L'Archipel du Goulag

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L'Archipel du Goulag
Auteur Alexandre Soljenitsyne
Pays Drapeau de l'URSS  Union soviétique
Genre Essai
Version originale
Langue russe
Titre Архипелаг ГУЛаг
Date de parution 1973
Version française
Éditeur Seuil
Collection Points - Biographies
Lieu de parution Paris
Date de parution 1er juin 1974
ISBN 978-2020021180

L'Archipel du Goulag. 1918-1956, essai d'investigation littéraire (en russe Архипелаг ГУЛаг) est un livre d' Alexandre Soljenitsyne publié en 1973 à Paris.

L'Archipel du Goulag traite du système carcéral et de travail forcé mis en place en Union soviétique. Écrit de 1958 à 1967 dans la clandestinité, l'ouvrage ne se veut ni une histoire du Goulag ni une autobiographie, mais le porte-parole des victimes du Goulag : il est écrit à partir de 227 témoignages de prisonniers ainsi que de l'expérience de l'auteur. Soljenitsyne précise que « Ce livre ne contient ni personnages ni événements inventés. Hommes et lieux y sont désignés sous leurs vrais noms ».

Goulag (Glavnoe oupravlenie ispravitelno-trudovykh Lagerei, ou Direction principale des camps de travail) est un acronyme utilisé par l'administration soviétique pour désigner des camps de travaux forcés. Le terme « archipel » est utilisé pour illustrer la multiplication des camps et leur diffusion dans tout le pays, comme un ensemble d'îlots connus seulement de ceux condamnés à les peupler, à les construire ou à les relier. Cela fait également allusion au « goulag de Solovki », créé dès 1923 sur les Îles Solovetski.

Composition

Travaillant dans le plus grand secret pour éviter que les autorités n'interrompent son projet, Soljenitsyne commença la rédaction de son livre dès la fin de sa peine au Goulag comme prisonnier politique. Soljenitsyne hésita longtemps quant à la pertinence de cette publication ; la police secrète précipita sa décision. Il le fit publier à l'étranger en 1973 après que le KGB eut confisqué une copie de son manuscrit. « Le cœur serré, je me suis abstenu, des années durant, de publier ce livre alors qu'il était déjà prêt : le devoir envers les vivants pesait plus lourd que le devoir envers les morts. Mais à présent que, de toute façon, la sécurité d'État s'est emparée de ce livre, il ne me reste plus rien d'autre à faire que de le publier sans délai ».

Les récits détaillés de L'Archipel du Goulag évoquent l'incarcération ensemble de détenus («  zeks ») de droit commun et politiques : un système où régnait l'arbitraire non seulement des gardiens, mais aussi des « blatnoï » ( truands, considérés par l'administration comme plus « proches socialement » du régime que les «  ennemis du peuple » ( dissidents, ou simples citoyens raflés pour répandre la terreur et l'obéissance aveugle au pouvoir). Soljenitsyne décrit les «  procès » expéditifs et joués d'avance, le transport des prisonniers (où la mortalité était déjà importante), le régime d'oppression des camps et l'augmentation des arrestations et des effectifs de « zeks » sous Staline jusqu'en 1953, effectifs très supérieurs à ceux de l'appareil sécuritaire tsariste, et qui servirent aussi à peupler de force la Sibérie et le Kazakhstan, puisque la majorité des survivants y étaient assignés à résidence après leur libération (en outre, le russe étant la langue de communication entre peuples de l'URSS, ils y étaient aussi un facteur de «  russification »).

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