Cancer de la vessie

La paroi interne de la vessie est tapissée de cellules transitionnelles qui sont à l'origine de la plupart des cancers de la vessie. L'évolution et la prise en charge dépend beaucoup du caractère invasif de la tumeur. On distingue le cancer superficiel de la vessie du cancer invasif. Si le cancer superficiel reste de bon pronostic, le cancer invasif de la vessie est beaucoup plus grave et nécessite des traitements agressifs.

Épidémiologie

Incidence

Le cancer de la vessie est une tumeur fréquente. En 2000, 10 700 nouveaux cas ont été diagnostiqués en France, parmi lesquels un tiers est lié au tabagisme. Il est le sixième cancer le plus fréquent en France.

Mortalité

Il représente 3,5 % des décès par cancer.

Le taux de survie à 5 ans est de 96 %, lorsque les tumeurs infiltrent le muscle uniquement (TVIM), 70 % lorsqu'il s'étend et seulement 5 % lorsque les métastases se diffusent dans le corps.

Tous types de cancers de la vessie confondus, le taux de survie à 5 ans est de 77,4 % [1]

Population touchée

L'âge moyen est de 65 ans. Il touche 4 hommes pour 1 femme, mais ce taux évolue au fur et à mesure que l'impact du tabagisme chez la femme se fait sentir.

Facteurs de risque

Les facteurs favorisants les plus importants sont le tabac et certains cancérogènes chimiques. À ce titre le cancer de la vessie peut être considéré comme une maladie professionnelle.

Les principales substances industrielles en cause sont :

Par ailleurs on retrouve à l'origine du cancer de la vessie certains médicaments (phénacétine, cyclophosphamide) ou un irradiation pelvienne. Les lésions de bilharziose urinaire peuvent dégénérer en lésions malignes de type cancer épidermoïde de la vessie, cette parasitose se retrouvant principalement en Égypte et en Afrique de l'Ouest.

D'autre part, de nombreuses études démontrent que l'eau chlorée est un facteur de risque. Des sous-produits dont les trihalométhanes se forment lors des réactions entre le chlore et les matières organiques de l'eau. La concentration de ces sous-produits dans l'organisme est un facteur de cancer de la vessie [3], [4]. L'eau des piscines chlorées est fortement chargée en trihalométhanes [5],dans les piscines chlorées le nageur est ainsi exposé à ces sous-produits par absorption cutanée.

Il existe également une néphropathie tubulo-interstitielle endémique dans la région des Balkans, qui peut se complique en cancer urothélial. Cette maladie résulte d'une intoxication alimentaire par une mycotoxine, l' ochratoxine A, produite par un champignon des céréales.

Plusieurs mutations sur certains gènes augmentent le risque de cancer de la vessie, notamment sur le gène p63 [6], le gène codant pour le récepteur du facteur de croissance épidermique [7], ainsi que d'autres gènes.

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