Louis-Philippe d'Orléans (1747-1793)

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Louis-Philippe d’Orléans
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Le duc d’Orléans par Antoine-François Callet.
Fonctions militaires
Faits d’armes Bataille d’Ouessant
Conflit Guerre d’indépendance des États-Unis
Biographie
Titulature Premier prince du sang
Duc de Chartres
Duc d'Orléans
Dynastie Maison d’Orléans
Nom de naissance Louis-Philippe Joseph d’Orléans
Surnom « Philippe Égalité »
Naissance
Saint-Cloud ( France)
Décès (à 46 ans)
Paris ( France)
Sépulture Cimetière de la Madeleine
Père Louis-Philippe d’Orléans
Mère Louise-Henriette de Bourbon
Conjoint Marie-Adélaïde de Bourbon
Liaisons Félicité de Genlis
Marguerite-Françoise Bouvier de la Mothe de Cepoy
Enfants Louis-Philippe d’Orléans Roi des Français
Antoine d’Orléans
Adélaïde d’Orléans
Louis-Charles d’Orléans
Religion Catholicisme romain

Signature

Signature de Louis-Philippe d’Orléans
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Louis-Philippe d’Orléans, duc de Chartres, puis duc d’Orléans (1785-1793), dit Philippe Égalité après 1792, est un prince du sang français né au château de Saint-Cloud le et mort guillotiné à Paris le .

Fils de Louis-Philippe Louis-Philippe Ier d’Orléans, duc d’Orléans, dit « le Gros », et de la princesse Louise-Henriette de Bourbon (morte en 1759), il fut titré duc de Montpensier à sa naissance (1747-1752), puis porta le titre de duc de Chartres à la mort de son grand-père. À celle de son père, il devint alors duc d’Orléans et premier prince du sang. Il descendait en ligne masculine du régent Philippe d’Orléans et du roi Louis XIII. Il fut également le dernier seigneur de Brie-Comte-Robert.

Biographie

Éducation

Portrait du jeune Louis-Philippe-Joseph, par Louis Tocqué.

Dès la mort de son grand-père, le jeune duc de Chartres, qui a pris ce titre à cinq ans, est retiré du giron des femmes (l'habitude aristocratique est de retirer les enfants de leur gouvernante à sept ans). Son père confie son éducation au comte Pons Saint-Maurice. Ce dernier a la charge de former le prince à ses devoirs de représentation et choisit des personnalités en vue pour le reste de l'éducation proprement dit tels Étienne Lauréault de Foncemagne ou Carmontelle [1].

Inquiet à la suite de la variole de sa femme Louise-Henriette, le duc d'Orléans décide de pratiquer l'inoculation sur ses enfants Louis-Philippe et Bathilde, en faisant appel au médecin suisse Théodore Tronchin. Cette initiative, prise en 1756, est suivie avec attention par toute la Cour, et son succès favorisera la diffusion de cette forme de protection [2]. Le jeune duc de Chartres, une fois marié, fera pratiquer cette mesure de prévention sur sa jeune femme Marie-Adélaïde.

Mariage et descendance

Le père de Philippe d’Orléans avait d’abord envisagé de le marier à la princesse Cunégonde de Saxe, fille d’ Auguste III de Saxe, roi de Pologne, et sœur de la Dauphine de France Marie-Josèphe, mais cette dernière insiste auprès de Louis XV pour qu’il s’oppose à ce projet, considérant que Chartres, n'étant pas Fils de France, est de trop petite naissance pour prétendre épouser une princesse du sang de la maison de Saxe.

Sur ces entrefaites meurt le jeune prince de Lamballe, héritier de la fortune des bâtards de Louis XIV. Celui-ci a une sœur, qui par sa mort, devient, à 15 ans, la plus riche héritière de France. Au grand dam de la cour, négligeant la bâtardise, les Orléans se ruent sur l'héritière.

L’ abbé de Breteuil, chancelier de la maison d’Orléans, est donc chargé de négocier, en substitution, un mariage avec Marie-Adélaïde de Bourbon dite « Mlle de Penthièvre », petite-fille du comte de Toulouse, bâtard légitimé de Louis XIV et de Mme de Montespan, qui amène dans la maison d’Orléans, avec encore un peu plus du sang des bâtards de Louis XIV, l’héritage fabuleux du duc de Penthièvre.

