Atimie

L’atimie (du grec ancien ἀτιμία / atimía, « mépris », d'un α privatif et de τιμή / timế, « honneur ») est une privation totale ou partielle des droits civiques, utilisée à l'époque classique de la démocratie athénienne. On peut distinguer cette peine de l'ostracisme, qui ajoutait à la privation des droits civiques le bannissement pendant dix ans.

Définition

À Athènes, l'atimie est une condamnation infamante puisqu'elle consiste en une privation des droits civiques. Celle-ci comporte cependant des degrés divers[1], comme on le voit par le témoignage de l'orateur grec Andocide dans son ouvrage Sur les mystères (73 sqq.). Frappé d'atimie, un citoyen athénien est dès lors incapable de remplir les fonctions politiques d'un citoyen. Il ne peut pas assister aux assemblées, exercer les fonctions de juré dans l'Héliée ni intenter des actions devant les tribunaux. En revanche, il conserve le statut de citoyen. À ce titre, il peut transmettre la citoyenneté à ses fils.

Exclure un citoyen de l'assemblée est une façon efficace de mettre fin à son ambition politique. L'incapacité d'ester en justice pour se défendre contre ses adversaires met dans une position sociale très difficile. À un niveau plus terre à terre, l'atimie signifie la perte du petit revenu que reçoivent les juges pour leur travail ou qu'on perçoit pour assister aux assemblées, ce qui peut être grave dans le cas de petites gens incapables de travailler. La perte d'une telle activité politique a de plus, sans doute, un impact psychologique important. Alcibiade fut frappé d'atimie, déclaré coupable de haute trahison et sous le coup d'une confiscation et d'accusations graves pour sacrilèges, mais tout ceci ne l'empêcha pas de revenir ensuite à Athènes et d'y revêtir la charge de stratège en 407 av. J.-C.

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