Bataille de Cepeda (1859)

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Bataille de Cepeda de 1859
Informations générales
Date
LieuMarais le long du ruisseau Cepeda (affluent de la rivière Arroyo del Medio, marquant la frontière entre les provinces de Buenos Aires et de Santa Fe, à 5 km a l’est de l’actuel village de Mariano Benítez, dans le nord de la province de Buenos Aires, Argentine
IssueVictoire de la Confédération argentine
Belligérants
Armée de la Confédération argentineArmée de l’État de Buenos Aires
Commandants
Justo José de UrquizaBartolomé Mitre
Forces en présence
Total : 14 000[1],[2]-15 000[3]

10 000 cavaliers[2],[4],[5]
3 000[5]-3 500[4]fantassins
1 000 artilleurs et aides-artilleurs[5]
32 pièces d’artillerie[6]
Total : 7 000[2]-10 000[1]
(probablement 9 000)[7]
4 000 cavaliers[4],[6]
4 700 fantassins [4],[6]
300 artilleurs[6]
26 pièces d’artillerie[6]
Pertes
300 tués100 tués
2 000 prisonniers [2]
20 canons capturés[2]

Guerres civiles argentines

Coordonnées33° 22′ 53″ sud, 60° 34′ 59″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Argentine

(Voir situation sur carte : Argentine)
Bataille de Cepeda de 1859

La bataille de Cepeda du est la seconde des deux batailles — la première eut lieu en 1820 — qui eurent lieu dans le marais bordant le ruisseau Cepeda, affluent de la rivière Arroyo del Medio, laquelle sépare les provinces de Buenos Aires et de Santa Fe, à quelque 5 km à l’est du village de Mariano Benítez, dans le nord de la province de Buenos Aires.

La bataille vit s’affronter, pendant la guerre entre la Confédération argentine et l’État de Buenos Aires, conflit situé dans le cadre des guerres civiles argentines, les troupes unitaires de la province de Buenos Aires (province alors séparée du reste du pays et constituée en un État quasi indépendant, l'État de Buenos Aires) et celles de la Confédération argentine, cette dernière associée idéologiquement au parti fédéraliste.

La bataille se solda par la défaite de l’armée portègne et déboucha, après divers pourparlers, sur un accord concrétisé dans le pacte de San José de Flores, par lequel la province de Buenos Aires était réincorporée dans la République argentine.

Pour rappel, l’autre bataille de Cepeda, de février 1820, fut suivie d’une période de morcellement du pays, marquée par une prééminence politique des caudillos provinciaux.

Causes

La bataille de Caseros de 1852, si elle avait clos l’ère des caudillos en Argentine, n’avait pas pour autant pu mettre un terme aux affrontements entre unitaires et fédéralistes. Les unitaires de la province de Buenos Aires, ayant refusé d'adhérer au consensus politique et institutionnel des autres provinces, désireuses de structurer le pays selon une constitution de type fédéral, détachèrent la province de Buenos Aires du reste du pays pour établir en 1852 le dénommé État de Buenos Aires. Celui-ci se garda donc de sanctionner la constitution argentine de 1853, la récusa au contraire, et ne voulut pas se considérer comme faisant partie de la Confédération argentine.

Ainsi, sous la présidence de Justo José de Urquiza — le vainqueur de Caseros —, le pays se retrouvait-il divisé en deux. Même si plusieurs tentatives d’invasion furent entreprises contre la province rebelle, Urquiza mena une politique de séduction, s’ingéniant à convaincre les portègnes de négocier leur incorporation à la République ; ses propositions toutefois furent chaque fois totalement rejetées par les gouvernements portègnes successifs. Ses efforts visant à promouvoir, au poste de gouverneur de Buenos Aires, un candidat qui fût disposé à négocier, n’eurent pas davantage de résultat, attendu que l'emprise politique des unitaires, ajoutée à leur puissance économique et à la violence exercée par eux lors des élections, leur permit d’assurer la victoire du plus acharné d’entre eux, Valentín Alsina, qui accéda au gouvernorat provincial en mai 1857.

La Confédération se trouvait en outre confrontée à de graves problèmes économiques sans parvenir à les résoudre ; en particulier, le commerce extérieur continuait de devoir passer quasi exclusivement par la douane de Buenos Aires, laquelle était de loin la principale source de recettes fiscales du pays. Urquiza essaya bien de mettre davantage en valeur le port de Rosario, mais ne réussit pas à attirer les flottes marchandes étrangères ; Buenos Aires continuait d'être plus attrayant, car mieux accessible et doté d'un plus vaste bassin de chalandise[8]. Cette situation était devenue intenable pour la Confédération. Le conflit trouvait donc son origine non seulement dans l’opposition idéologique, mais aussi et surtout dans la question de la prépondérance politique et économique, c'est-à-dire le droit d’imposer à l’autre partie sa gestion économique.

L’assassinat à San Juan, en octobre 1858, de Nazario Benavídez, chef militaire et caudillo ayant lutté aux côtés de Juan Manuel de Rosas et de Justo José de Urquiza dans les conflits entre unitaires et fédéralistes, fut l’un des éléments déclencheurs de la bataille de Cepeda de 1859.