En effet, Philippe d’Orléans descend, par sa mère, d’une bâtarde légitimée de Louis XIV et de la marquise de Montespan, Louise-Françoise de Bourbon, dite Mlle de Nantes et, d’autre part, une des arrière-grands-mères paternelles de Philippe d’Orléans était également une bâtarde légitimée de Louis XIV et de la marquise de Montespan, Françoise-Marie de Bourbon (la seconde Mlle de Blois).

Le mariage a lieu à Versailles, le . La dot se monte à 6 millions de livres, dont 3 865 000 livres étaient remis sur-le-champ, sous forme d’une dotation produisant un revenu annuel de 245 000 livres. Le duc d’Orléans s’engage de son côté à loger, meubler, faire servir les époux et à leur assurer au surplus un revenu de 400 000 livres par an.

Le couple, rapidement désuni, a six enfants :

  1. N... d’Orléans (mort-née le 10 octobre 1771) ;
  2. Louis-Philippe d'Orléans (1773-1850), titré duc de Valois puis duc de Chartres, puis duc d'Orléans, puis roi des Français [3] ;
  3. Louis-Antoine-Philippe d'Orléans (1775-1807), titré duc de Montpensier ;
  4. N… d’Orléans (1777-1782), titrée Mademoiselle d’Orléans [4] ;
  5. Louise-Marie-Adélaïde-Eugénie d'Orléans (1777-1847), sœur jumelle de la précédente, titrée Mademoiselle de Chartres ;
  6. Louis-Charles d'Orléans (1779-1808), comte de Beaujolais, qui adopte, à partir de 1792, les prénoms supplémentaires d'Alphonse et Léodgard.

Les deux époux se séparent en 1790.

Naissances illégitimes

Le duc d’Orléans a eu de nombreuses maîtresses et plusieurs enfants naturels, notamment de deux de ses liaisons les plus connues.

Avec Félicité de Genlis avec laquelle il avait entamé une liaison à la fin des années 1760, il aura Paméla Brûlart de Sillery (v. 1777-1831). À force d’intrigues compliquées, Félicité parvient à être seule chargée de l’éducation de ces enfants. À la suite du chevalier de Bonnard, elle est pensionnée en qualité de « gouverneur » des enfants d'Orléans, sur lesquels elle expérimente ses idées pédagogiques « modernes ».

Avec Marguerite Françoise Bouvier de la Mothe de Cepoy, comtesse de Buffon, qu'il avait rencontrée au Palais-Royal au début des années 1780 et qui le recevait régulièrement à Montbard dans une des dépendances de l'hôtel de Buffon, le Petit Fontenet, il a un fils Victor Leclerc de Buffon (1792-1812), dit également le « chevalier de Saint-Paul ».

Sous l’Ancien Régime

Un destin militaire contrarié

Louis Philippe d'Orléans, duc de Chartres, par Joshua Reynolds.

Chartres a eu la promesse, au moment de son mariage, que son beau-père solliciterait pour lui la survivance de sa charge de grand amiral de France. Il s’y prépare en faisant une carrière d’officier de marine. En 1772, il embarque sur le vaisseau l’Alexandre avec le grade de garde-marine (aspirant). Après deux campagnes en 1775 et 1776, il est promu lieutenant général des armées navales (contre-amiral) le 27 juillet 1778.

En 1778, lorsque les hostilités recommencent avec la Grande-Bretagne, on lui confie le commandement [5] de l’arrière-garde de l’escadre de Brest sur le vaisseau de 80 canons le Saint-Esprit. Le commandement général est assuré par le comte d'Orvilliers. Le 27 juillet 1778, au large d’ Ouessant, la bataille s’engage. Une manœuvre commandée par d’Orvilliers amène les vaisseaux du duc de Chartres sur l’avant ; le prince n’hésite pas à foncer sur les vaisseaux britanniques, mais, à la suite d’une mauvaise communication avec le vaisseau amiral, une erreur est commise qui permet aux vaisseaux britanniques de prendre la fuite. La bataille se solde par un demi-succès.

