BAE Systems

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir BAE et BAES.
BAE Systems
logo de BAE Systems

Création 1999
Forme juridique PLC (Public Limited Company)
Action Bourse de Londres (BA.) [1] Voir et modifier les données sur Wikidata
Slogan Real performance. Real advantage.
Siège social Farnborough
Drapeau de Grande-Bretagne  Royaume-Uni
Direction Sir Roger Carr (Président), Ian King (Directeur Exécutif)
Actionnaires Invesco Asset Management (9,93%), Templeton Investment (4,90%), Alliance Bernstein (4,43%), Barclays Private Banking (3,97%), Capital Research & Management (3,65%)
Activité Aéronautique, sécurité, défense, Cybersécurité
Filiales BAE Systems Australia ( en), BAE Systems Electronics, Intelligence & Support ( en), BAE Systems (United States) ( d) et BAE Systems (Sweden) ( d)
Effectif 83 100 (2017) [2]
Site web www.baesystems.com

Chiffre d’affaires en augmentation 17,79 milliards £ (2016) [3]
Résultat net en augmentation 1,74 milliards £ (2016) [3]

BAE Systems est une entreprise britannique travaillant dans les secteurs de la défense et de l'aérospatiale, dont le siège social se trouve à Farnborough ( Hampshire). L'entreprise a également des intérêts en Amérique du Nord via sa filiale BAE Systems Inc. Dans le secteur de la défense, elle est en 2014 la troisième entreprise mondiale [4]. L'entreprise est née le 30 novembre 1999 par le rapprochement de l'ancienne British Aerospace (BAE) et de Marconi Electronic Systems  (en) (MES).

BAE Systems est l'héritier de nombreuses entreprises de la défense et de l'aéronautique, dont The Marconi Company, A. V. Roe Company, ou encore de Havilland, et British Aircraft Corporation, coréalisateur du Concorde. Depuis sa création BAE Systems s'est désengagé de certaines activités européennes en se retirant notamment d' Airbus, EADS Astrium, AMS  (en), Atlas Elektronik  (en).

BAE Systems participe à différents projets comme le F-35 Lightning II, Eurofighter Typhoon.

Histoire

Héritage

Supermarine, constructeur du Spitfire, rachetée par Vickers-Armstrongs, qui fusionna avec British Aircraft Corporation en 1960.

BAE Systems a été fondé le 30 novembre 1999, produit de la fusion de British Aerospace (BAE) et de Marconi Electronic Systems (MES) [5]. BAE Systems est ainsi l'héritier de célèbres entreprises britanniques de l'aéronautique et de la défense. Ces entreprises produisirent le Comet, premier jet commercial ; l' Harrier dit le "jump jet", le premier appareil opérationnel à décollage vertical ( Vertical/Short Take-Off and Landing); le radar "groundbreaking [6]" Blue Vixen équipant le AV-8B Harrier II et qui est la base du programme radar de l'Eurofighter CAPTOR  (en) ; et coréalisa, avec l' Aérospatiale, le Concorde, avion supersonique.

  • British Aerospace était un fabricant d'avions civils et militaires, mais il produisait également des systèmes d'armes terrestres. Cette société était le fruit de la consolidation par l'état britannique, le 29 avril 1977, des sociétés British Aircraft Corporation (BAC), de Hawker Siddeley Group et de Scottish Aviation  (en) [7]. BAC et Hawker Siddeley étaient elles-mêmes le fruit de diverses fusions [8].
  • Marconi Electronic Systems était la filiale britannique de The General Electric Company (GEC), opérant essentiellement dans le domaine de la défense (intégration de systèmes d'armes tant navales que terrestres). Marconi a pour ancêtre la Wireless Telegraph & Signal Company de Guglielmo Marconi, société fondée en 1897 [9]. GEC racheta English Electric (y compris Marconi) en 1968 et reprit la marque Marconi sous le nom de GEC-Marconi, puis Marconi Electronic Systems. GEC's acquit ainsi un établissement dont les activités dans le domaine militaire et dans le domaine radiophonique furent initiées durant la première Guerre Mondiale. La seconde guerre mondiale consolida ce positionnement, et la compagnie conçut le magnetron pour radar [10]. Entre 1945 et 1999, GEC-Marconi/Marconi Electronic Systems devint l'un des plus grands acteurs du secteur de la défense.

GEC's fit également l'acquisition de Associated Electrical Industries  (en) en 1967 [11], de Yarrow Shipbuilders en 1985 [11], de Plessey  (en) en 1989 [12], d'une partie du groupe de défense Ferranti en 1990 [12], de Vickers Shipbuilding and Engineering en 1995 [13] et de Kværner Govan  (en) en 1999 [14]. En juin 1998, MES acquit Tracor  (en), acteur américain [15].

