Fork (développement logiciel)

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Chronologie montrant les forks de distributions Linux.

Un fork (terme anglais signifiant « fourche », « bifurcation », « embranchement » [1]) est un nouveau logiciel créé à partir du code source d'un logiciel existant lorsque les droits accordés par les auteurs le permettent : ils doivent autoriser l'utilisation, la modification et la redistribution du code source. C'est pour cette raison que les forks se produisent facilement dans le domaine des logiciels libres. En français québécois on emploie le terme de fourche[2].

Un fork peut être bénéfique pour un projet donné lorsque sa gouvernance actuelle conduit à une impasse, sa reprise par un nouveau groupe pouvant le relancer. Il peut aussi être néfaste en provoquant un éparpillement des ressources.

Un fork peut naître à la suite de divergences de points de vue ou d'objectifs parmi les développeurs, ou encore à la suite de conflits personnels (Ex : Iceweasel sous Debian est un fork de Mozilla Firefox). Les projets parents et dissidents peuvent avoir des rapports amicaux (fork amical) ou bien conflictuels (fork inamical). Quels que soient les rapports entre les deux projets, les licences de logiciels libres permettent l'emprunt de code d'un projet par l'autre. Ainsi, les différents BSD s'empruntent régulièrement du code car ils partagent la même licence.

Une illustration de la régulation des projets libres par ce moyen est l'apparition d'au moins trois forks libres pour le projet SourceForge à l'issue de la « dérive de SourceForge »[3] :

Spork

Il existe une autre catégorie de fork, qui porte le nom de « spork ». Ce type de fork est créé à la suite de problèmes relationnels avec le mainteneur (le responsable) d'un paquet logiciel qui refuse de se conformer au rôle classique du mainteneur. Par exemple, il refuse d’intégrer des corrections tout à fait valides ou de nouvelles fonctionnalités sans en donner la raison. Le spork consiste à prendre le code source du projet en amont et à lui appliquer les patchs légitimes rejetés par ce dernier.

Un spork permet de partager l'effort de maintenance en aval du projet. Au lieu que chaque distribution maintienne indépendamment un ensemble de patchs à appliquer au projet amont, elles peuvent ainsi partager l'effort en créant un projet intermédiaire qui rassemble les patchs communs, il ne reste alors plus aux distributions qu'à gérer les patchs spécifiques à leur propre distribution.

Ce fut le cas notamment de projets comme :

  • eglibc, un spork de la glibc, qui intègre des patchs légitimes refusés par Ulrich Drepper. Debian utilise la eglibc depuis 2009[4].
  • Go-oo[5], un logiciel dérivé d'OpenOffice.org, qui comporte des patchs non intégrés par Sun Microsystems pour cause de lenteur d'intégration ou d'opposition à la politique commerciale de Sun. Depuis le rachat de Sun par la société Oracle, la situation s'est encore détériorée. Devant le silence d'Oracle sur l'avenir du projet, le spork s'est transformé en un véritable fork nommé LibreOffice. Si Go-oo était principalement utilisé par OpenSuse et Ubuntu, LibreOffice est maintenant utilisé par quasiment toutes les distributions.
Une « cuillère-fourchette » japonaise pour droitier

En anglais général, un spork (cuillère-fourchette), est un mot-valise créé à partir de spoon (cuillère) et de fork (fourchette). Du fait de la dualité de fonction de l'objet, l'analogie a été conservée avec les ramifications informatiques qui gardent à la fois les fonctions existantes et en rajoutent de nouvelles.

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