Défense antimissile

Cet article présente une vision d'ensemble des concepts de la défense antimissile, de ses enjeux géo-stratégiques et des principaux systèmes opérationnels dans les années 2010 ; pour le détail des stratégies et des programmes de défense antimissile historiques et actuels par pays, voir l'article détaillé défense antimissile par pays ; pour plus de détail sur les caractéristiques et le fonctionnement des missiles antibalistiques proprement dit, voir l'article missile antibalistique.

La défense antimissile est l'ensemble des moyens mis en œuvre pour contrer la menace que représentent les missiles balistiques pour les forces armées sur les théâtres d'opérations et pour les populations sur les territoires nationaux. À son origine pendant la guerre froide, la défense antimissile vise à défendre les territoires américains et soviétiques contre les missiles balistiques intercontinentaux. Son important développement depuis le début du XXIe siècle est la conséquence de la prolifération des missiles balistiques, dans un contexte géopolitique marqué par les conflits au Proche-Orient et au Moyen-Orient, et par la montée des tensions en Asie et même en Europe.

Les États-Unis, la Russie, la Chine, l'Inde, Israël et la France développent et mettent en œuvre des systèmes de défense antimissile qu'ils déploient sur leur territoire et sur celui d'une dizaine d'États alliés. Plusieurs États en ont fait l'acquisition ou en ont exprimé le projet, en nombre croissant depuis 2010.

Dans son acception la plus courante retenue dans cet article, la défense antimissile couvre seulement la défense antimissile active par destruction de missiles durant leur vol. Mais la défense contre la menace représentée par les missiles englobe en réalité un ensemble de stratégies, de plans et de moyens complémentaires : la destruction préventive des systèmes de missiles offensifs, la mise hors d'état d'opérer de ces systèmes par la neutralisation de leurs moyens de détection et de commandement, et la défense passive pour limiter les dégâts causés par les attaques de missiles.

La défense antimissile s'appuie sur un ensemble sophistiqué de capteurs d'alerte avancés qui permettent la détection des cibles et de missiles qui permettent leur interception. Ces capteurs et missiles sont pilotés par des systèmes de commandement et de contrôle qui permettent de hiérarchiser les menaces et d'optimiser l'emploi des systèmes d'armes disponibles. Des armes utilisant des technologies avancées comme le laser à haute énergie sont en développement, mais les projets menés jusqu'à ce jour n'ont pas abouti.

Depuis le début des années 2000 également, la prolifération d'armes de destruction massive et de missiles balistiques à courte et moyenne portées conduisent à donner une priorité forte au développement de la défense antimissile de théâtre dans l'objectif de protéger les forces armées et les sites sensibles. Aussi, la défense antimissile évolue vers une intégration plus forte avec la défense antiaérienne pour mieux parer l'ensemble des menaces aériennes sur les théâtres d'opérations, qu'il s'agisse de missiles balistiques, de missiles de croisière ou d'avions.

À l'exception des systèmes destinés à intercepter les missiles balistiques intercontinentaux à très haute altitude, comme le GBI américain, la plupart des systèmes disponibles dans la décennie 2010 couvrent un spectre d'emploi assez large : par exemple, le système américain Aegis est capable d'intercepter des missiles de théâtre à courte portée, mais aussi des missiles à moyenne portée dans le cadre de la défense de territoire.

La défense antimissile et la défense contre la menace aérienne, avions de combat, missiles air-sol ou air-mer et drones de combat, sont fortement intégrées, qu'il s'agisse de la détection des cibles ou de leur interception.

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