Lluís Companys

Lluís Companys
Illustration.
Fonctions
Président de la Généralité de Catalogne
(en exil à partir de 1938)

(6 ans, 9 mois et 14 jours)
PrédécesseurFrancesc Macià
SuccesseurJosep Irla
Président du Parlement de Catalogne

(6 mois et 6 jours)
PrédécesseurPoste créé
SuccesseurJoan Casanovas
Ministre espagnol de la Marine

(2 mois et 23 jours)
PrédécesseurJosé Giral
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissanceEl Tarròs (auj. Tornabous), Catalogne
(Espagne)
Date de décès (à 58 ans)
Lieu de décèsBarcelone, Catalogne
(Espagne)
Nationalitéespagnole
Parti politiqueGauche républicaine de Catalogne

Lluís CompanysLluís Companys
Présidents du Parlement de Catalogne
Ministres de la Seconde République espagnole
Présidents de la Généralité de Catalogne

Lluís Companys i Jover[1], né à El Tarròs (aujourd'hui Tornabous) le 21 juin 1882 et mort à Barcelone le 15 octobre 1940, était un avocat et homme politique catalan, qui fut président de la Généralité de Catalogne de 1934 à sa mort. Exilé en Bretagne après la guerre civile espagnole, il est arrêté par la Gestapo[2] et livré au régime franquiste par le régime de Vichy[3] puis exécuté à Montjuïc, en criant « Per Catalunya! » (« Pour la Catalogne ! ») et juste auparavant, en espagnol pour être compris par le peloton d'exécution "Messieurs, vous allez tuer un homme honnête".[réf. nécessaire]

Des discussions ont actuellement lieu[Quand ?] dans le but d'annuler le procès qui a conduit à l'exécution de ce personnage fondamental du catalanisme historique[4],[5].

Le stade olympique de Montjuïc (Barcelone), construit par Pere Domènech i Roura et pouvant accueillir 55 926 spectateurs, porte son nom[6].

Biographie

Jeunesse

Ses parents, Josep Companys et Maria Lluisa de Jover, étaient fermiers. Il suivit ses études de droit à l’université de Barcelone. Dès sa jeunesse il participa activement à la vie politique de la Catalogne. En 1906, il participa à la création de Solidaritat Catalana dont il devint le plus jeune dirigeant. Il milita au sein de l’ Union fédérale nationaliste républicaine (es) dont il présida la section politique en 1910.

Il fut rédacteur en chef de La Barricada ou la Publicidad, journaux républicains. Son intense activité politique, sa proximité avec les syndicats, lui valurent d'être considéré comme un agitateur, et il fut arrêté quinze fois. Après « la Semaine tragique de Barcelone en 1909, » les rapports de police le qualifiaient d'« individu dangereux ».

Avec Francesc Layret (es), qu’il connut à l’université qui fut son inspirateur politique et son ami, il s’inscrivit au Parti républicain catalan, et siégea sous cette étiquette au conseil municipal de Barcelone en 1917.

En novembre 1920, en compagnie d’autres syndicalistes, Salvador Segui surnommé « el noi de sucre », Martí Barrera et Josep Viadiu (ca), il fut détenu au château « de la Mola » (es). Malgré sa relégation, il remporta les élections législatives en décembre 1920 (dans la circonscription de Sabadell) en prenant le siège de Layret assassiné, ce qui lui assura ainsi l’immunité parlementaire, et lui rendit la liberté.

En 1922 il fut l’un des fondateurs de l’ Union des Rabassaires (es), où il travailla comme directeur du magazine La Terra pendant les années de dictature, puis en 1925 comme avocat (assessor).

Emprisonné à nouveau, il ne put participer à la « conférence d’Esquerres » du 12 au 19 mars 1931 où fut fondé le parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC), dont il fut membre exécutif.

Seconde République

Il fut nommé gouverneur civil de Barcelone le 16 avril 1931, et le resta jusqu’au mois de mai de la même année, où il fut remplacé par Carles Esplà (es). Le premier président de la Généralité de Catalogne, Francesc Macià, mourut le 1er janvier 1934, et Lluis Companys le remplaça. Il forma alors un conseil exécutif dominé par la gauche catalane et qui remporterait les élections de 1934.

Le 28 juin 1931, au cours des élections générales, il fut élu député de Barcelone. Il vota le statut d’autonomie de Catalogne connu sous le nom d’Estatut de Nuria. Entre autres fonctions, il exerça la présidence du Parlement catalan puis fut ministre de la Marine de juin à novembre 1933. En même temps ses travaux de presse continuaient. Il dirigea L'Humanitat (l’organisme officiel de l'ERC) de novembre 1931 à janvier 1934.

Après la mort de Francesc Macià le 1er janvier 1934, il le remplaça comme président du gouvernement autonome catalan.

Le 6 avril 1934 il proclame la République catalane mais le soulèvement attendu est un échec et la Généralité fut suspendue, ses conseillers arrêtés. On déplora 107 morts et 11 blessés en 10 heures lors de ce coup d'état. Companys fut condamné à 30 ans de réclusion. En 1936, après la victoire du Front populaire, la Généralité fut rétablie. Revenu aux affaires, Companys dut gérer la coalition avec les forces de gauche. La Generalitat de Cataluña estime à 8148 personnes le nombres d'assassinats ayant eu lieu en Catalogne entre juillet 1936 et janvier 1939, dont 1190 prêtres, 795 religieux et 50 nonnes.

Exil

Monument érigé à la mémoire de Lluís Companys au Col de Manrella.

Après l’occupation de la Catalogne par les troupes franquistes le 5 février 1939, les mouvements anarchistes s'effondrèrent. Toutes les forces de gauche furent harcelées, exécutées. Il s’exila depuis le col de Lli, à La Vajol pour se réfugier à Escoublac-la-Baule, dans la Loire-Inférieure. Mais il fut livré à la dictature militaire franquiste par la police secrète de l’Allemagne nazie, le 13 août 1940. Jugé et condamné par un tribunal militaire, il fut, après avoir été torturé, fusillé au château de Montjuic à Barcelone le 15 octobre 1940[7]. Il ne voulut pas qu’on lui bande les yeux et mourut face au peloton d'exécution en criant « pour la Catalogne ! »

Une stèle a été érigée en sa mémoire au col de Manrella à la frontière franco-espagnole, situé sur le territoire de la commune d'Agullana.

Une autre stèle est présente à l'endroit de son arrestation à La Baule-Escoublac.

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