Denis Diderot

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Denis Diderot, né le à Langres et mort le à Paris, est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français des Lumières, à la fois romancier, dramaturge, conteur, essayiste, dialoguiste, critique d'art, critique littéraire et traducteur.

Diderot est reconnu pour son érudition, son esprit critique et un certain génie. Il laisse son empreinte dans l'histoire de tous les genres littéraires auxquels il s'est essayé : il pose les bases du drame bourgeois au théâtre, révolutionne le roman avec Jacques le fataliste et son maître, invente la critique à travers ses Salons et supervise la rédaction d'un des ouvrages les plus marquants de son siècle, la célèbre Encyclopédie. En philosophie également, Diderot se démarque en proposant plus de matière à un raisonnement autonome du lecteur plutôt qu'un système complet, fermé et rigide. Les premiers mots de ses Pensées sur l'interprétation de la nature (2e éd., 1754) :

« Jeune homme, prends et lis. Si tu peux aller jusqu'à la fin de cet ouvrage, tu ne seras pas incapable d'en entendre un meilleur. Comme je me suis moins proposé de t'instruire que de t'exercer, il m'importe peu que tu adoptes mes idées ou que tu les rejettes, pourvu qu'elles emploient toute ton attention. Un plus habile t'apprendra à connaître les forces de la nature ; il me suffira de t'avoir fait essayer les tiennes. »

Mal connu de ses contemporains, tenu éloigné des polémiques de son temps, peu enclin à la vie des salons et mal reçu par la Révolution, Diderot devra attendre la fin du e siècle pour recevoir enfin tout l'intérêt et la reconnaissance de la postérité dans laquelle il avait placé une partie de ses espoirs.

Biographie

Jeunesse (1713-1728)

Statue de Diderot à Langres, place Diderot

Denis Diderot naît à Langres[1], dans une famille bourgeoise le et est baptisé le lendemain en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Langres[2], la cathédrale étant réservée aux baptêmes de nobles[3].

Portrait supposé de Didier Diderot, maître coutelier de Langres (artiste inconnu), Musée d'art et d'histoire de Langres

Ses parents mariés en 1712 eurent six enfants dont seulement quatre atteignirent l'âge adulte. Son père Didier Diderot (1675-1759), maître coutelier, était réputé pour ses instruments chirurgicaux, scalpels et lancettes notamment. Son grand-père Denis Diderot (1654-1726), coutelier et fils de coutelier, s'était marié en 1679 à Nicole Beligné (1655-1692), de la célèbre maison de coutellerie Beligné[4]. Sa mère Angélique Vigneron (1677-1748) était la fille d'un maître tanneur[5].

Diderot était l'aîné de cette fratrie dont chaque membre tint un rôle important dans la vie de l'écrivain. Angélique (1720-1749), ursuline, mourut jeune au couvent et inspira La Religieuse[réf. nécessaire] ; Didier-Pierre (1722-1787) embrassera la carrière ecclésiastique et sera chanoine de la cathédrale de Langres. Les relations entre les deux frères seront toujours conflictuelles, au-delà même du décès de Denis. Denise (1715-1797), enfin, également restée au pays, sera le lien permanent et discret entre Diderot et sa région natale.

De 1723 à 1728, Denis suit les cours du collège jésuite, proche de sa maison natale. À douze ans (1725), ses parents envisagent pour lui la prêtrise et, le , il reçoit la tonsure de l'évêque de Langres et prend le titre d'abbé dont il a la tenue. Il doit succéder à son oncle chanoine à Langres, mais sa mort prématurée sans testament ne peut faire bénéficier son neveu de sa prébende[6].

Premières années parisiennes (1728-1745)

Peu intéressé par la carrière ecclésiastique, ni davantage par l'entreprise familiale et les perspectives de la province, il part étudier à Paris en 1728. Il ne reviendra plus guère à Langres que quatre fois, en 1742, à l'automne 1754, en 1759 et en 1770 et essentiellement pour régler des affaires familiales.

Ses premières années parisiennes sont mal connues. De 1728 à 1732, il suit sans doute des cours au collège d'Harcourt puis étudie la théologie à la Sorbonne. En tous cas, le , il reçoit une attestation de l'université de Paris qui confirme qu'il a étudié avec succès la philosophie pendant deux ans et la théologie durant trois ans.

