Göktürk

Göktürk
Old Turkic letter UK.svgOld Turkic letter R2.svgOld Turkic letter U.svgOld Turkic letter T2.svg (otk)

突厥 (zh)

552 – 657
682 – 745

Drapeau
Description de l'image GökturksAD551-572.png.
Informations générales
StatutKhaganat
CapitaleOrdu-Baliq
ReligionTengrisme
Histoire et événements
552Victoire de Bumin contre les Avars
657Défaite contre les Tang
682Qutlugh se rebelle et recrée l'empire turc
744Assassinat du dernier kağan
745La région revient aux Ouïghours
Kağan
(1er) e siècleBumin
(Der) 741-744Özmish

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Les Göktürk (köktürk: 𐱅𐰇𐰼𐰰:𐰜𐰇𐰛 Kök Türük, chinois: 突厥 Tu-kiu[1]) constituaient un khanat créé par le clan des Ashina. Ils ont régné sur la Mongolie et l'Asie centrale et sa création a contribué à l'expansion des Turcs vers la mer Caspienne. Deux siècles et demi après leur chute, les tribus turques atteignirent l'Anatolie.

Au début du e siècle, les Turcs ont créé une écriture dite « runique » parce qu'elle ressemble aux runes. Ils sont les premiers nomades de l'Asie centrale à avoir laissé des inscriptions. Celles qui ont été rédigées par les Göktürk proviennent de la vallée de l'Orkhon, en Mongolie septentrionale. Le cœur de leur empire s'y trouvait. Des inscriptions de Sibérie méridionale sont attribuables à d'autres peuples turcs. Celles de la vallée de l'Ienisseï, de courtes inscriptions funéraires, ont dû être rédigées par les Kirghizes.

Les Göktürk reçurent des missionnaires bouddhistes, manichéens et nestoriens, mais restèrent majoritairement chamanistes. Ils avaient également une religion impériale, le tengrisme, basée sur la vénération de Tängri, le Dieu-Ciel.

La langue des Göktürk est appelée le Göktürk.

Histoire

Les origines

La place d'origine des Turcs Bleus est les monts Altaï. Ils étaient alors connus pour être des vassaux des Ruanruan, peuple qui occupait l'essentiel du territoire de l'actuelle Mongolie. Ils travaillaient pour leurs suzerains comme forgerons (en vieux turc, « tarqan »).

Le mythe de leurs origines se présente ainsi. Ils étaient un rameau des Xiongnu. Un peuple voisin les extermina, à l'exception d'un jeune garçon. Les soldats ne voulurent pas le tuer, eu égard à son jeune âge, mais ils lui coupèrent les pieds et le jetèrent dans un marais. Là, une louve le nourrit de viande. Comme il s'unit plus tard à elle, elle devint pleine. Le roi ennemi, ayant entendu dire qu'il vivait encore, envoya ses hommes pour le tuer. La louve parvint à se réfugier dans une montagne au nord de Tourfan. Dans celle-ci, il y avait une immense caverne tapissée d'une herbe touffue. La louve donna naissance à dix garçons, qui prirent femmes au-dehors. Leurs descendants se multiplièrent et après plusieurs générations, ils sortirent de la caverne pour s'établir au sud de l'Altaï.

De l'avis général, ce mythe est composite. Sa première partie est indo-européenne. Elle est à peu près identique à un mythe des Wusun attesté beaucoup plus tôt, dès le IIe siècle IIe siècle av. J.-C.. Les Wusun étaient des nomades indo-européens, peut-être iraniens, mais plus probablement tokhariens, qui vivaient au nord des Tian Shan, entre le Kazakhstan et le Kirghizistan. Un roi bébé est sauvé d'une attaque d'un peuple ennemi grâce à un haut dignitaire. Il est ensuite nourri par une louve et des corbeaux. Ce mythe est apparenté à l'histoire de Romulus et Rémus, les fondateurs mythiques de Rome, qui ont été également nourris par une louve. Ce n'est peut-être pas aux Wusun que les Turcs ont pris cette légende, mais à des nomades tokhariens qui vivaient au nord de Tourfan, à l'endroit même où ils ont situé leur caverne.

