Art abstrait

Vassily Kandinsky, Sans titre (Etude pour Composition VII, Première abstraction (daté 1910), mine graphite, encre de Chine et aquarelle sur papier[1],[2], exposé au musée national d'art moderne (dim. : 49,6 × 64,8 cm).
Arthur Dove, Nature Symbolized No.2 (1911), qui fut à Paris entre 1907 et 1909, exposant avec les fauves (Institut d'art de Chicago, 45,8 × 55 cm).
Robert Delaunay, Disque simultané (1912), 134 × 134 cm, collection particulière.
Piet Mondrian, Composition XIV (1913).
Hilma af Klint, Chaos, no 2, 1906.

L'art abstrait est un art qui tente de donner une contraction du réel ou encore d'en souligner les « déchirures » au lieu d'essayer de représenter « les apparences visibles du monde extérieur »[3].

L'art abstrait peut se passer de modèle et s'affranchit de la fidélité à la réalité visuelle et ainsi des créations plastiques mimétiques.

Il ne représente pas des sujets ou des objets du monde naturel, réel ou imaginaire, mais seulement des formes et des couleurs pour elles-mêmes.

C'est l'une des principales tendances qui se sont affirmées dans la peinture et la sculpture du e siècle[4],[5].

Définitions

Selon l'historien et critique d'art Michel Ragon, l'abstrait ne se définit que par son histoire. S'il est habituel de faire de Kandinsky le fondateur de la peinture abstraite (1910-1913), on peut citer d'autres précurseurs, d'origine russe, bien moins connus en France : le Lituanien Čiurlionis, qui a initié le mouvement abstrait vers 1906-1907[6], ou Nathalie Gontcharova, dont Guillaume Apollinaire montrait en 1914 les œuvres peintes de 1909 à 1911, les qualifiant de « rayonnisme »[7]. On trouve aussi de l'abstraction dans les œuvres de l'artiste suédoise Hilma af Klint commençant vers 1906.

Michel Seuphor donne une définition de l'art abstrait assez prudente[8] (en l'opposant à l'art figuratif), citée dans l'introduction du chapitre « Origines du développement de l'art abstrait » de Michel Ragon :

« J'appelle art abstrait tout art qui ne contient aucun rappel, aucune évocation de la réalité observée, que cette réalité soit, ou ne soit pas le point de départ de l'artiste[9]. »

De l'abstraction de Kandinsky au futurisme

Dans les arts plastiques, l'art abstrait est un « langage visuel » né au e siècle. Il n'essaie pas de représenter « les apparences visibles du monde extérieur [3]», mais tente de donner une contraction du réel ou encore d'en souligner les « déchirures ». L'art abstrait peut se passer de modèle et s'affranchit de la fidélité à la réalité visuelle et ainsi des créations plastiques mimétiques. Il ne représente pas des sujets ou des objets du monde naturel, réel ou imaginaire, mais seulement des formes et des couleurs pour elles-mêmes.

Le peintre Vassily Kandinsky est considéré comme le fondateur de l'art abstrait. Il a peint sa première aquarelle abstraite Sans titre en 1913. Selon le philosophe Michel Henry ; « Kandinsky appelle abstrait le contenu que la peinture doit exprimer, soit cette vie invisible que nous sommes. »[10]

Au début du e siècle, ce terme incluait aussi le cubisme ou le futurisme, mouvements dans lesquels il y a une volonté de représenter le monde réel, sans l'imiter ou le copier, mais plutôt en en montrant les qualités intrinsèques. On représente ce qu'on sait d'un objet plutôt que ce qu'on en voit.

L'art abstrait utilise un langage formel, pictural et linéaire pour créer une composition indépendante du rapport aux références visuelles existantes dans le monde sensible. L'art occidental a été, de la Renaissance jusqu'au milieu du e siècle, sous-tendu par la logique de la perspective et une tentative de reproduire l'illusion de la réalité visible. La découverte et l'accès grandissant aux arts et cultures extérieurs à l'Europe ont insufflé d'autres modèles de description et permis une expérience visuelle de l'artiste libérée des contraintes de la représentation. Certains, suivant une mouvance impressionniste, se sont essayés à la déformation de caractères d'imprimerie moderne, voire de symboles Sanskrits. À la fin du e siècle, de nombreux artistes ont ainsi estimé nécessaire de créer une nouvelle forme d'art assimilant les changements technologiques, scientifiques et philosophiques de leur temps. Les sources dont les artistes tirent leur arguments théoriques sont diverses et reflètent les préoccupations sociales et intellectuelles dans tous les domaines de la culture occidentale de cette époque.

L’abstraction indique un point de départ, une nouvelle représentation de la réalité et de l'imagerie dans l'art. Depuis le réalisme du début du e siècle et l'apparition du daguerréotype, une représentation exacte du réel est réalisée. L'écart entre art et réalité, thème classique de la représentativité artistique, a traversé le miroir de l'exactitude visuelle. L’abstraction s'inscrit dans cette continuité, cette constante recherche d'une représentation juste du réel. Elle se veut une réponse à ces nouvelles formes récemment apparues, considérées malgré leur exactitude technique comme partiales, incomplètes. L'idée de sublimation de la réalité disparaît au profit d'une abstraction extérieure à sa représentation tangible, l'art ne vise plus la vraisemblance la plus grande, le réalisme le plus exact, car il peut être supplanté, résumé, au moins théoriquement par les nouvelles formes de représentation automatisée, puisqu'une représentation parfaite est susceptible d'être extrêmement difficile à atteindre. Le travail artistique prend des libertés, en modifiant par exemple la couleur et la forme d'une manière qui soit visible et contenue dans une essence concise qui peut être appelée « abstraite ». La résultante ne comporte plus les traces de l'abstraction, les références et le reconnaissable disparaissent au profit des effets visibles, des formes géométriques, des lignes épurées ou foisonnantes, des couleurs uniques ou mêlées. Ainsi, l'abstraction géométrique ne conserve aucune des références naturelles et réalistes des entités présentées. Art figuratif et Abstraction totale sont presque incompatibles, à ceci près que la représentation figurative (ou art réaliste) contient souvent une abstraction partielle.

L'abstraction géométrique et l'abstraction lyrique sont le plus souvent totalement abstraites. Parmi les très nombreux mouvements artistiques pré-abstraction, ceux qui incarnent une part substantielle et notable d'abstraction sont le fauvisme, pour son usage des couleurs, clairement et délibérément altérées par rapport à la réalité, et le cubisme, qui modifie de façon flagrante les formes de la vie réelle. Enfin le futurisme, dans sa volonté de dé-figurer le réel par le dynamisme et le cinétisme, parvient à un art abstrait, notamment avec Giacomo Balla[réf. nécessaire].

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