À Paris, chacun rend d’abord hommage à la belle conduite du duc de Chartres avant qu’on ne reçoive le témoignage des marins ayant participé à la bataille. Par peur d'exposer la vie du prince de sang royal, le capitaine du navire a prétendu ne pas avoir compris l'ordre de manœuvre de l'amiral : il a mis en panne sa division et envoyé un canot pour prendre les ordres de vive voix. Le retard ainsi provoqué empêche le mouvement de la flotte française et permet aux Britanniques de s'échapper. Les moqueries qui s'ensuivent dans tout Paris affectent profondément le duc qui essuie une certaine disgrâce et essaye de se venger en montant une cabale contre le ministre de la Marine Sartine [6].

Après cette affaire d'Ouessant, il trouve son beau-père inquiet, car on l’avait persuadé que Chartres veut le dépouiller de sa charge de grand amiral. Le duc de Chartres écrit à Louis XVI pour le détromper et, dans un souci d’apaisement, renonce à la marine en sollicitant le roi de créer pour lui un emploi de colonel général des troupes légères (hussards), auquel Louis XVI consent, le 22 avril 1779.

Mais en 1780, le roi lui refuse la permission de faire partie du corps expéditionnaire de Rochambeau qui part pour l’ Amérique.

Un opposant de plus en plus déclaré

Philippe d’Orléans en grand maître du Grand Orient de France.

Pair de France, Philippe d’Orléans fait de bonne heure preuve d’indépendance. Comme tous les princes des branches cadettes de la maison de Bourbon, il prend le parti des Parlements en 1771 et refuse de siéger au « parlement Maupeou ». Il est exilé sur sa terre de Villers-Cotterêts.

À partir de 1785, devenu duc d’Orléans à la mort de son père, il offre au Palais-Royal — « l'anti-Versailles » — un centre et un point de ralliement aux ennemis de la cour, ses relations avec la famille royale devenues très tendues depuis l'affaire d'Ouessant. Si le roi Louis XVI n'a jamais vraiment apprécié son lointain cousin, en revanche, Marie-Antoinette avait entretenu des relations cordiales avec le jeune duc de Chartres. Désormais, le ressentiment est grand entre les deux personnalités.

Adepte des idées nouvelles et grand admirateur des institutions britanniques, le duc de Chartres manifeste, plus d’une fois avant la Révolution, son hostilité au régime et à la Cour, notamment lors de l’ assemblée des notables (1787). Chef du 3e bureau à l’ Assemblée des notables (1787), il déclare que les États généraux ont seuls le droit de voter les impôts, et proteste contre les édits bursaux : il est exilé.

Le Palais-Royal

Article détaillé : Palais-Royal.

Il réalise une spéculation immobilière restée célèbre au Palais-Royal. Depuis son remariage morganatique avec Madame de Montesson, son père le duc d’Orléans a cessé d’habiter le Palais-Royal. Il en fait concession à son fils en 1776, et le lui abandonne en toute propriété en 1780. Peu après, en juin 1781, la salle de théâtre dite du Palais-Royal, qui se trouve du côté de l’actuelle rue de Valois, brûle une nouvelle fois. Le duc de Chartres la fait reconstruire de l’autre côté par l’architecte Victor Louis (c’est l’actuelle salle de la Comédie-Française) et en profite pour réaliser une vaste opération immobilière autour des jardins du Palais-Royal : il fait édifier des immeubles uniformes, comportant des galeries marchandes au rez-de-chaussée surmontées d’appartements d’habitation. Les rues bordant l’ensemble sont baptisées des noms des fils du duc : Valois, Montpensier et Beaujolais.

Cette opération est vivement critiquée. Le public, qui avait toujours été admis librement dans les jardins du Palais-Royal, critique leur rétrécissement. On juge l’architecture mesquine. Louis XVI se serait moqué du duc de Chartres en lui lançant : « Eh bien, mon cousin ! Il paraît que vous ouvrez boutique ? On ne vous verra plus que le dimanche ? ». Authentique ou non, le mot courut Paris, avec des dizaines d’épigrammes et de chansons. Mais l’affaire n'est pas excellente et tardera à s’équilibrer, le duc ayant dû emprunter 4 millions pour financer les constructions, qui s’avèrent difficiles à vendre et à louer.

