Lansquenet

Les Cinq Lansquenets, gravure de Daniel Hopfer (1530).
Un lansquenet, d'après une encyclopédie danoise du XIXe siècle.

Les lansquenets étaient des mercenaires, le plus souvent « allemands », opérant du XVe à la fin du XVIe siècle. Ils ont servi dans la plupart des armées européennes de l'époque et ont acquis une grande réputation dans la première moitié du XVIe siècle pour leur efficacité mais aussi leur brutalité.

Histoire

De l’allemand Landsknecht, attesté depuis 1480, Knecht « valet » indiquant une servitude vis-à-vis de l’« employeur » et Land « pays » ou plus certainement dans ce cas « campagne » marquant l’origine campagnarde de ces mercenaires qui ne venaient pas de la montagne, contrairement aux piquiers suisses. Dès 1500, on note l’altération Lanzknecht influencée par Lanze « lance, pique », le terme Landsknecht se trouve encore en allemand moderne au sens de « mercenaire » (Söldner).

Les troupes suisses ayant fait la démonstration à plusieurs reprises que la meilleure des cavaleries était impuissante contre des fantassins équipés de piques atteignant jusqu’à six mètres de long, de nombreux souverains décident de créer des unités sur le modèle de ces Reisläufer suisses. En Bavière, l'un des principaux chefs mercenaires au service de l'empereur fut Georg von Frundsberg. À Florence, on trouve par exemple la Loggia dei Lanzi, ainsi nommée en raison de la présence de mercenaires allemands stationnés à proximité. C’est le début de l’ère de gloire des lansquenets dont Maximilien Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519), surnommé le « père des lansquenets », marque peut-être l’apogée.

Les lansquenets étaient avant tout recrutés dans les parties germanophones d'Europe centrale et du Nord de la Rhénanie, la Souabe et l'Alsace. Mais ils pouvaient venir de plus loin, comme certains volontaires écossais. L'attrait immédiat était la promesse d'une paie de quatre florins par mois - un revenu raisonnable pour cette époque, et immédiatement tentant pour toute personne dans le besoin. On trouvait dans la compagnie, en outre, tous les avantages traditionnels de la vie contemporaine, des occasions de pillage aux amusements d'une vie vagabonde riche en aventures.

Aussi recherchés que les Suisses, ils se mettent au service de tous les souverains d’Europe, en particulier de l'Empereur et du roi de France, et ont marqué l’histoire de leurs pillages et exactions. Leur efficacité militaire a atteint son maximum durant les guerres d'Italie, et les lansquenets ont largement contribué à de nombreuses batailles, constituant généralement le plus gros contingent de l'armée de Charles Quint et jouant souvent un grand rôle dans ses victoires. À partir des années 1560, toutefois, leur qualité décline nettement et ils sont de plus en plus critiqués pour leur manque de discipline. Après les années 1590, si les pays allemands fournissent toujours autant de mercenaires, ceux-ci abandonnent généralement les traditions, les tactiques et les particularités des unités de lansquenets.

Les premières bandes de Landsknechts furent levées en 1486, à une époque où des changements importants se jouaient dans la façon de mener la guerre en Europe. À la suite de la rupture de l'ordre social médiéval, les chefs d'État dépendaient plus que jamais des bandes de mercenaires, au lieu de forces assemblées sur la base de la loyauté ou de l'obligation féodales. En France et en Bourgogne, les mercenaires avaient été employés de manière permanente dans les armées des États. En même temps, les innovations tactiques remettaient en question le rôle de la cavalerie lourde en tant que force offensive sur le champ de bataille.

Aux batailles de Morat et de Nancy, en 1476-1477, l'infanterie suisse armée de longues piques remporta des victoires notables en attaquant l'ennemi en phalanges serrées. Faute d'une armée régulière et d'infanterie de piquiers, l'empereur germanique Maximilien Ier se sentait menacé par ces développements militaires. Sa réponse fut de payer la formation de lansquenets ou « serviteurs du pays ».

C'était l'échec de leurs employeurs à les payer qui provoqua la plupart des incidents liés aux lansquenets. Le pire exemple serait le sac de Rome en 1527. Des lansquenets impayés se rebellèrent contre l'armée de Charles Quint, le Saint Empereur Romain, et cherchèrent à compenser ce manque à gagner par le pillage. Avec d'autres troupes impériales (trente-cinq mille soldats en tout), ils attaquèrent et rasèrent la ville, instaurant une période de terreur qui dura neuf mois. Les mercenaires refusèrent de quitter la ville jusqu'à ce qu'on paie leurs arriérés.

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