Origine du groupe

En 1997, la fusion des Américains Boeing et McDonnell Douglas, ayant suivi la création de Lockheed Martin, plus important groupe de défense, en 1995, encouragea les Européens à entrer dans la voie des restructurations dans le domaine de la défense. En juin 1997, le directeur général de British Aerospace Defence John Weston  (en) déclara "L'Europe... a trois fois plus d'acteurs et dispose d'un budget moitié inférieur à celui des États-Unis [16]." Les gouvernements européens favorisèrent le rapprochement de leurs industries de défense [17].

Début 1995, British Aerospace et l'Allemand DaimlerChrysler Aerospace (DASA) se disaient prêts à la création d'une société de défense transnationale [18]. Les deux sociétés envisagèrent d'inclure le Français Aérospatiale, mais seulement après privatisation [19]. La première étape de la constitution de ce nouveau groupe aurait pu être la transformation d'Airbus en un consortium liant British Aerospace, DASA, Aérospatiale et Construcciones Aeronáuticas SA; mais British Aerospace et DASA marquèrent un différend avec Aérospatiale [20]. Partenaires dans Airbus, British Aerospace et DASA l'étaient également dans le programme Panavia Tornado et l' Eurofighter Typhoon. Les discussions débutèrent entre British Aerospace et DASA en juillet 1998, peu avant l'annonce de la fusion entre Aérospatiale et Matra, faisant, de fait, baisser la part de l'état français dans la nouvelle société [21]. L'accord de fusion fut établi entre les présidents de British Aerospace ( Richard Evans  (en)) et de DASA ( Jürgen Schrempp) en décembre 1998 [22].

Par ailleurs GEC souhaitait également participer à la consolidatin de l'industrie de la défense. Dès 1996 George Simpson, directeur général de GEC, indiqua dans The Independent "les analystes pensent que M. Simpson, de par ses connaissances de BAE, pourrait favoriser un accord avec GEC. Et bien, GEC souhaite créer 'champion' national de la défense avec BAE afin d'être compétitifs en face des géants américains [23]." Lorsque GEC mit en vente MES le 22 décembre 1998, British Aerospace abandonna son projet de fusion avec DASA pour fusionner avec son rival britannique. La fusion de British Aerospace et de MES fut annoncée le 19 janvier 1999 [24]. Evans expliqua en 2004 ses craintes, à l'époque, que le secteur de la défense américain ne mette la main sur MES et ne soit alors en concurrence avec British Aerospace et DASA [22]. Ce regroupement constitue une société d'intégration verticale que The Scotsman décrit comme "association complémentaire entre la force de British Aerospace et les compétences en systèmes électroniques de Marconi [25]", avec par exemple le rôle de fabricant de l' Eurofighter pour BAE et le rôle de fournisseur de l'électronique embarquée de MES [26]. En réponse à l'abandon du projet de fusion avec BAE, DASA entamma des discussions pour une fusion avec Aérospatiale, qui conduisit à la création de European Aeronautic Defence and Space Company ( EADS). EADS songea dès lors à la fusion avec Thales afin de créer une société totalement intégrée.

BAE dispose d'une action "spéciale" mise en place chez British Aerospace à sa privatisation. Cette action dépend du secrétariat d'État au commerce et donne un droit de veto sur certaines ventes [7].

Évolutions et restructurations

Le premier rapport annuel de BAE Systems établit les cœurs de métier suivants : Airbus, les services aux armées l'intégration de systèmes d'armes pour les armées de l'air, de terre et la marine. Ce rapport indiqua également que la compagnie souhaitait se développer aux États-Unis et participer à la consolidation de l'industrie en Europe.

Pour BAE, 2001 était une année de restructuration pour ses activités en Europe. Par ailleurs, BAE explique sa stratégie de développement aux États-Unis: "il s'agit de loin du plus grand marché de la défense, en effet, le budget y est deux fois supérieur à celui de l'ensemble des États d'Europe de l'ouest. Et surtout, l'investissement américain en recherche et développement est beaucoup plus important qu'en Europe [27]." À la nomination de Dick Olver  (en) en juillet 2004, un audit fut ordonné. Celui-ci exclut de nouveaux développements en Europe et confirme la stratégie d'expansion en Amérique [28]. De plus, le secteur des systèmes d'armes pour la terre est privilégié ; avec deux acquisitions en 2004 et 2005, BAE devient le deuxième acteur mondial du secteur. Ce nouveau positionnement a été qualifié de "remarquable" par le Financial Times [29].