Ce qui est sûr, c'est qu'un peuple parlant la langue appelée tokharien A ou agnéen a exercé son influence dès une haute époque sur les Turcs. Elle était, chez eux, une langue de prestige. Des emprunts ont été effectués. Par exemple, le composé turc at kü « nom + gloire, renom » est un calque du composé agnéen ñom klyu « nom + gloire, renom », et de plus, provient de klyu. Le mot turc išič « pot, marmite en terre », provient par synecdoque du mot agnéen *išäč « argile ». Plus tard, l'agnéen a été utilisé pour la propagation du bouddhisme chez les Turcs. Ceux-ci commandaient des textes en agnéen et y laissaient parfois leurs noms ou leurs titres.

Le mythe de la caverne d'où émerge tout un peuple, en revanche, est purement turc. Les Turcs devaient également avoir un loup ancêtre, comme les Mongols. Cet ancêtre a dû changer de sexe, c'est-à-dire devenir une louve, pour que ce mythe puisse être combiné avec le mythe indo-européen.

Le premier empire

En 552, Bumin battit le dernier khan des Ruanruan, que les Chinois appelaient A-na-kuei. Il s'installa en Mongolie centrale mais mourut un an après. Son fils Mugan (553-572, appelé Muhan par les Chinois) lui succéda en confiant l'aile occidentale de l'empire à Istämi († 576), un frère de Bumin. Ce dernier s'allia avec les Sassanides perses pour combattre les Huns blancs : il donna sa fille en mariage à l'empereur perse Khosro Khosro Ier Anushirvan. Après avoir éliminé les Huns Blancs, vers 563, les deux alliés se partagèrent ce qui deviendra ensuite le Turkestan russe, notamment le territoire des Sogdiens, mais ils ne tardèrent pas à se brouiller. Pour prendre les Perses en tenaille, Istämi envoya en 567 un Sogdien en ambassade à Byzance. L'année suivante, le Byzantin Zémarque (Zemarchus) arriva chez Istämi. Malgré les guerres qu'ils menèrent ensemble, jusqu'en 630, les Turcs et les Byzantins ne purent venir à bout des Perses.

L'autorité de Taspar (572-581), le frère cadet et successeur de Mugan, qui régnait en Mongolie avec le titre de qaghan, fut reconnue par les Turcs occidentaux. Ce souverain se convertit au bouddhisme, comme son frère Nivar (581-587, également appelé Ishbara d'après Paul Pelliot). Le yabghu Tardu, fils d'Istämi, rompit avec Nivar et prit le titre de qaghan. Il avait été encouragé par les Chinois, qui désiraient briser l'empire turc. Il y eut désormais deux États, celui des Turcs orientaux en Mongolie, dirigé par Nivar, et celui des Turcs occidentaux dans les Tian Shan et au Kazakhstan oriental, dirigé par Tardu. Un fils de Mugan, connu sous le nom d'Apa qaghan et que les textes chinois appellent Daluobian, se mit à convoiter le trône. Ses intérêts rejoignaient ceux de Tardu, qui désirait aussi abattre Nivar afin de refaire l'unité de l'empire. Pour empêcher cela, les Chinois apportèrent leur soutien à Nivar. Apa qaghan se retourna alors contre Tardu et parvint à prendre sa place. En 585, Tardu demanda l'asile aux Chinois.