Les années 1737-1740 sont difficiles. Diderot donne des cours, compose des sermons, se fait clerc auprès d'un procureur d'origine langroise, invente des stratagèmes pour obtenir de l'argent de ses parents, au désespoir de son père.

Ses préoccupations prennent progressivement une tournure plus littéraire. Il fréquente les théâtres, apprend l'anglais dans un dictionnaire latin-anglais[7], et donne quelques articles au Mercure de France — le premier serait une épître à M. Basset, en janvier 1739. À la fin des années 1730, il annote une traduction d'Étienne de Silhouette de l'Essay on man d'Alexander Pope et se tourne vers la traduction.

Diderot rencontre Jean-Jacques Rousseau à la fin de 1742. Une forte amitié naît entre les deux hommes. C'est sur la route du Château de Vincennes, où est enfermé Diderot, que Rousseau a la fameuse illumination qui lui inspirera le Discours sur les sciences et les arts. Diderot lui-même n'est d'ailleurs pas étranger à certaines idées du texte[8]. Par l'intermédiaire de Rousseau, Diderot rencontre Condillac en 1745. Ils forment à trois une petite compagnie qui se réunira souvent.

Premiers écrits (1743-1749)

Entre 1740 et 1746, Diderot déménage fréquemment sans jamais s'éloigner du quartier latin[9]. En 1740 on le trouve rue de l'Observance puis rue du Vieux-Colombier et rue des Deux-Ponts.

En 1742, il effectue un premier retour à Langres pour solliciter auprès de son père le droit de se marier[10]. Il essuie un refus. Au début de l'année 1743, s'opposant au mariage qu'il projette malgré son refus et sans doute fatigué des frasques de son fils, son père le fait enfermer quelques semaines dans un monastère près de Troyes. Denis s'en échappe et ayant atteint sa majorité matrimoniale (30 ans à l'époque) en octobre, épouse secrètement en novembre Anne-Antoinette Champion (1710-10 avril 1796[11]) en l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs[12] le [13]. Le jeune couple s'installe rue Saint-Victor (1743).

La clandestinité du mariage peut laisser penser à un mariage d'amour, mais cette union ne sera pas heureuse longtemps. Diderot oublie rapidement son épouse très éloignée sans doute de ses considérations littéraires ; sa première liaison connue, avec Madeleine de Puisieux, est attestée en 1745. Mais, en dépit de ses écarts conjugaux, Diderot aura toujours soin de protéger les siens ; et, de son couple, naîtront quatre enfants dont seule la cadette, Marie-Angélique (1753-1824), atteindra l'âge adulte.

L'année 1743 marque le début de la carrière littéraire de Diderot, par le biais de la traduction. Il traduit The Grecian history de Temple Stanyan, puis, surtout en 1745 paraît sa traduction, largement augmentée de ses réflexions personnelles, de An inquiry concerning virtue or merit de Shaftesbury, sous le titre Essai sur le mérite et la vertu[14], premier manifeste du glissement de Diderot de la foi chrétienne vers le déisme.

En 1746, le couple se trouve rue Traversière puis, en avril, rue Mouffetard, (avril 1746)[15] C'est l'époque de la publication de sa première œuvre originale, les Pensées philosophiques en 1746.

De 1746 à 1748, il collabore avec Marc-Antoine Eidous et François-Vincent Toussaint à la traduction du Medicinal dictionnary de Robert James. En 1748 il publie Les Bijoux indiscrets, conte orientalisant parodiant entre autres la vie à la cour et des Mémoires sur différents sujets de mathématiques, ces derniers jetant les bases de sa notoriété, comme mathématicien...

Il rencontre à cette époque Jean-Philippe Rameau et collabore à la rédaction de sa Démonstration du principe de l'harmonie (1750).

Château de Vincennes (24 juillet au 3 novembre 1749)

Le no 3 de la rue de l'Estrapade où vivait Diderot de 1747 à 1754, à l'époque de son arrestation.

