Conquête de l'Ouest

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Paul Kane, Camping on the Prairie, huile sur papier imprimée en 1846. La scène montre Paul Kane (1810-1871) accompagné de son guide dans les Grandes Plaines du Dakota.
American Progress. Représentation de la conquête de l'Ouest américain en 1872 par John Gast.

La conquête de l'Ouest est le processus de colonisation par des populations essentiellement d’origine européenne et le gouvernement des États-Unis, au e siècle, de l'immense territoire qui s'étend en Amérique du Nord entre le Mississippi et l'océan Pacifique, habité jusqu'alors par les peuples amérindiens.

De l’achat de la Louisiane à la France en 1803 jusqu’aux derniers territoires cédés par le Mexique en 1853, les États-Unis acquièrent leurs frontières actuelles à l’Ouest (hormis l’Alaska) et s’assurent la possession d’une façade sur l’océan Pacifique. Ces nouveaux territoires sont quasiment inconnus des Européens mis à part la vallée du Missouri fréquentée par quelques aventuriers français, et une poignée d’implantations espagnoles dans le Sud-Ouest. La première étape de la conquête est l’exploration des terres à l’ouest du Mississippi, et elle est d’abord le fait des trappeurs et autres montagnards. En 1804, persuadé que l’expansion consoliderait la prospérité et les idéaux de la jeune démocratie américaine, le président Thomas Jefferson envoie les capitaines Lewis et Clark en reconnaissance vers l’océan Pacifique en passant par la vallée du Missouri. Leurs découvertes sont par la suite complétées par des expéditions militaires et scientifiques, comme celle de John Charles Frémont, qui prennent contact avec différentes tribus amérindiennes.

L’idée d’une « terre promise » à l’ouest grandit parmi la population de l’Est. Dans les années 1840, la croyance en un droit quasi divin du peuple américain de s’approprier les terres de l’Ouest, malgré les Amérindiens ou les autres nations, prend le nom de « Destinée manifeste ». Déjà, des colons américains s'installent dans le Texas où ils proclament leur indépendance vis-à-vis du Mexique en 1835. La guerre entre les États-Unis et le Mexique en 1847 règle définitivement le différend. À l'issue de ce conflit, les États-Unis acquièrent entre autres la Californie, qui devient, en 1849, le théâtre d’une ruée vers l’or à l’ampleur jamais égalée jusqu’à présent, attirant des populations du monde entier. D’autres découvertes de filons incitent plus tard l’implantation de pionniers dans plusieurs régions de l’Ouest américain. Pour accéder aux nouveaux territoires et d’abord rejoindre la Californie et l’Oregon ou l’Utah dans le cas des Mormons, les colons empruntent des pistes traversant d’immenses étendues. Les communications et les transports d’un bout à l’autre du pays posent d’énormes problèmes logistiques qui sont finalement surmontés par le télégraphe en 1861 et la première ligne de chemin de fer transcontinentale en 1869. Dans les années 1850, les États-Unis se divisent sur la question de l’esclavage, et la question se pose de sa propagation ou son interdiction dans les territoires de l’Ouest destinés à devenir des États. Cette situation aboutit à la guerre de Sécession.

Après la guerre civile, la conquête de l’Ouest reprend de plus belle, stimulée par l’Homestead Act voté en 1862, qui facilite l’octroi de titres de propriété aux fermiers, et par l’expansion des chemins de fer. La colonisation gagne les Grandes Plaines jusqu’alors délaissées et les troupeaux de bisons laissent la place à l’élevage de bétail. Les villes créées en un temps record voient prospérer la criminalité avant que la loi ne soit instaurée et la pression morale des communautés ne la fasse reculer. L’autorité du gouvernement s’étend et se renforce, d’autant que le rôle de l’armée devient prépondérant face à la résistance des peuples autochtones. L’expansion des « blancs » se poursuit en effet sans égard pour les tribus ; celles-ci n’acceptent que sous la contrainte l’installation de colons sur leurs terres ancestrales et l’exploitation sans retenue des ressources naturelles. Les guerres indiennes s’intensifient à partir des années 1860, mais la pression militaire et colonisatrice est trop forte.

À la fin du siècle, les tribus amérindiennes rebelles ont été vaincues et reléguées dans des réserves, l’essentiel des terres a été colonisé. Les États-Unis sont désormais une puissance industrielle et mondiale, et la conquête de l’Ouest est terminée, mais elle demeure fermement ancrée dans la culture, l’imaginaire et le folklore américains.

Terminologie

L'Ouest américain au-delà du fleuve Mississippi. En rouge foncé, les États qui sont toujours considérés comme en faisant partie : Californie, Oregon, Washington, Nevada, Idaho, Arizona, Nouveau-Mexique, Utah, Colorado, Wyoming, Montana, plus l'Alaska et Hawaï. En rouge hachuré, les États qui sont parfois considérés comme faisant partie du Sud ou du Middle West : Texas, Louisiane, Arkansas, Oklahoma, Missouri, Kansas, Nebraska, Iowa, Dakota du Sud, Dakota du Nord, Minnesota.

Aux États-Unis, « la Frontière » est le terme utilisé pour désigner, dès le XVIIe siècle, la zone de transition où les explorateurs et les colons arrivent, c'est-à-dire la zone située au-delà du front pionnier. Dans l'histoire américaine, l'expansion de la colonisation s'est réalisée de l'Est vers l'Ouest, et donc la Frontière (les confins) est toujours identifiée comme concernant l'Ouest. L'historien Frederick Jackson Turner, théoricien de la Frontière, a fait valoir que le changement, au XIXe siècle, est que la terre à l'ouest a semblé, du point de vue des pionniers, libre, et leur a donné le sentiment de possibilités illimitées[1]. Ce qui a eu pour conséquence l'optimisme des colons, le rejet de toute contrainte, le manque d'égard vis-à-vis des Amérindiens et finalement le gaspillage des ressources naturelles[2].

La Frontière américaine se déplace progressivement vers l'ouest avec l'afflux des premiers immigrants sur la côte est au XVIIe siècle[3]. Le Far West (en français : « l'Ouest lointain ») a toujours été situé au-delà de cette frontière, mais les chercheurs se réfèrent parfois à la région s'étendant de l'Ohio aux vallées du Tennessee, au XVIIIe siècle (lorsque la frontière a été contestée par la Grande-Bretagne, la France et les colonies américaines), pour désigner l'« Ouest d'antan » (Old West). Le plus souvent, cependant, l'« American Old West », ou le « Grand Ouest » (Great West) sont des expressions communément utilisées pour désigner la zone située à l'ouest du fleuve Mississippi au XIXe siècle[4].

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