À Nivar, succédèrent deux empereurs appelés Chuluohu (587-588) et Yongyulü (588-599) par les Chinois. Le premier captura Apa qaghan, mais les Turcs occidentaux restèrent séparés de leurs frères orientaux. Ils élurent en 587 un qaghan que les Chinois appelaient Nili et dont on ne sait presque rien. Tardu réapparut en 594, lors d'un conflit avec Yongyulü. Il reprit le contrôle des Turcs occidentaux. En 598, il envoya à Constantinople une lettre où il se déclarait qaghan suprême, « grand chef des sept races et maître des sept climats ». Il s'attaqua aux Chinois, mais il fut vaincu en 603, à la suite de la révolte d'une tribu, et dut se réfugier dans l'actuelle province chinoise du Qinghai, au nord-est du Tibet. On n'entendit plus jamais parler de lui.

À la fin de la dynastie Sui et au début de la dynastie Tang, les Turcs orientaux attaquèrent à leur tour la Chine, en profitant des difficultés intérieures que connaissait ce pays. L'empereur El Qaghan (620-630, appelé Xieli par les Chinois), arriva jusqu'à la capitale Chang'an le 23 septembre 626 avec 100 000 hommes. L'audacieux empereur Taizong des Tang, malgré le peu de moyens dont il disposait, parvint à lui faire rebrousser chemin. Par la suite, Taizong soutint les révoltes de certaines tribus contre El Qaghan, puis en 630, il envoya ses troupes en Mongolie et captura le qaghan. Dès lors, les Turcs orientaux furent soumis à la Chine.

Après la défaite de Tardu, les Turcs occidentaux étaient restés quelque temps désunis. Ils avaient ensuite retrouvé un chef en la personne de Shigui, puis de son frère, le yabghu Tong (618-630, ce sont leurs noms chinois). Ce dernier fut un puissant souverain, qui étendit son pouvoir jusque sur une partie de l'Afghanistan et de l'Inde du Nord. Le pèlerin chinois et moine bouddhiste, Xuanzang le rencontra dans les Tian Shan, lors de sa pérégrination vers l'Ouest. Quelques mois plus tard, des tribus vassales, les Qarluq, se révoltèrent, et Tong fut tué. Les Turcs occidentaux perdirent de nouveau leur unité. Dans les années 640, les Chinois les évincèrent des riches oasis du bassin du Tarim, sur la Route de la soie, qui se trouvaient juste au sud de leur territoire. En 651, les Turcs occidentaux se rangèrent sous l'autorité d'un qan que les Chinois appelaient Helu. Après avoir obtenu l'appui des Ouïgours, les Chinois se mirent en campagne contre lui et le vainquirent en 657. Pratiquement toute l'Asie centrale tomba aux mains des Chinois.

Le deuxième empire

L'Asie vers 700

Le rétablissement de l'empire turc fut l'œuvre d'un dignitaire (chor) qui s'appelait Qutlugh, le Fortuné. Il commença comme un simple aventurier. Au début, selon l'inscription de Köl Tegin (cf. ci-dessous), il n'avait que vingt sept hommes. Il profita du soutien non pas de l'aristocratie turque, mais du peuple, au sein duquel brûlait un fort sentiment nationaliste anti-chinois. Un très habile seigneur (beg) se joignit cependant à lui. Il s'appelait Tonyuquq (ou Toñuquq). C'était un Turc né en Chine et qui avait reçu une éducation chinoise, mais il détestait les Chinois.

À partir de 682, Qutlugh chor se mit à lancer des attaques dévastatrices contre la Chine. Celle-ci était alors gouvernée par un empereur faible, Gaozong, et son influence reculait dans toute l'Asie centrale. Entre 687 et 691, Qutlugh, qui s'était proclamé empereur avec le titre d'Ilterish Qaghan, soumit les Ouïgours et les Neuf Oghuz, d'autres confédérations de tribus turques, et s'installa aux sources de l'Orkhon, dans ce qui avait toujours été et ce qui resterait le cœur des empires des steppes. En Chine, en 683, à la mort de Gaozong, le pouvoir tomba entre les mains de son énergique concubine, Wu Zetian. Si elle parvint à reprendre le bassin du Tarim aux Tibétains vers 692, elle fut impuissante face aux Turcs. Elle fut confrontée au frère cadet d'Ilterish qaghan, qui portait le titre de Qapaghan Qaghan, le qaghan Conquérant (691-716).

