Haut allemand

Haut allemand
Langues filles allemand standard, yiddish, luxembourgeois
Pays Allemagne, Suisse, Autriche, Liechtenstein, France, Belgique, Luxembourg, Italie
Classification par famille
Répartition des dialectes du moyen allemand depuis 1945
Répartition des dialectes de l'allemand supérieur depuis 1945

Le haut allemand [1] est, en linguistique, un groupe de dialectes germaniques. Il se distingue du groupe bas allemand par le phénomène de la seconde mutation consonantique et en est séparé par la ligne de Benrath. Le nombre total de locuteurs dans sa zone traditionnelle, de Düsseldorf en Allemagne à Bad Radkersburg en Autriche est d'environ 60 millions. Il comprend les dialectes du moyen allemand, où la seconde mutation consonantique est incomplète, et les dialectes de l' allemand supérieur, où cette mutation est complète.

Carte des différents dialectes germaniques. Les dialectes allemands sont ici en vert: dialectes de l'allemand supérieur en vert foncé, dialectes du moyen allemand en vert intermédiaire, dialectes du bas allemand en vert clair. En bleu: le groupe scandinave. En orange: le groupe anglo-frison.

Sous l'influence de l'allemand « Hochdeutsch », qui désigne aujourd'hui presque exclusivement la langue standard, le mot français « haut allemand » désigne aussi parfois par extension l' allemand standard, langue allemande officielle issue des dialectes de ce groupe.

Aire géographique

Parmi les langues que l’on rattache aux dialectes haut-allemands, il y a d'abord l’ allemand standard (parfois désigné comme l'« allemand écrit »), le yiddish et le luxembourgeois. La langue allemande écrite s'est formée il y a maintenant plus d'un demi-millénaire, avec la découverte en Europe de l'imprimerie à caractères mobiles et la Réforme. Elle supplante depuis peu à peu tous les dialectes allemands.

Les dialectes haut-allemands sont parlés dans plusieurs régions centrales et méridionales de l'Europe germanophone : Allemagne, Autriche et Tyrol ( Italie), de Suisse, Liechtenstein, Luxembourg, en Alsace et en Lorraine ( France), dans le Limbourg et par endroits encore en Haute-Silésie ( Pologne). On trouve en outre de par le monde quelques isolats linguistiques haut-allemands, par exemple aux États-Unis, en Russie ou en Roumanie.

Dans l’expression « haut-allemand », l’adjectif « haut » fait allusion au fait que ce groupe de dialectes était à l'origine parlé principalement dans les régions montagneuses de l'espace germanophone, par opposition aux dialectes « bas-allemands » de la plaine d'Allemagne du Nord et du littoral baltique. Le concept de hochdeutsch apparaît pour la première fois en 1440 dans les traductions effectuées de l'allemand vers le néerlandais puisqu'on lit en préface : „Uut hoghen duutsche ghetransfereert / Ende in onser talen ghekeert“ [2] et niederdeutsch n'apparaît qu'en 1457: « vanden hooghen duutsche int neder duutsche [2]. »

«  Tudesque » (Deutsch) signifie étymologiquement « propre au peuple, populaire » et, contrairement aux autres adjectifs de nationalité, désigne d'abord une langue ; ce n'est qu'ensuite qu'elle en désigne les locuteurs et même le pays où ils vivent : l'épithète latin theodiscus apparaît pour la première fois en 786, dans un rapport du nonce apostolique Georges d'Ostie adressé au pape Adrien Ier à propos de deux synodes en Angleterre. Les décrets étaient alors rédigés à la fois en latin et en langue vernaculaire (latine et theodisce), afin qu'ils puissent être compris de tous ; mais dans ce contexte, l'adjectif désignait encore une variante du vieil-anglais. En 813, Charlemagne recommande à ses clercs de dire les messes non seulement en latin mais aussi en langue romane et tudesque (in rusticam Romanam linguam aut Theodiscam). Ce mot savant de tudesque dérive de l’adjectif vieux-francique *theodisk (à rapprocher du gotique þiuda, et du vieux haut-allemand diot qui signifient « peuple »), et se rapproche des gentilés tedeschi en italien et tedescos en sarde, mais aussi des mots deutsch et "deitsch" en haut et moyen allemand.

Jusqu'au e siècle, le français médiéval désignait la langue allemande comme tiedeis, tieis, tiois ; en flamand, dietsch (d'où Dutch en anglais, qui désigne à vrai dire le néerlandais). Vers la fin du e siècle, l'adjectif latin teutonicus supplante graduellement theodiscus (encore attesté en 1050) : cette forme a été préservée en italien moderne : tedesco.

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