Déclaration d'indépendance du Chili

Exemplaire de la déclaration

La Déclaration d'indépendance du Chili est le document par lequel le Chili affirma son indépendance de la Monarchie espagnole. Elle fut rédigée au début de 1818 et approuvée par le Chef Suprême (« Director Supremo ») Bernardo O'Higgins le 12 février de la même année dans la ville de Talca, elle fut néanmoins datée du 1er janvier 1818 dans la ville de Concepción. La cérémonie de fête de l'indépendance fut fixée au , jour du premier anniversaire de la Bataille de Chacabuco.

La déclaration originale, qui contenait des phrases manuscrites ajoutées par O'Higgins, fut conservée dans le Palais de l'Indépendance de Santiago. En 1832, le gouvernement du président José Joaquín Prieto envoya une minutieuse copie au Pérou afin qu'elle fut signée par O'Higgins, et ensuite par ses ministres de l'époque, Miguel Zañartu, Hipólito Villegas et José Ignacio Zenteno qui eux vivaient au Chili.

Cette dernière déclaration fut conservée à La Moneda jusqu'au Coup d'État du 11 septembre 1973, lors duquel elle fut soit brûlée soit (version la plus défendue) détruite par un soldat.

Antécédents

Proclamation de l'Indépendance du Chili le 12 février 1818

Depuis 1817, le processus d'émancipation nationale chilien était entré dans une phase définitive et ne dissimulait plus son but : l'indépendance du pays. Ainsi, divers événements politique et militaire ayant eu lieu à partir du 18 septembre 1810 peuvent être considérés comme des manifestations de cette volonté, sans pour autant qu'il y ait de déclaration officielle et solennelle d'indépendance.

L'un des premiers textes officiels que l'on peut considérés comme indépendantiste, est le Règlement Constitutionnel Provisoire de 1812, promulgué par José Miguel Carrera le 27 octobre 1812, qui exprimait dans son article 5 « Nul décret, providence ou ordre, qui émane de quelque autorité ou tribunal extérieur au territoire du Chili, n'aura d'effet quelconque ; et ceux qui essayerait de leur donner valeur, seront considérés comme ennemis de l'État », même si le Règlement reconnaissait toujours le roi Ferdinand VII d'Espagne dans son article 3.

À l'initiative de Patrie Nouvelle, le Chili se dotait d'un gouvernement et d'autorités propres, contrôlant une grande partie du territoire, possédant un drapeau et un insigne national, avec sa propre monnaie : tous les symboles d'un État indépendant. Pour cela, il ne manquait plus d'une déclaration claire, comme l'avait fait les États-Unis d'Amérique en 1776, le Venezuela en 1811, les Territoires Unis de la Nouvelle-Grenade (cf Colombie) en 1813, les Provinces-Unies du Río de la Plata en 1816.

Le chef suprême Bernard O'Higgins, ayant en tête les problèmes vécus pendant la «  Vieille Patrie » et convaincu que la réunion d'une assemblé ou d'un congrès pour accorder et déclarer l'indépendance serait difficile et problématique à ce moment, se résolut à ne pas la convoquer, se libérant ainsi de combats avec les « royalistes » (défenseurs de la Monarchie Espagnole). C'est pour cela qu'il décida d'un autre mécanisme : le plébiscite.