Cet empereur fit semblant de défendre la dynastie Tang contre les volontés d'usurpation de Wu Zetian, mais il n'en continua pas moins ses attaques. À chaque fois, les armées chinoises subissaient d'écrasantes défaites et les Turcs ramenaient chez eux un butin fabuleux. En 699, il parvint à soumettre les Turcs occidentaux. Il remporta des victoires contre d'autres peuples turcs et tua même le roi des Kirghiz, qui vivaient sur le cours supérieur de l'Ienisseï en Sibérie méridionale. Le vent commença à tourner en 711, quand Tonyuquq se heurta aux Arabes lors d'un raid en Sogdiane. Il ne revint près de l'Altaï que trois ans plus tard et essaya de prêter main-forte à des troupes qui assiégeaient la ville de Beshbalïq, mais ce fut un échec. Les vassaux des Turcs Bleus, dont les puissants Oghuz, commencèrent alors à se révolter. Qapaghan qaghan fut tué lors d'une campagne contre la tribu des Bayirqu le 22 juillet 716, près de la rivière Tuul qui arrose Oulan-Bator.

Le pouvoir aurait dû revenir au fils aîné d'Ilterish, connu depuis 698 par le titre de shad des Tardush, puis au frère cadet de celui-ci, Köl Tegin (ou Kül Tegin). Tous les deux étaient alors des généraux renommés. Mais suivant la volonté de Qapaghan, ses suivants aidèrent le fils de leur ancien maître, Bögü, à monter sur le trône. Köl Tegin l'assassina, avec le soutien de nombreux aristocrates, et massacra toute la famille de Qapaghan n'épargnant que Tonyuquq. Il plaça ensuite son frère aîné sur le trône. Celui-ci fut appelé Bilgä Qaghan « le qaghan sage » (716-734). Il fallut reconstituer l'empire, qui avait totalement éclaté. Ce fut chose faite en 718. Bilgä Qaghan envisagea ensuite d'attaquer la Chine, qui avait aidé les tribus rebelles. Le problème était que la Chine, alors gouvernée par l'empereur Xuanzong, était en pleine gloire. Pour cette raison, Tonyuquq conseilla à Bilgä Qaghan de proposer plutôt un accord de paix aux Chinois. Méfiants, ceux-ci refusèrent toute négociation et préparèrent une grande offensive. Les Turcs la prévinrent en écrasant l'un de leurs alliés, les Basmil, au nord de Tourfan (il s'agissait apparemment d'un peuple d'origine non turque) puis en attaquant la province chinoise du Gansu. En 721, Xuanzong accepta la proposition de paix. Il est remarquable que les Turcs et les Chinois restèrent fidèles à leurs engagements. En 727, par exemple, Bilgä Qaghan refusa de s'allier avec les Tibétains contre les Chinois.

À la mort de Köl Tegin en 731, son frère fit graver sur une stèle un éloge funèbre qui est resté célèbre. L'empereur sage périt à son tour trois ans plus tard, empoisonné par l'un de ses serviteurs. Deux de ses fils lui succédèrent, Izhan qaghan (734-739) et Tängri qaghan (740-741). À la mort de ce dernier, assassiné par son oncle Qutlugh yabghu, l'empire commença à se désintégrer. Qutlugh, qui usurpa le pouvoir sous le nom d'Özmish qaghan, se heurta immédiatement à la révolte des Basmil, des Ouïgours et des Qarluq, et il fut tué en 744 par les premiers. La famille impériale des Göktürk s'étant réfugiée en 743 en Chine, leur territoire revint aux Ouïgours.

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