans le cimetière de Creuzier-le-Vieux, auprès de son épouse.

Maurice Constantin-Weyer était aussi un peintre amateur de talent, créateur d' aquarelles et de croquis (ses aquarelles lui servaient à mémoriser « l'ambiance et le cadre » de ses récits [6].