En 2000 Matra Marconi Space, associant BAE et Matra, et les activités Espace de DASA ont fusionné pour créer Astrium. En juin 2003, BAE vend les 25 % qu'il possédait dans cette nouvelle société à EADS [30]. En janvier 2001, Airbus Industrie passa du statut de consortium à celui d'une société anonyme [31], [32]. En novembre 2001, BAE annonça l'arrêt de la production de l'Avro Regional Jet ( Avro RJ) à Woodford  (en) et l'arrêt du programme Avro RJX, l'activité n'étant plus jugée "viable [33]". En décembre 2001, Matra BAe Dynamics  (en) et la division missile de Alenia Marconi Systems (AMS) ont fusionné pour former MBDA, second fabriquant mondial de missiles [34]. Bien qu'EADS se soit dit intéressé à prendre le contrôle de MBDA, BAE indiqua qu'à l'instar d'Airbus, MBDA faisait partie de son "cœur de métier [35], [36]".

Sous-Marin Classe Astute a été la cause d'un profit warning de BAE en 2002.

En juin 2002, BAE confirma être en discussion avec TRW, un acteur américain de l'équipement automobile, de l'espace et de la défense. Alors que Northrop Grumman a lancé une OPA hostile sur ce groupe en février 2002. La bataille entre BAE, Northrop and General Dynamics prit fin le 1er juin 2002 quand l'offre améliorée de Northrop fut acceptée par le conseil d'administration de TRW. Le 11 décembre 2002, BAE réalisa un profit warning en raison du dépassement de coût du Nimrod MRA4 ; un avion de reconnaissance et d'attaque navale et du sous-marin Classe Astute [37].

Le gouvernement britannique commanda 20 avions d'entraînement BAe Hawk avec 24 options en juillet 2003 [38]. Ce contrat est significatif car il permit, en mars 2004, la vente de 66 appareils à l'Inde [38], [39]. En juillet 2003 BAE Systems and Finmeccanica ont annoncé la création de trois joint ventures, dont l'ensemble se nomme Eurosystems  (en), dans le domaine de l'avionique ( C4ISTAR) et de la télécommunication [40]. L'intégration est difficile et l'accord a été reconsidéré; le rapport annuel de BAE en 2004 "reconnaît la complexité de la constitution de Eurosystems avec Finmeccanica et souhaite en simplifier le modèle d'intégration". BAE a vendu ses parts de 25 % de l'ensemble à Finmeccanica en mars 2007 [41].

En mai 2004, la presse indiqua que BAE souhaitait vendre ses divisions navales, BAE Systems Naval Ships  (en) et BAE Systems Submarines  (en). General Dynamics souhaitait acquérir les installations de construction de sous-marins de Barrow-in-Furness, alors que VT Group  (en) était intéressé par le chantier de River Clyde [42]. En 2008 BAE Systems fusionna ses chantiers navals avec ceux de VT Group pour constituer BVT Surface Fleet  (en) [43], [44].

BAE acheta, pour 2,5 milliards de livres sterling, United Defense en 2005. Les M2/M3 Bradley ont rejoint le catalogue de BAE.

Le 4 juin 2004, BAE Systems évinça General Dynamics dans le rachat de Alvis Vickers  (en), fabricant britannique de véhicules blindés [45]. Pour se renforcer par rapport à son concurrent General Dynamics, les dirigeants de BAE ont ciblé l'achat de United Defense Industries  (en) (UDI) [29]. Le 7 mars 2005 BAE annonça cette acquisition pour 2,25 milliards de livres sterling [46]. UDI, devenu depuis BAE Systems Land and Armaments  (en), fabrique des véhicules de combat, des systèmes d'artillerie, des canons navals, des lance-missiles et des munitions guidées.

En décembre 2005, BAE annonça la vente de sa filiale allemande, Atlas Elektronik, à ThyssenKrupp et EADS [47]. Le 31 janvier 2006, BAE annonce la vente de BAE Systems Aerostructures à Spirit AeroSystems, Inc.  (en) [48] BAE a indiqué dès 2002 que cette société ne faisait pas partie de son "cœur de métier [49]".

Le 18 août 2006, l'Arabie saoudite fit l'acquisition de 72 Eurofighter Typhoons, livrés par BAE [50]. Le 10 septembre 2006, BAE obtint le contrat de mise à niveau de 80 Tornado IDS des forces aériennes saoudiennes [51]. L'un des objectifs principaux de BAE, en 2005, est de permettre d'accroître le transfert de technologie entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Le programme F-35 (JSF) devint l'emblême de cette politique, avec l'aide de membres du gouvernement britannique Lord Drayson, ministre de la défense, en indiquant que le Royaume-Uni pourrait être exclu du projet sans transfert de technologie. Cependant, le 12 décembre 2006, Lord Drayson signa un décret permettant "une chaîne de commande britannique intégrée" pour la réalisation de cet appareil [52]. Le 22 décembre 2006, BAE signa un contrat avec la Royal Air Force (RAF) pour la mise à niveau de ses Tornados [53].

