Delirium tremens

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Le delirium tremens est une conséquence neurologique sévère liée au syndrome de sevrage d'alcool décrit pour la première fois en 1813[1] ; il s'agit d'un état d'agitation avec fièvre, tremblements des membres, onirisme et trouble de la conscience, propre à l'intoxication alcoolique. Le delirium tremens survient uniquement chez les alcooliques au cours d'un sevrage d'alcool non contrôlé par un traitement efficace du sevrage. Les benzodiazépines servent habituellement de traitement contre ce type de trouble neurologique[2].

Histoire

Du Thomas Sutton, pour désigner « cette forme de delirium aggravée par la saignée mais améliorée par l'opium[3]. »

L'affection a été rattachée à l'alcoolisme par Pierre Rayer en 1819, et c'est Carl Wernicke qui précise son origine « une suppression brusque des boissons spiritueuses »[4]. Cependant, le terme delirium tremens peut désigner historiquement aussi bien les états délirants dus à une intoxication par l'alcool (délire alcoolique) que ceux liés à un sevrage d'alcool (délire hallucinatoire du sevrage à l'alcool, hallucinose du sevrage à l'alcool, et hyperactivité autonome associée à un sevrage à l'alcool)[5].

En 1874, Valentin Magnan distingue radicalement le delirium tremens (sevrage d'alcool) des autres délires alcooliques[4], dans son traité De l'alcoolisme, des diverses formes du délire alcoolique et de leur traitement[6]. On y trouve des descriptions magistrales de delirium tremens, dont Émile Zola s'est directement inspiré pour écrire un des plus fameux passages de l'Assommoir (1877)[7].

À la fin du XIXe siècle, le delirium tremens a le statut d'une affection psychiatrique reliée à une cause spécifique : le sevrage d'alcool. Au cours du XXe siècle, ses limites deviennent imprécises : il apparait assez proche de sevrages de toxiques autres que l'alcool, de plus d'autres syndromes de sevrage d'alcool, plus modérés et plus fréquents que le delirium tremens, sont repérés et décrits au début des années 1950[8].

À la fin du XXe siècle, ces derniers troubles sont considérés comme des formes mineures, ou moins sévères, de dépendance physique à l'alcool. Ils sont parfois désignés sous le terme de « pré-delirium tremens »[4].

Le delirium tremens se situerait ainsi à l'extrémité d'un continuum (syndromes de sevrage alcoolique) allant du petit tremblement matinal jusqu'au véritable delirium tremens, chez un sujet alcoolo-dépendant[9]. Au début du XXIe siècle, différentes échelles d'évaluation permettent de suivre l'évolution d'un syndrome de sevrage d'alcool et d'adapter les traitements[10].

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