Léda et le Cygne (Léonard de Vinci)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Léda et le Cygne.

Léda et le Cygne est un tableau de Léonard de Vinci perdu depuis 1692 mais que nous connaissons par des études préparatoires de sa main et par plusieurs copies.

Léda dans la mythologie grecque est l’épouse du roi déchu de Sparte, Tyndare. Zeus prend la forme d’un cygne pour la séduire. Une fois leur étreinte terminée, le cygne disparaît et Hera se rend compte de l'infidélité de Zeus et place deux gros œufs dans le corps de Léda d’où naîtront Hélène et Pollux, enfants de Zeus, dans l'un, et Clytemnestre et Castor, enfants de Tyndare, dans l'autre [1].

Les copies que nous connaissons associent (sauf celle de Giampietrino) deux moments différents, celui de la rencontre de Léda et du cygne, et celui de la naissance des quatre enfants, une fois les œufs éclos. Léonard aurait travaillé sur deux versions : l'une agenouillée et l'autre debout (postérieure).

Données historiques

On ignore le commanditaire de ce tableau. On ne possède aucun document d’archives, ni contrat, ni trace de paiement à Léonard. Peut-être faut-il y voir un travail personnel, sans commanditaires, de Léonard. Daniel Arasse note bien l’originalité du sujet : « mis à part le relief marginal de Filarete sur la porte de bronze de Saint-Pierre de Rome, Léonard est le premier à faire de Léda et du cygne les figures centrales d’une composition importante [2]

Des trois biographies fondatrices de Léonard, seul l’Anonyme Gaddiano [3] cite la Léda. Mais Léonard note lui-même que « les femmes de messer Jacomo Alfeo pourraient servir de modèle pour la Léda [4] ». On trouve mention d’une Léda dans l’inventaire des biens de Salaï à sa mort. De tous les tableaux cités, c’est celui qui a la plus grande valeur (plus que la Joconde, par exemple), 200 écus, soit l’équivalent de 1 010 livres (« Quadro ditto Ledda …200l 1010s [Quoi ?] » ) . Le peintre et théoricien du XVIe siècle, Giovanni Paolo Lomazzo, décrit le tableau comme « une Léda toute nue enlaçant le cygne, les yeux timidement baissés [5] ». L’ami et mécène de Nicolas Poussin, Cassiano dal Pozzo, a l’occasion de le voir à Fontainebleau en 1625, lorsqu'il fait partie de la légation du cardinal Francesco Barberini en France.

Il nous laisse un précieux témoignage : « Léda debout, presque nue avec le cygne et deux œufs, des coquilles desquelles on voit que quatre enfants sont éclos (Castor et Clytemnestre, Pollux et Hélène). Cette œuvre est très achevée, mais très sèche, en particulier la patine de la femme, et le paysage et le reste ont été exécutés avec une grande diligence (con grandissima diligenze) ; elle est en mauvais état, car elle est constituée de trois planches en longueur, qui se sont écartées, en faisant s’écailler une partie de la peinture [6] ».

Le tableau apparaît pour la dernière fois dans les inventaires de Fontainebleau en 1692 [réf. nécessaire].