Bande-son

La bande-son (également écrit bande son et parfois appelée bande sonore) est la partie sonore d'un film, d'une vidéo, d'un spectacle ou d'une exposition.

Historique

De 1891 (date des premiers films du cinéma) à 1927, il n'y a pas de bande-son accompagnant la bande image, il s'agit de films muets. Mais le cinéma muet n'est pas silencieux, les films sont accompagnés de musique jouée in situ ou gravée sur cylindre ou disque de cire, et bruités à chaque séance. La mise au point de sons enregistrés, reproduits en synchronisme avec l'image, a donné au cinéma un nouvel essor. L'arrivée d'un ingénieur du son sur les plateaux a révolutionné les méthodes de réalisation d'un film.

  • 1891 : Premiers films de Thomas Edison et de son ingénieur William Kennedy Laurie Dickson. Films muets, bien que tous centrés sur des sujets sonores, Edison rêvant de réaliser le mariage image-son.
  • 1892 : Premiers dessins animés du cinéma d'Émile Reynaud. Films avec musique originale pour chaque dessin animé, composée et jouée in situ (Musée Grévin) par Gaston Paulin.
  • 1895 : Premiers films des frères Lumière. Films muets, auxquels est rajouté par la suite un accompagnement musical improvisé.
  • De 1895 à 1926 : Différents essais sont tentés par synchronisation approximative entre une bande image et un phonographe. Premier essai notoire : en 1895, Laurie Dickson joue lui-même au violon une mélodie de Planquette. Essais probants : à partir de 1902, Léon Gaumont fait enregistrer des Phonoscènes, chansons interprétées en playback, synchronisation par départ simultané des deux machines.
Procédé Vitaphone : à l'arrière de l'appareil de projection, une sorte de tabouret (au centre) : le lecteur de disque gravé (l'un des opérateurs tient un disque).
En 1923 les danois A. Poulsen et A. G. Petersen inventent la bande son 
Ils déposent un brevet d'enregistrement sonore sur film en double bande, l'une pour l'image, l'autre pour le son optique synchrone en densité constante. En 1926, la Gaumont achète le procédé et en commence l'exploitation[1].
  • 1926 : la firme Warner Bros. produit un long-métrage sonore, Don Juan, avec le procédé Vitaphone de Western Electric, dans lequel les projecteurs et les tourne-disques qui leur sont associés sont entraînés par des moteurs synchrones grâce auxquels les vitesses des deux machines sont toujours identiques. La bande-son du film comporte essentiellement de la musique et quelques très rares paroles synchronisées.
  • 1926 : Warner produit Une scène dans la plantation, un film court où Al Jolson, grimé en pauvre journalier nègre, chante une berceuse bien rythmée, Rock-a-Bye Your Baby with a Dixie Melody, et deux autres chansons[2], mais soudain, il regarde droit dans l’objectif de la caméra, interrompt sa chanson et se met à parler. Au cours des projections, « les spectateurs sont enthousiasmés car, ô miracle ! le chanteur s’adresse à la caméra, donc à eux, et les interpelle avec une répartie devenue célèbre, « Attendez, attendez une minute… Vous n’avez encore rien entendu ! », qu’il reprend plus tard dans Le Chanteur de jazz (Wait a minute, wait a minute, you ain't heard nothin' yet !)[3] »).
  • 1927 : Dopé par ce succès, Warner produit le long métrage Le Chanteur de jazz, avec le même procédé Vitaphone. Cependant, les dialogues du film sont tous écrits sur des cartons d'intertitres et sont prononcés "en muet" (on n'entend pas les comédiens). Ce n'est donc pas à proprement parler un film parlant, mais un film chantant, bien que Al Jolson prononce quelques phrases entre deux chansons (voir § précédent).
  • 1927 : Fox Film Corporation inaugure le premier son enregistré sur une pellicule argentique négative puis reporté sur les copies d'exploitation louées aux salles de cinéma, dit « son optique ».

Les procédés Fox-Westrex et RCA, qui proposent des copies avec son et image sur une seule bande, ce qui élimine la tâche de synchronisation à la projection existant avec le procédé double bande de Gaumont-Poulsen-Petersen, vont triompher. La qualité sonore est moindre, au bénéfice de la sûreté d'exploitation[4]. L'enregistrement se fait en double bande, et le son est reporté en marge de la bande image pour les copies d'exploitation. Seules les projections de gala restent en double bande.

La nouveauté de l'enregistrement du son impose l'insonorisation des studios de cinéma et l'abandon d'une habitude solidement implantée à l'époque de ce que l'on va bientôt appeler le cinéma muet : l'organisation de plusieurs plateaux de tournage dans un seul bâtiment. Le bruit du fonctionnement des caméras est d'abord masqué par des cabines insonorisées vitrées dans lesquelles sont enfermés techniciens et machines. Puis, afin de pouvoir déplacer plus facilement la caméra, celle-ci est "blimpée", c'est-à-dire qu'elle est introduite dans un caisson isolant, un blimp. Parallèlement, les fabricants développent des mécanismes plus silencieux.

À la prise de vues, l'ingénieur du son travaille dans un camion, à quelque distance du plateau. Des assistants déplacent les lourds microphones, montés sur des grues. D'autres techniciens veillent à la synchronisation, assurée par des moteurs synchrones alimentés par le même courant triphasé.

Les performances médiocres de l'enregistrement optique se font excessivement sentir quand on effectue une copie passant par un signal électrique. On tire les négatifs optiques comme les négatifs image, sans modification du signal. Le montage son est réduit ; le mixage presque impossible. Pour permettre les plans longs correspondant aux séquences musicales des films sonores, les studios portent la taille des magasins de pellicule de 120 à 300 m, permettant une durée de 11 minutes[5]. Dès les premières années, on refait souvent les enregistrements, après le montage image, dans un auditorium où le film est projeté. On peut ainsi enregistrer dans de meilleures conditions les dialogues et la musique, et remplacer les voix originales par la postsynchronisation ou le doublage dans une langue différente[6]. On invente en Europe la bande rythmo qui guide les comédiens de doublage en faisant défiler sous l'écran les syllabes au moment où elles doivent être prononcées.

La reproduction du son impose un défilement de la pellicule beaucoup plus régulier. Si une variation de 10% d'une image à l'autre est imperceptible avec l'image seule, elle est catastrophique pour la bande son (pleurage et scintillement). Une variation de vitesse stable de 25 % correspond à une accélération ou un ralentissement des voix et une tierce majeure en hauteur, c'est à peu près le maximum supportable. L'industrie profite des nécessaires adaptations pour augmenter la cadence de prise de vues et de projection, fixée en 1928 à 24 images par seconde ; en muet, elle était de 16 images par seconde[7], qui permettra d'atteindre une courbe de réponse électroacoustique d'une octave plus étendue que celle du téléphone, la courbe Academy.

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