La spéculation sur les arcades du Palais-Royal entraîne des procès nombreux de la part des riches riverains qui se trouvent privés de la vue sur les jardins. Elle n'est pas aussi rentable qu’il l’escomptait, tandis que le nombre des pensions qu'il accorde à ses protégés ne fait qu'augmenter avec le temps, une association des créanciers du duc d'Orléans réunissant ces pensionnaires viagers est d'ailleurs créée en 1792.

Le Grand Orient de France

Depuis 1771, Chartres est grand maître de la Grande Loge de France de cette époque, une obédience maçonnique fondée en France autour de 1728. Sans qu'il n'y prenne une grande part, lorsque celle-ci, en 1773, se transforme en Grand Orient de France, Louis-Philippe y demeure en conservant son titre et son rang [7].

Pendant la Révolution

La faction d'Orléans

Louis-Philippe II d'Orléans, futur Philippe-Égalité. Portrait gravé par Geoffroy

Pendant la Révolution, l'expression « faction d'Orléans » revient souvent. Elle désigne généralement les individus politisés qui, entre 1788 et 1792, appartinrent à l'entourage du duc d'Orléans, tant reçus par lui à Monceau ou au Raincy, que par les membres de son entourage immédiat, principalement à Bellechasse chez le marquis et la marquise de Sillery-Genlis. Camille Desmoulins a parfaitement exposé les choses dans le Vieux Cordelier en réponse à une question de Charles Barbaroux sur son éventuelle appartenance à la « faction d'Orléans » [réf. nécessaire].

Si, les premières années, le duc d'Orléans n'a pas protesté publiquement lorsque le bruit courait qu'il pourrait être désigné par l'Assemblée comme Lieutenant général du royaume ou « régent », il s'en est défendu dès son retour d'Angleterre et il l'a publié et signé dans les journaux en août 1791. À partir de cette date, on peut assurer que l'expression « faction d'Orléans » ne le désigne pas et que l'on entend par là, par commodité de langage, ceux et celles qui, se réclamant de lui ou de son fils aîné, ne désespèrent pas, comme Laclos, Clarke ou Lauzun, de l'établissement d'une dynastie orléaniste.

Le député aux États Généraux

Le duc d'Orléans est élu député de la noblesse aux États généraux de 1789. Proche des idées de Sieyès et conseillé par son secrétaire Choderlos de Laclos il est du groupe des 47 députés de la Noblesse qui se rallient au tiers état, le 25 juin 1789. Il est porté à la présidence de l'Assemblée le 3 juillet, mais refuse cet honneur le lendemain.

Il est lié un temps à Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, et espère, sinon usurper le trône de Louis XVI, du moins être nommé lieutenant général du royaume ou assurer une fonction de régence. Cependant, par manque de résolution, il rate l'occasion de jouer un rôle de médiation après les évènements du 14 juillet.

Le duc d'Orléans étant compromis, à la suite du rôle qu'il a joué lors des journées des 5 et 6 octobre 1789, Louis XVI préfère l'éloigner de la Cour en lui confiant une mission diplomatique en Grande-Bretagne. Il évite ainsi d'avoir à s'expliquer, lors de l'instruction menée au Châtelet de Paris, pour déterminer les responsabilités de ces journées révolutionnaires. Le duc est alors au sommet de sa popularité. C'est à Londres, à cette époque qu'il peut négocier ses emprunts avec la couronne britannique. Il s'intéresse également à la Révolution brabançonne et au rôle qu'il pourrait y jouer, gênant en cela la diplomatie française toujours portée sur l'alliance autrichienne [8].

Revenu en France en juillet 1790, il décide de prendre ses distances avec le débat politique, malgré la pression de son entourage qui envisageait depuis 1789 un changement de dynastie en sa faveur. Toutefois, la popularité du prince est en baisse et ses soutiens à l' Assemblée constituante se raréfient. Malgré tout Orléans et d'autres députés, dont Mirabeau, mis en cause dans l'enquête du Châtelet sont lavés de toute accusation par l'Assemblée en septembre 1790 [9].

Membre du club des Jacobins depuis sa fondation, il est aussi membre fondateur du club de Valois qui s'oppose au club monarchique.