Les positions matérialistes de sa Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient, qui paraît en 1749, achèvent de convaincre la censure que leur auteur, surveillé depuis quelque temps, est un individu dangereux. L'œuvre est condamnée et Diderot est arrêté chez lui, rue de l'Estrapade[16] et emmené au château de Vincennes où il sera incarcéré trois mois sur ordre de Berryer.

À son domicile on saisit le manuscrit de La Promenade du sceptique[réf. nécessaire] et on cherche vainement le manuscrit de L'Oiseau blanc : conte bleu.

Durant sa détention, Diderot reçoit la visite de son ami Jean-Jacques Rousseau qui, en chemin, a eu la fameuse illumination qui l'amènera à écrire, sans doute avec l'aide de Diderot, son Discours sur les sciences et les arts. Sa pénible détention traumatise Diderot[17] et l'incite à une grande prudence dans ses publications, préférant même réserver certains de ses textes à la postérité.

Extrait du procès-verbal de l'arrestation de Diderot (France, Archives nationales).

L'Encyclopédie (1747-1765)

La rue Taranne en 1866 vue par Charles Marville : le logis de Diderot était situé au dessus du restaurant Laffitte, au n° 1, et faisait l'angle avec, à droite, le début de la rue Saint-Benoît.

À l’origine, l’Encyclopédie ne devait être que la traduction en français de la Cyclopædia d’Ephraïm Chambers, dont la première édition date de 1728, mais Diderot, auteur polygraphe dont la pensée philosophique ne cesse de s'accentuer dans le sens de l'athéisme, du matérialisme, mais aussi de l'évolutionnisme, préfère entreprendre l'œuvre d'une vie[18].

L'année 1747 marque le début des pleines responsabilités de Diderot dans le vaste projet éditorial de l'Encyclopédie. Il s'installe alors rue de l'Estrapade sur la montagne Sainte-Geneviève. Le Prospectus paraît en 1750 et le premier volume l'année suivante. Il consacrera 20 ans de sa vie à ce projet qu'il n'achève qu'en juillet 1765, rempli de l'amertume due au manque de reconnaissance, aux errements de l'édition et au comportement des éditeurs (Le Breton en particulier).

Cette période de travail intense, avec ses charges, ses menaces, ses satisfactions et ses déceptions est également marquée par quelques événements privés importants.

En 1750, il est nommé à l'Académie de Berlin. Et en 1753 naît Marie-Angélique, seul de ses enfants qui lui survivra.

Les finances s'améliorent, et, en 1754, la famille Diderot s'installe aux 4e et 5e étage d'un logis de la rue Taranne et n'en bougera plus. Cette maison a disparu à la fin du rue Taranne et n'en bougera plus. Cette maison a disparu à la fin du statue de Jean Gautherin rappelle son emplacement approximatif au niveau du numéro 145 du boulevard Saint-Germain.

En 1755 il rencontre Sophie Volland, peut-être par l'intermédiaire de Rousseau. Cette liaison, clandestine, qui se prolongera jusqu'à la mort de celle-ci, est à l'origine d'une abondante correspondance qui apparaît aujourd'hui comme essentielle pour la connaissance de l'écrivain.

À partir de 1757, ses idées commencent à diverger de celles de Jean-Jacques Rousseau, entre autres sur la question de la valeur de l'homme dans la société. Diderot en effet comprend mal le principe de solitude exprimé par Rousseau et écrit dans Le Fils naturel, que « l'homme de bien est dans la société, et qu'il n'y a que le méchant qui soit seul ». Rousseau se sent attaqué et s'offusque. La brouille a également pour origine les indiscrétions que Rousseau attribue à Diderot au sujet de sa liaison avec Louise d'Épinay[19]. Dans la version de 1760 du Contrat social dite « Manuscrit de Genève », Rousseau introduit une réfutation de l'article « Droit naturel » publié en 1755 dans l'Encyclopédie. La polémique avec Diderot[20] le conduit à supprimer le chapitre « La Société générale du genre humain », contenant la réfutation[21]. C'est le début d'un éloignement qui ne fera plus que se marquer davantage.

Le décès de son père, en 1759, impose un voyage à Langres pour régler la succession. C'est l'occasion pour Diderot de retrouver sa terre natale et de repenser à l'intégrité de son père. Il en sortira des textes importants, comme le Voyage à Langres et l'Entretien d'un père avec ses enfants.