Le 7 mai 2007, BAE Systems Inc. lança l'acquisition de Armor Holdings  (en) et compléta l'offre le 31 juillet 2007 [54], [55]. Cette société est un fabricant de véhicules tactiques et un fournisseur de blindages et de systèmes de protection [54]. BAE (et British Aerospace avant lui) est un partenaire technologique de l'écurie de Formule 1 McLaren de 1996 à décembre 2007 [56], [57]. Ce partenariat portait sur l'aérodynamisme des F1 de McLaren, voire sur la technologie carbone, les systèmes sans fils et la gestion du carburant. L'intérêt de BAE résidait dans l'expérimentation de procédés fonctionnant à haute vitesse [56].

BAE systems annonça l'acquisition de Tenix Defence  (en), acteur australien de la défense, en 18 janvier 2008. L'acquisition fut finalisée le 27 juin 2008, faisant de BAE Systems Australia  (en) le premier acteur de la défense [58].

BAE Systems se développa dans les systèmes de sécurité, en achetant Detica Group  (en) en juillet 2008 [59].

BAE Systems dispose des 35 % de British Aerospace dans SAAB AB, avec qui il fabrique et commercialise le chasseur Gripen. En 2005, BAE réduisit sa participation à 20,5 % et en mars 2010 annonça son intention de vendre le solde. The Times indiqua que cela marque la fin "d'une relation controversée avec le chasseur Gripen [60]". En effet, certaines campagnes d'exportation sont entachées de soupçons de corruption [60].

Le 12 septembre 2012, BAE Systems et EADS annoncent étudier un projet de fusion, qui, amènerait les actionnaires d'EADS à détenir 60 % de la « newco » (40 % revenant à ceux de BAE) [61]. Ce projet est abandonnée le 10 octobre 2012 [62], [63].

En 2014, BAE Sytems achève l'intégration de ses activités de systèmes de sécurité, de logiciels de conformité et anti-fraude bancaire et assurance et de consulting en renommant Detica par BAE Systems Applied Intelligence [64].

En octobre 2014, BAE Systems Applied Intelligence acquiert l'entreprise américaine de cyber-sécurité SilverSky pour 232,5 millions de dollars [65].

En Septembre et Octobre 2017, la nouvelle direction de BAE Systems procède à une restructuration ; la compagnie ferme son bureau au Danemark [66] et supprime par ailleurs 2000 emplois principalement en Grande Bretagne [67].

Actionnaire d'Airbus

Article détaillé : Airbus.

BAE Systems était actionnaire d'Airbus Industrie en tant que successeur de British Aerospace. Deux de ses usines, Broughton et Filton, étaient consacrées à la fabrication des ailes des avions d'Airbus. En 2001, le consortium Airbus se fondait dans Airbus SAS, Société par actions simplifiée. En échange de 20 % des parts de la nouvelle société, BAE lui transferra la propriété de ses installations.

Malgré un certain nombre de recommandations de vente de ses parts dans Airbus, BAE rejetait cette solution [5], [68]. Cependant, le , BBC News reportait qu'il était possible que BAE puisse vendre cette part estimée à 2,4 milliards de livres sterling [69]. Devant les lentes négociations de désengagement, BAE confia son option de vente à la banque d'investissement Rothschild. Six jours après le début de ce processus, Airbus annonça le retard du programme A380 pesant fortement sur la valorisation d'Airbus. Le , Rothschild n'évalua plus la participation de BAE qu'à 1,87 milliards de livres sterling [70]. Le conseil d'administration de BAE recommanda la vente. Le 4 octobre 2006, l'assemblée générale des actionnaires fut en faveur de la cession et celle-ci fut finalisée le 13 octobre de la même année [71]. Cette cession marqua la fin de la production britannique dans le domaine de l'aviation civile. Airbus UK reste le Centre d'Excellence d'Airbus pour la fabrication d'ailes, employant environ 140 000 personnes directement ou indirectement [72].

En octobre 2009, le Serious Fraud Office britannique a entamé des procédures judiciaires à l'encontre de BAE, l'accusant d'avoir versé des pots-de-vin en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Afrique du Sud et en Tanzanie [73]

Dans d'autres langues
български: БАЕ Системс
català: BAE Systems
čeština: BAE Systems
Deutsch: BAE Systems
English: BAE Systems
español: BAE Systems
עברית: BAE סיסטמס
Bahasa Indonesia: BAE Systems
italiano: BAE Systems
한국어: BAE 시스템스
Bahasa Melayu: BAE Systems
Nederlands: BAE Systems
polski: BAE Systems
português: BAE Systems
română: BAE Systems
русский: BAE Systems
slovenščina: BAE Systems
svenska: BAE Systems
Türkçe: BAE Systems
українська: BAE Systems