Après la fuite de Louis XVI et son arrestation à Varennes, la question de l'abdication du roi et l'organisation d'une régence est à l'ordre du jour. Au grand dépit de Laclos qui ne ménage pas ses efforts pour promouvoir cette solution, le duc d'Orléans déclare solennellement et par écrit le 28 juin qu'il renonce absolument à toute intention de prendre la régence en France [10].

En 1792, il se rend avec ses fils à l’armée du Nord, mais après la défection du général Dumouriez, il reçoit l’ordre de la quitter.

Philippe Égalité, député à la Convention

Caricature de Louis Philippe en roi de pique.

Élu à la Convention nationale en 1792, par le département de la Seine, il siège toujours avec les Cordeliers, au milieu de la Montagne, sous le nom de Philippe Égalité. C'est Manuel, le procureur de la commune et proche de Danton qui lui suggère d'adopter ce nom, les titres princiers étant proscrits [11]. Une lettre écrite en 1793 de prison à son avoué Jean-Baptiste Lemaire, montre qu'il n'a jamais signé autrement :

« Pourquoi m'appelez vous « Orléans » nom que vous savez que je n'ai pas signé depuis le début de l'assemblée constituante qui défendait de porter aucun titre ni nom de terre ? Est-ce qu'il y a un décret qui m'ordonne de m'appeler « Orléans » ? J'ai déjà fait cette question aux citoyens Gérard [12] et Voidel, mais je n'y ai reçu aucune réponse ; peut-être serai-je plus heureux en m'adressant à vous. Je désire le savoir car s'il y en a un, il est trop ridicule à moi de continuer à signer « Égalité ». Cependant ce ridicule serait bien involontaire puisque je n'ai aucune connaissance que je doive signer autrement [13]. »

La mort du roi

Il vote la mort de son cousin le roi Louis XVI, et sans appel. Le rejet de l'amendement Mailhe pouvant sauver le roi se joua à une voix, ce fut la sienne. Il assiste en personne dans un cabriolet posté sur le pont de la Concorde, à l'exécution de Louis XVI.

Au début de la Terreur, Philippe fait publier cette lettre dans le Journal de Paris du 22 février 1793 :

« Dans un temps où personne, assurément, ne prévoyait notre Révolution, je m'étais attaché à la franc-maçonnerie qui offrait une image d'égalité, comme je m'étais attaché au parlement qui offrait une image de la liberté. J'ai, depuis, quitté ce fantôme pour la réalité. Au mois de décembre dernier, le secrétaire du Grand Orient s'étant adressé à la personne qui remplissait auprès de moi les fonctions de secrétaire du Grand Maître, pour me faire parvenir une demande relative aux travaux de cette société, je répondis à celui-ci, sous la date du 5 janvier : “Comme je ne connais pas la manière dont le Grand Orient est composé, et que, d'ailleurs, je pense qu'il ne doit y avoir aucun mystère ni aucune assemblée secrète dans une République, surtout au commencement de son établissement, je ne veux me mêler en rien du Grand-Orient ni des assemblées de francs-maçons” [14]. »

Arrestation, condamnation, exécution

Quand son fils aîné le duc de Chartres suit le général Charles-François Dumouriez dans son aventure personnelle, il devient suspect aux yeux des Montagnards. Tous les membres de la famille des Bourbons sont alors arrêtés le 7 avril 1793. La mesure concerne le duc d'Orléans, ses deux autres fils le duc de Montpensier et le comte de Beaujolais et sa sœur Louise-Bathilde. La Convention décide d'éloigner toute la famille de Paris et opère leur transfert immédiat au fort Saint-Jean à Marseille. Seule sa fille Marie-Adélaïde bénéficie d'une clémence et est assignée à résidence au château de Bizy [15].

Accusé, Philippe-Égalité est ramené à Paris et envoyé à la Conciergerie le 2 novembre. Il est jugé par le Tribunal révolutionnaire, présidé par Herman, le . Il n'y a pas de preuves contre lui, mais durant cette période, la simple suspicion suffit.

Malgré la plaidoirie de Voidel, il est condamné à mort et guillotiné le jour même, 6 novembre 1793, avec pour compagnons d'infortune Pierre Coustard de Massi, représentant de la Loire-Inférieure à la Convention et chef de la Garde nationale de Nantes, et trois inconnus [16].

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