Aléxandros Panagoúlis

Aléxandros Panagoúlis
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Aléxandros Panagoúlis (centre, avec Luigi Tassinari à sa droite)

Fonction
Député au Parlement grec
Deuxième circonscription d'Athènes
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 36 ans)
Athènes Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Autres informations
Partis politiques
Union du centre (Grèce)
Union du Centre - Nouvelles Forces ( en) Voir et modifier les données sur Wikidata
Panagoulis Grave.jpg

Vue de la sépulture.

Aléxandros Panagoúlis (en grec Αλέξανδρος Παναγούλης) (), homme politique et poète grec. Il participa activement à la lutte contre la dictature des colonels ( 19671974). Il est mondialement connu, en particulier pour son attentat manqué contre le dictateur Geórgios Papadópoulos le 13 août 1968, mais aussi pour sa résistance aux tortures qu’il a subies. À la restauration de la démocratie, il fut élu député de l' Union du centre (E. K.).

Biographie

Aléxandros Panagoúlis naquit à Glyfáda ( Athènes). Fils d'Athéna et de Vassilios Panagoúlis, officière de l'armée grecque. Frère cadet de Yeóryios Panagoúlis, victime du régime des colonels, et aîné d’Eustathios, autre homme politique. Il étudia à l’ Université polytechnique nationale d'Athènes (Metsovion), dont il sortit ingénieur électricien.

Politique

Esprit libre et démocratique, dès sa jeunesse, Aléxandros Panagoúlis intégra les Forces démocratiques de la Grèce l’Union du Centre (E. K.) sous le leadership de Georges Papandréou. Concrètement, il adhéra à l'organisation juvénile locale du parti – Organisation juvenile de l'Union du Centre (O.N.E.K.) rebaptisée Jeunesse démocratique hellénique (E.DI.N) – à Glyfáda, avant de devenir son président le 3 septembre 1974, après le retour du régime démocratique.

Résistance à la dictature

Aléxandros Panagoúlis participa activement à la lutte pour le retour à la démocratie et contre le régime militaire de Geórgios Papadópoulos (1967-1974). Il déserta son poste dans le service militaire en raison de ses convictions démocratiques et fonda l'organisation Résistance nationale. Il s’exila à Chypre pour y concevoir un plan d'action. Revenu en Grèce, il planifia, avec ses proches collaborateurs, l’assassinat du dictateur Papadópoulos le 13 août 1968 près de Varkyza. Son action échoua et il fut arrêté. Il fut torturé à de multiples fois et jamais il ne donna de noms. Jugé par des tribunaux militaires grecs truqués le 3 novembre 1968, il fut condamné à mort avec d'autres membres de Résistance nationale le 17 novembre 1968, et transporté ensuite à Égine pour exécution. Mais, grâce à l’intervention de la communauté internationale et de ses amitiés, les dictateurs n’osèrent jamais exécuter la peine. Le 25 novembre 1968, il fut déporté d'Égine aux prisons militaires de Bogiati (S.F.B.).

Pendant son incarcération, Aléxandros Panagoúlis refusa la proposition de collaboration qu’offrit la dictature ; il fut soumis à d’affreuses tortures physiques et mentales. Il s'évada de la prison le 5 juin 1969. Arrêté à nouveau et conduit provisoirement à la caserne de Goudi, il fut ramené un mois plus tard à la prison du Bogiati, où il fut enfermé dans l'isolement de la cellule «tombe », prison construite spécialement pour lui et creusée sous terre, d'à peine 2 m de long sur 1,50 m de haut. Il tenta plusieurs fois de s'évader de nouveau, sans succès.

Il refusa aussi de bénéficier de l'amnistie générale accordée par le régime des colonels aux détenus politiques – après des pressions internationales – et fut finalement libéré à l’été 1973. Il s’exila une nouvelle fois, à Florence, en Italie, afin de donner un nouveau souffle à la résistance. Il fait alors la connaissance de la journaliste italienne Oriana Fallaci, qui sera sa compagne jusqu'à sa mort.

Restauration de la démocratie

Lors du rétablissement de la démocratie, Aléxandros Panagoúlis se présenta aux élections de novembre 1974 sous l'étiquette de l’ Union du centre – Nouvelles forces (E. K. – N. D.). Élu député d’Athènes, il poursuivit, en tant que député, la chasse aux hommes politiques qui avaient collaboré avec le régime dictatorial en lançant contre eux une série d'accusations. Peu après son élection, il rompit avec le leadership de son parti. Il démissionna du parti mais garda son siège au Parlement grec en qualité d’indépendant. Il maintint ses accusations et entra dans une confrontation ouverte avec le ministre de la Défense nationale, Evangelos Averoff, et d’autres. Il fut à son tour l’objet de pressions et de contre-attaques.

Le 1er mai 1976, à l’âge de 36 ans, Panagoúlis se tua dans un accident de voiture, à la suite d'une nouvelle course poursuite, qui n'était pas la première, traqué par des hommes de main d'Averoff, sur l’avenue Vouliagmenis à Athènes, et ce, quelques jours avant la révélation du dossier au sujet des agents de sécurité de la junte militaire (dossier E.S.A.). Il avait déjà échappé à plusieurs tentatives d'assassinat de la part d'opposants politiques.

Le jour de son enterrement, des millions de Grecs se massèrent dans les rues d'Athènes pour lui rendre hommage.