Dès 1761, Diderot pense à vendre sa bibliothèque pour doter correctement sa fille − qui n'a alors que 8 ans. Catherine II intervient et achète le bien. Non seulement elle l'achète « en viager » pour permettre au philosophe d'en garder l'usage jusqu'à sa mort mais en plus elle le nomme bibliothécaire de ce fond et le rétribue en tant que tel. À la suite d'un retard de paiement, l'impératrice lui paye même 50 années d'avance. Cette vente et ces largesses permettront au philosophe de mettre sa fille et ses vieux jours à l'abri du besoin, mais aura un impact important sur la réception de son œuvre.

Critique et négociant (1765-1773)

À partir de 1769, Grimm confie plus largement la direction de la Correspondance littéraire à Diderot[22] et Louise d'Épinay. Ce sera l'occasion pour Diderot de développer une activité de critique d'une part littéraire et d'autre part artistique par le biais des neuf salons qu'il rédigera entre 1759 et 1781. La Correspondance littéraire sera également le premier mode de diffusion, manuscrit et très restreint, de nombreux textes du philosophe.

Article détaillé : Salons (Diderot).

Au printemps 1769, Diderot devient l’amant de Jeanne-Catherine Quinault (dite madame de Maux, du nom de son mari), nièce de la comédienne Jeanne-Françoise Quinault et amie de Louise d'Épinay.

Les divergences avec Rousseau s'affirment depuis quelques années déjà, la dispute s'amplifie jusqu'à la rupture totale en 1770. Rousseau considère dès lors Diderot comme un ennemi. L'un et l'autre alimenteront une grande amertume de cette rupture. Ainsi, dans sa Lettre sur les spectacles, Rousseau écrit : « J'avais un Aristarque sévère et judicieux, je ne l'ai plus, je n'en veux plus ; mais je le regretterai sans cesse, et il manque bien plus encore à mon cœur qu'à mes écrits ». Et Diderot répond, dans l'Essai sur les règnes de Claude et de Néron : « Demandez à un amant trompé la raison de son opiniâtre attachement pour une infidèle, et vous apprendrez le motif de l'opiniâtre attachement d'un homme de lettres pour un homme de lettres d'un talent distingué ».

À cette époque également, Diderot négocie des tableaux pour Catherine II. Grande amatrice d'art, l'impératrice chargeait ses principaux contacts, dont Diderot, d'acheter des œuvres européennes alors introuvables en Russie. C'est Diderot, par exemple, qui se charge en personne de l'achat du cabinet de Pierre Crozat en 1772.

Le 9 septembre 1772 sa fille unique se marie avec Abel François Nicolas Caroillon de Vandeul.

Voyage à Saint-Pétersbourg (1773-1774)

Catherine II

Depuis plus de 10 ans, Diderot était invité par Catherine II dont les largesses imposaient la reconnaissance. Peu enclin aux mondanités et d'un caractère casanier, ses obligations éditoriales et familiales incitaient Diderot à reporter le déplacement. Ce n'est qu'en 1773, après avoir terminé l'Encyclopédie et conclu le mariage de sa fille qu'il entreprit enfin ce voyage[23].

Diderot effectue ainsi l'unique voyage hors de France de sa vie du au . Ce voyage sera marqué d'un séjour à Saint-Pétersbourg, de ses entretiens avec Catherine II[24] et deux longs séjours à La Haye, dans les Provinces-Unies de l'époque[25].

Diderot avait pris avant son départ les dispositions nécessaires en prévision de son décès éventuel avec son ami Jacques-André Naigeon. Il revint indemne, des projets plein la tête, mais très affaibli ; les conditions du voyage et les rigueurs de l'hiver russe ont pu écourter sa vie de quelques années...

Trajet de Denis Diderot

À l'aller et au retour de son voyage, Diderot passe deux longs séjours à La Haye, dans les Provinces-Unies[26]. Son Voyage en Hollande est une synthèse de ses observations et, surtout, de ses lectures sur le pays.

