Guerre de Restauration (République dominicaine)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guerre de Restauration.
Guerre de Restauration
Informations générales
DateDu 16 août 1863 au 15 juillet 1865
LieuRépublique dominicaine
IssueVictoire dominicaine, départ des troupes espagnoles
Belligérants
Drapeau de la République dominicaine République dominicaineDrapeau de l'Espagne Espagne
Commandants
Drapeau de la République dominicaineGregorio Luperón
Drapeau de la République dominicaineSantiago Rodriguez
Drapeau de l'Espagne Pedro Santana
Drapeau de l'EspagneJosé de la Gandara
Forces en présence
15 000 - 17 000 insurgés41 000 Espagnols
12 000 Dominicains
10 000 Portoricains et Cubains
Pertes
50 000 morts[1]

La guerre de Restauration est une guerre qui a eu lieu en République dominicaine entre 1863 et 1865, et qui a opposé les indépendantistes dominicains à l'Espagne, qui avait recolonisé le pays 17 ans après son indépendance. La guerre s'est conclue par la victoire des Dominicains et le retrait définitif du Royaume d'Espagne.

Contexte

Le général Pedro Santana fut le promoteur de l'annexion de l'île par l'Espagne.

Le général Pedro Santana, au pouvoir en République dominicaine, faisait face à une crise économique et la menace d'une autre invasion haïtienne. Face à ces menaces, Santana demande à l'Espagne de reprendre le contrôle du pays, après 17 ans d'indépendance. Les États-Unis, déchirés par la guerre de Sécession, ne pouvaient pas faire appliquer la doctrine Monroe et éviter l'intrusion de puissances européennes sur le continent américain. Les Espagnols ont considéré qu'il s'agissait d'une opportunité pour reprendre pied dans l'ancienne colonie. L'annexion par l'Espagne eut lieu le et Santana devint gouverneur général de la nouvelle juridiction de Saint-Domingue.

Cette annexion provoqua l'opposition des nationalistes dominicains, et Francisco del Rosario Sanchez, héros de l'indépendance dominicaine, tenta une invasion à partir d'Haïti, qui était officiellement neutre. Capturé, il est fusillé le 4 juillet 1861. Les Espagnols écartèrent Santana, jugé trop faible et incapable de maintenir l'ordre dans le pays.

Le gouvernement colonial espagnol commença peu à peu à se mettre à dos la population, en grande partie à cause de l'occupation des troupes espagnoles, qui réquisitionnaient le bétail sans la moindre indemnisation. Cette opposition avait aussi des causes culturelles, dues à la volonté de l'épiscopat espagnol de rétablir un « ordre moral » dans une île où beaucoup de couples n'étaient pas mariés et où les naissances illégitimes étaient acceptées. Cette opposition à l'Espagne avait également des causes économiques : les Espagnols avaient établi des droits de douanes élevés pour les produits non-espagnols. À tout cela s'ajoutaient des rumeurs, selon lesquelles les Espagnols cherchaient à rétablir l'esclavage et à envoyer les Dominicains noirs à Cuba et à Porto Rico, des îles demeurées espagnoles.

La conjonction de ces évènements fit craindre à l’administration espagnole, à partir de 1862, l’imminence d’une insurrection populaire. À cela s’ajoutait la dégradation des relations avec Haïti, due à la revendication par l’Espagne de territoires pris par Haïti en 1794.