Guerre civile népalaise

Guerre civile népalaise
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Carte du Népal
Informations générales
Date 1996 - 2006
(10 ans)
Lieu Népal
Issue Accord de paix le 21 novembre 2006, débouchant sur un gouvernement d'Union Nationale dirigé par les maoïstes
Belligérants
Flag of Nepal.svg Royaume du Népal CPI-M-flag.svg Parti communiste du Népal (maoïste)
Commandants
Flag of Nepal.svg Gyanendra Bir Bikram Shah Dev
Flag of Nepal.svg Sher Bahadur Deuba
Flag of Nepal.svg Girija Prasad Koirala
Flag of Nepal.svg Krishna Prasad Bhattarai
CPI-M-flag.svg Pushpa Kamal Dahal
CPI-M-flag.svg Baburam Bhattarai

La guerre civile népalaise (nommée guerre populaire népalaise par les maoïstes) est un conflit qui s'est déroulé au Népal, de 1996 à 2006, entre la monarchie, le gouvernement d'une part et le Parti communiste du Népal (maoïste) d'autre part. Les maoïstes réclament le départ du roi et l'instauration d'une république populaire du Népal. Le 13 février 1996, le PCN(m) lance la guerre, via sa branche armée l' Armée populaire népalaise.

De 1996 à 2006, cette guerre, au fil des affrontements, fera un nombre de victimes estimé à environ 13 000 morts [1]. Selon l'ONG Informal Sector Service Centre, 85 % des meurtres de civils seraient attribuables aux actions gouvernementales [2]. De 100 000 à 150 000 personnes ont fui les zones de conflits vers d'autres régions, principalement vers la capitale Katmandou. Ce conflit a mené à une transformation profonde et complexe de la société népalaise.

Le , Prachanda finalise, à Katmandou, un accord de paix avec le Premier ministre Girija Prasad Koirala. Cet accord prévoit notamment le cantonnement des combattants maoïstes et leur future intégration dans l'armée régulière, la surveillance des armes jusque-là détenues par les rebelles et leur intégration dans les institutions régulières. Une nouvelle constitution a été adoptée en 2015.

Contexte

L'enlisement des régimes autocratiques et parlementaires

Les Premiers ministres succédant à la dynastie des Rânâ en 1951 répriment les élans démocratiques. Le roi Mahendra Bir Bikram Shah Dev, arrivé au pouvoir en 1955, révoque le multipartisme en 1962. Les panchâyats, conseils consultatifs, perdent peu à peu de leur pouvoir tandis que l'opposition est réprimée. En 1972 le roi Birendra Bir Bikram Shah Dev lui succède mais ne revient pas sur le caractère personnel du régime. La contestation estudiantine monte. En 1980, une réforme constitutionnelle prévoit le renouvellement du parlement tous les cinq ans. Les élections de 1981 maintiennent Surya Bahadur Thapa au poste de Premier ministre. Il s'avère incapable de moderniser le pays et de lutter contre le clientélisme. Après de nouvelles vagues contestataires étouffées et d'élections sans résultat, une grève générale débute en 1990. Elle perdure malgré la dureté de la répression, arrestation des leaders d'opposition, de la condamnation des rassemblements. La transition démocratique s'accélère avec la révision de la constitution de 1962, les partis politiques d'opposition peuvent s'organiser librement et les pouvoirs de la monarchie sont réformés.

L'essor des maoïstes

Le Parti Communiste Népalais, créé en 1949 à Calcutta, se cantonne à ses débuts à un rôle de contestation radicale. En dépit de scissions successives et d'un poids électoral faible, il accroît son influence de façon clandestine en mettant en place des structures parallèles.

En 1994, l'opposition communiste accède au pouvoir avec l'investiture de Mohan Adhikary sur la base d'un programme de démocratisation des institutions, néanmoins sans majorité forte. La coalition avec le Parti du Congrès provoque la dissidence de deux factions anti-parlementaires, fusionnant pour créer le Parti communiste du Népal (maoïste) [3]. Ce dernier publie sous forme d'ultimatum un programme politique, incluant principalement l'abolition de la monarchie et des privilèges de castes.

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