Premier séjour à La Haye (juin à août 1773)

Il séjourne une première fois à La Haye du au , chez l'ambassadeur de Russie Dimitri Alexeïevitch Galitzine et sa femme Amélie Galitzine[27] à l'ambassade de Russie, Kneuterdijk (nl), n° 22[28]. Lors de ce séjour, Diderot a rencontré personnellement entre autres, le philosophe François Hemsterhuis, et a visité Haarlem, Amsterdam, Zaandam, Utrecht et Leyde[29]. Il a rencontré des professeurs de lycée à l'Université de Leyde[30].

Séjour à Pétersbourg

Second séjour à La Haye (avril à octobre 1774)

Sur le chemin du retour de Russie, il séjourne à nouveau chez Galitzine, du 5 avril 1774 au 15 octobre 1774 — soit 6 mois et 17 jours. C'est lors de ce séjour, qu'il rencontre l'éditeur Marc-Michel Rey et envisage avec lui une édition complète de ses œuvres qui ne verra pas le jour[31].

Dernières années (1774-1784)

Dès son retour, il ralentit progressivement sa vie sociale, sa santé se dégrade et il l’accepte mal. Il multiplie et allonge les séjours à Sèvres, dans la maison de son ami le joaillier Étienne-Benjamin Belle[32] où il vient régulièrement pendant les dix dernières années de sa vie[33] et au château du Grandval[34] (Sucy-en-Brie), chez d'Holbach, parfois en famille. En 1781, il collabore un peu à l'Encyclopédie méthodique de Charles-Joseph Panckoucke et Jacques-André Naigeon.

Château du Grandval, où Diderot fit plusieurs séjours à l'invitation du baron d'Holbach (carte postale de 1907).

À partir de 1783, Diderot met de l'ordre dans ses textes et travaille avec Naigeon à établir trois copies de ses œuvres : une pour lui, une pour sa fille et la dernière pour Catherine II. Sophie Volland décède le 22 février 1784. Le 15 mars 1784, le décès prématuré de sa petite-fille lui est peut-être caché pour le ménager.

Plaque sur l'immeuble du 39 rue de Richelieu.

Le 1er juin 1784, il déménage au 39 rue de Richelieu à Paris, dans l'hôtel dit de Bezons[35], grâce aux bons soins de Melchior Grimm et de Catherine II qui souhaitaient lui éviter de gravir les quatre étages d'escalier de son logis de la rue Taranne. Il ne profite que deux mois de ce confort et y décède le 31 juillet 1784.

À sa demande il est autopsié, puis inhumé à l’église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge, le 1er août 1784.

« L’an 1784, le 1er août, a été inhumé dans cette église M. Denis Diderot, des académies de Berlin, Stockholm et Saint-Pétersbourg, bibliothécaire de Sa Majesté Impériale Catherine seconde, impératrice de Russie, âgé de 71 ans, décédé hier, époux de dame Anne-Antoinette Champion, rue de Richelieu, de cette paroisse, présents : M. Abel-François-Nicolas Caroilhon de Vandeul, écuyer, trésorier de France, son gendre, rue de Bourbon, paroisse Saint-Sulpice ; M. Claude Caroilhon Destillières, écuyer, fermier général de Monsieur, frère du Roi, rue de Ménard[36], de cette paroisse ; M. Denis Caroilhon de la Charmotte, écuyer, directeur des domaines du Roi, susd. rue de Ménard, et M. Nicolas-Joseph Philpin de Piépape, chevalier, conseiller d’État, lieutenant général honoraire au bailliage de Langres, rue Traversière, qui ont signé avec nous [...], Marduel, curé. »

— Extrait du registre paroissial de l'église Saint-Roch à Paris[37].

Après 1784

En juin 1786, sa bibliothèque et ses archives sont envoyées à Saint-Pétersbourg. Elles n'y recevront pas l’attention accordées à celles de Voltaire : les pertes, les disparitions et l'absence de tout inventaire nuiront également à la connaissance et la bonne réception de l'œuvre de Diderot.

Alphonse Camille Terroir, À Diderot et aux Encyclopédistes (Panthéon de Paris).

Durant la Révolution, les tombes de l’église Saint-Roch sont profanées et les corps jetés à la fosse commune. La sépulture et la dépouille de Diderot ont donc disparu, contrairement à celles de Voltaire et Jean-Jacques Rousseau, tous deux inhumés au Panthéon de Paris comme l'indique Raymond Trousson.

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