Indépendance du Brésil

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L'Indépendance ou la mort ! (1888). Tableau de Pedro Américo représentant la proclamation de l'indépendance du Brésil par le prince-régent Pierre le 7 septembre 1822. Sa garde d'honneur l'acclame tandis que certains soldats jettent à terre leur brassard aux couleurs du Portugal.

L'indépendance du Brésil est un processus qui s'étend de 1821 à 1824 et qui voit l'opposition violente du Brésil et du Portugal, ce dernier souhaitant réduire à nouveau le premier au rang de simple colonie.

En 1807, l'armée française envahit le Portugal qui refuse d'adhérer au blocus continental contre le Royaume-Uni. Incapable de résister à cette attaque, la famille royale et le gouvernement portugais fuient au Brésil, qui est alors la plus riche et la plus développée des colonies lusitaniennes. L'installation de la cour à Rio de Janeiro amène une série de transformations politiques, économiques et sociales qui aboutissent à la décision du régent Jean de Portugal de faire du pays un royaume associé à son ancienne métropole en 1815.

En 1820, une révolution libérale éclate au Portugal et la famille royale est bientôt contrainte de rentrer à Lisbonne. Avant de partir, le souverain nomme cependant son fils aîné, le prince Pierre, régent du Brésil (1821). Fidèle à son père, le prince voit sa politique compliquée par la volonté des Cortes portugaises de ramener le Brésil à son ancien statut de colonie. Les forces armées portugaises, commandées par Jorge Avilez tentent alors de faire du régent un simple fantoche mais Pierre parvient à réprimer leur soulèvement (). La situation s'aggrave quand les Cortes intiment à Pierre l'ordre de rentrer au Portugal (ce à quoi le prince répond : « je reste ») et décident de dissoudre son gouvernement, incarné par José Bonifácio de Andrada e Silva. Le , le prince lance le « cri d'Ipiranga » et proclame l'indépendance du Brésil. Quelque temps après, le prince est proclamé empereur sous le nom de Pierre Ier et le pays prend le nom d'Empire du Brésil.

Commence alors une guerre d'indépendance qui voit la toute nouvelle armée brésilienne s'opposer aux troupes coloniales portugaises encore présentes dans certaines régions du pays. À ce conflit, s'ajoute le soulèvement de la Confédération de l'Équateur (dans le nordeste) qui souhaite former son propre gouvernement et que les forces de Pierre répriment dans le sang en 1824. Après trois ans de conflit armé, le Portugal reconnaît finalement l'indépendance du Brésil au traité de Rio de Janeiro de 1825. En échange, le Brésil lui verse une importante indemnité et signe un traité commercial avec le Royaume-Uni pour le dédommager de sa médiation.

Antécédents

Le Jugement de l'Inconfidence. Tableau d'Eduardo de Sá, 1921.

Premiers soulèvements contre le Portugal

Articles détaillés : Inconfidence minière et conjuration bahianaise.

Trois rébellions, d’importance inégale, secouent le Brésil colonial à la fin du XVIIIe siècle : l’« inconfidence minière » (1789), incarnée notamment par le révolutionnaire Tiradentes, la conspiration de Rio de Janeiro (1794), impulsée par le professeur de rhétorique Manuel Ignacio da Silva Alvarenga, et surtout la conjuration bahianaise (1798), largement inspirée par la Révolution française. Mais, de diffusion restreinte, ces soulèvements sont tous réprimés sans peine par le pouvoir colonial, qui interdit autant que possible la diffusion des idées nouvelles dans sa colonie[Be 1].

Ce sont donc finalement les événements qui touchent l'Europe et la métropole portugaise au moment des guerres de la Révolution et de l'Empire qui déclenchent la marche vers l'indépendance du Brésil[Be 2].

Invasion du Portugal et fuite des Bragance au Brésil

Le départ de la cour portugaise au Brésil. Tableau anonyme, début du XIXe siècle.

Le , les troupes de Napoléon Napoléon Ier envahissent le royaume de Portugal, qui refuse d'adhérer au blocus continental dirigé contre le Royaume-Uni[1].

Incapable de résister aux forces françaises, qui prennent rapidement la direction de Lisbonne, la famille royale, avec à sa tête la reine Marie Marie Ire et le régent Jean, décide de fuir au Brésil, la plus riche et la plus développée des colonies lusitaniennes. Le 29 novembre, la cour embarque donc pour le Nouveau Monde et part pour un voyage de quatre mois à travers l'Atlantique[2],[Lu 1],[So 1].

De la colonie au royaume luso-brésilien

Drapeau du royaume luso-brésilien.

Installé au Brésil, le régent Jean de Portugal émet, dès 1808, une série de décrets (alvarás) qui ouvrent les ports de la colonie au commerce international et brisent ainsi le système de l’exclusif colonial. Le prince reconstitue, par ailleurs, dans le pays, tout l’appareil d’État qui existait dans la métropole (Trésor royal, Tribunal supérieur de Justice, Cour d’appel, Intendance générale de Police). Il innove même en ajoutant au système une Banque du Brésil[Be 3].

Quelques années plus tard, en 1815, le prince Jean va encore plus loin en élevant la colonie brésilienne au rang de royaume confédéré au Portugal au sein du Royaume uni de Portugal, du Brésil et des Algarves[Be 4]. Cet événement n’empêche pourtant pas des soulèvements sporadiques de subvenir dans le pays, comme la Révolution du Pernambouc, matée dans le sang après soixante-quatre jours d'indépendance auto-proclamée, en 1817[Be 5].

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