Clair-obscur

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Le clair-obscur, dans une peinture ou une estampe, est le contraste entre zones claires et zones sombres. Dans une œuvre figurative, il suggère le relief en imitant par les valeurs l'effet de la lumière sur les volumes. On dit qu'un tableau est « en clair-obscur » quand ce contraste est important[1]. Plus rarement et anciennement, « un clair-obscur » est une œuvre qui ne joue que sur les valeurs, synonyme de camaïeu[2].

Avec le clair-obscur, les parties plus ou moins éclairées sont claires ou dans l'ombre. En fonction de la surface éclairée, lisse ou anguleuse, et si cette lumière est plus douce ou plus vive, si l'ombre est plus profonde ou les contrastes plus intenses, le clair-obscur produit des transitions imperceptibles, plus nettes ou brutales et par plans juxtaposés, la luminosité d'ensemble pouvant être claire ou obscure. Cela consiste, en général, à réaliser des gradations sombres sur un support plus ou moins clair mais parfois, à l'inverse, par des couleurs claires sur un support sombre.

Le procédé du clair-obscur était pratiqué dans la peinture de la Grèce antique, au moins à la fin du IVe siècle avant notre ère, avec la peinture hellénistique. Le Moyen-Âge l'abandonne ; il est à nouveau employé dès les débuts de la Renaissance. Le Caravage puis Rembrandt développèrent la pratique, aussi bien dans le dessin et la gravure que dans la peinture. Les artistes et les amateurs disputent de son importance du XVIIe au XIXe siècle, en regard de la ligne de contour, que le clair-obscur peut rendre indistincte. Dans ces discussions proches de la querelle du coloris[3], le modelé désigne la façon dont l'artiste a réussi cette représentation des volumes, avec plus ou moins de clair-obscur[4].

Le XIXe siècle développe les arts graphiques. La lithographie offre un procédé d'expression imprimée fondé sur les valeurs de gris. L'impressionnisme renonce au clair-obscur, s'attachant plus aux variations de teinte pour exprimer la lumière. À partir des années 1840, la photographie se base elle aussi sur le « noir et blanc » ; lorsque la photographie se reconnaîtra comme un art autonome au XXe siècle, elle définit l'ampleur des écarts entre les hautes lumières et les ombres comme contraste.

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