Libéralisme

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Le libéralisme est une doctrine de philosophie politique qui affirme « la garantie des droits individuels contre l'autorité arbitraire d'un gouvernement (en particulier par la séparation des pouvoirs) ou contre la pression des groupes particuliers (monopoles économiques, partis, syndicats) »[1].

Le mot libéralisme fait son apparition au début du XIXe siècle[2]. Les racines du libéralisme sont plus anciennes. L'opposition à l'absolutisme du souverain s'est développée dans la philosophie des Lumières (XVIIIe siècle), mais aussi auparavant par la scolastique de l'École de Salamanque (XVIe siècle)[3] faisant obligation morale au souverain de respecter les droits fondamentaux de chaque être humain[4] au motif de sa nature de créature de Dieu, douée de raison[5],[6],[7], ou plus anciennement par les chartes médiévales (telles la Magna Carta) introduisant des droits fondamentaux dont le respect est exigé du souverain, ou encore par certains pans de la philosophie thomiste, eux-mêmes précédés par le principe de justice naturelle d'Aristote. La date des débuts formels du libéralisme ou de ses composantes politiques, économiques ou religieuses diffère selon les auteurs. De nombreux auteurs font commencer le libéralisme avec la Lettre sur la tolérance de John Locke (1689) qui complète les racines préexistantes.

Le libéralisme repose sur l’idée que chaque être humain possède des droits fondamentaux naturels précédant toute association et qu'aucun pouvoir n'a le droit de violer. En conséquence, les libéraux veulent limiter les obligations sociales imposées par le pouvoir et plus généralement le système social, telles que la morale, au profit du libre choix et de l'intérêt de chaque individu indépendamment des autres[8]. La question de l'articulation entre « libéralisme économique » et « libéralisme politique » reçoit des réponses variées[9],[10],[11].

Le libéralisme prône la liberté d'expression des individus. Dans le domaine économique, il défend notamment l'initiative privée, la libre concurrence et son corollaire l'économie de marché ; dans le domaine politique, il accepte des pouvoirs politiques encadrés par une loi librement débattue, défend un État de droit et des contre-pouvoirs.

Au libéralisme classique, fondé davantage sur la liberté en tant que droit négatif[12], s'oppose entre autres le libéralisme social fondé sur la liberté en tant que droit positif (protection exigée du souverain contre la misère matérielle ou la pression morale communautaire, quitte à accorder au souverain un droit de coercition sociale à cette fin). Ainsi le libéralisme peut se manifester de façons fort diverses, voire opposées. Le « libéral » peut être suivant le cas celui qui exige de l'État qu'il brise une tradition qui contraint la liberté de l'individu (caste, statuts, discriminations et privilèges…), celui qui défend la liberté de pratiquer ou non une religion ou une tradition, celui qui demande que l'État intervienne pour redonner une véritable capacité d'action économique (bridée par un monopole, la pauvreté, le manque d'éducation, de crédit ou autre), ou encore celui qui s'oppose à l'intervention du pouvoir (dans le respect de l'initiative privée, de la libre concurrence, de l’égalité de traitement…).

Les limites à fixer à l'action de l'État, ainsi que les modalités de l'action publique, notamment aux rôles respectifs de l'action administrative et de la loi, sont donc sujets à débat au sein même du libéralisme. La plupart des libéraux considèrent que l'action de l'État est nécessaire à la protection des libertés individuelles, dans le cadre de ses fonctions régaliennes, et nombre d'entre eux (comme Adam Smith, Raymond Aron, Karl Popper ou Benedetto Croce) acceptent et même recommandent certaines interventions de l'État dans l'économie, notamment en matière de contrôle et de régulation. À l'opposé, les libertariens de tendance anarcho-capitaliste refusent à l'État toute légitimité dans quelque domaine que ce soit.

Présentation générale

L'individu est au centre du libéralisme. La plus haute tâche de l'État est d'assurer et de défendre la liberté individuelle qui est considérée comme imprescriptible. La liberté individuelle étant aux yeux des libéraux la norme fondamentale et le fondement de la société humaine autour de laquelle l'État, l'ordre politique et économique doivent être structurés.

Mais, alors que pour les libéraux classiques, la primauté de la liberté individuelle est un principe absolu qui s'applique à tous les domaines de la vie en société, il est devenu courant, pour les opposants à cette philosophie, de subordonner l’application de ce principe aux circonstances, de considérer les volets philosophique, politique, social et économique du libéralisme comme indépendants les uns des autres, voire de réduire le libéralisme à ses aspects économiques comme le fait l'usage moderne.

Les différents courants au sein du libéralisme

Il existe plusieurs courants de pensée libéraux qui se différencient notamment par leurs fondements philosophiques, par les limites et les fonctions qu’ils assignent à l'État, et par le domaine auquel ils appliquent le principe de liberté (économie, institutions politiques, domaine social). Le libéralisme a connu une fracture assez profonde à la fin du XIXe siècle, date à laquelle on a commencé à distinguer notamment en Angleterre, le libéralisme classique du nouveau libéralisme appelé aussi parfois social-libéralisme. John Maynard Keynes[13], dans la Théorie générale, a assimilé l'économie classique avec la loi de Say ou, dit de façon plus schématique, avec ceux qui prônent l'autorégulation des marchés. S'il a contribué par là à donner une signification forte à ce que pouvait désigner le libéralisme classique sous l'angle économique, cela ne va pas sans prêter à confusion. En effet, les grands économistes classiques anglais tels que David Ricardo ou John Stuart Mill auxquels l'expression peut faire penser sont considérés par Élie Halévy comme le versant économique de ce qu'il appelle le radicalisme philosophique et peuvent donc de ce point de vue être vus comme plus proches du social-libéralisme que du libéralisme classique qui à ce niveau a des racines plus continentales. En plus de ces deux courants, on peut citer le libertarianisme (minarchisme, agorisme et anarcho-capitalisme). Du point de vue de la théorie économique, il est possible de distinguer l'école néoclassique qui accepte en général une certaine régulation autoritaire des marchés et les écoles faisant une plus large confiance au marché telle que l'École autrichienne moderne, ou telle que l'école des choix publics étudiant l'instrumentalisation massive de la puissance publique par les lobbys de financiers, de medias, ou d'électeurs.

Doctrines et systèmes politiques auxquels s'oppose le libéralisme

Sur le plan théorique, le libéralisme s’oppose aux doctrines selon lesquelles les comportements et les choix des individus sont ou doivent être subordonnés à une entité supérieure ou à ses représentants, par exemple la Nation, l'État, la communauté, la classe sociale ou la religion. En prônant l'égale liberté pour tous, il s'oppose aussi aux doctrines selon lesquelles les individus ont des droits différents selon certaines de leurs caractéristiques (racisme) ou selon leur appartenance à des communautés (communautarisme).

Sur le plan individuel, il reconnaît en particulier à chacun le droit d'adhérer aux convictions de son choix, tant qu'il ne cherche pas par ses actions à imposer ses convictions à d'autres.

En prônant la liberté individuelle, notamment par rapport aux traditions, le libéralisme peut s'opposer au conservatisme. Il s'oppose également à toutes les formes d'abus de pouvoir qui limitent voire détruisent la liberté des individus et/ou imposent une économie dirigiste et planificatrice, et a fortiori aux régimes politiques interventionnistes, autoritaires ou totalitaires (totalitarisme).

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