Abdus Salam

Abdus Salam
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Abdus Salam en 1987
Naissance
Jhang Sadar (Inde)
Décès (à 70 ans)
Oxford (Angleterre)
NationalitéDrapeau du Pakistan Pakistanais
DomainesPhysique
InstitutionsSUPARCO
Pakistan Atomic Energy Commission
DiplômeUniversité du Pendjab
St John's College
Directeur de thèseNicholas Kemmer[1]
Paul Matthews[2]
Influencé parPaul Dirac[3]
A influencéRiazuddin
Fayyazuddin
Renommé pourProgramme spatial pakistanais
Interaction électrofaible
DistinctionsPrix Smith (1950)
Prix Adams (1958)
Prix Nobel de physique (1979)

Signature

Signature de Abdus Salam

Muhammad Abdus Salam[4], né le à Jhang Sadar, Inde (aujourd'hui au Pakistan) et mort le , est un physicien pakistanais surtout connu pour ses travaux sur l'interaction électrofaible, synthèse de l'électromagnétisme et de l'interaction faible. Il est co-lauréat avec Sheldon Glashow et Steven Weinberg du prix Nobel de physique 1979[5].

Il étudie au Government College (en) à Lahore. Titulaire d'une bourse pour la Grande-Bretagne, il décroche en 1952 un doctorat en mathématiques et en physique de l'université de Cambridge. Il enseigne dans ces établissements, puis en 1957, est professeur de physique théorique à l'Imperial College de Londres. En 1964, il devient directeur du Centre international de physique théorique de Trieste, nouvellement créé. Cette même année, il est lauréat de la médaille Hughes.

Biographie

Éducation

Le père d'Abdus Salam était fonctionnaire du Département de l'Éducation dans un district de modestes agriculteurs. Sa famille avait une longue tradition de piété et d'éducation.

À l'âge de 14 ans, il obtient les meilleurs notes jamais enregistrées pour l'examen d'entrée à l'université du Pendjab[6]. Cela lui permet d'obtenir une bourse d'étude à l'école gouvernementale, Université du Pendjab, à Lahore. Au même âge, il y publie son étude sur Srinivasa Ramanujan. Il reçoit son master à l'âge de 20 ans, en 1946. La même année, il obtient une bourse d'étude pour le St John's College à Cambridge, où il termine son BA avec les honneurs de première classe dans deux disciplines, les mathématiques et la physique, en 1949. L'année suivante, il reçoit le prix Smith de l'Université de Cambridge pour la plus importante contribution pré-doctorale en physique.

Il obtient son Ph.D. en physique théorique à Cambridge. Sa thèse doctorale est une étude fondamentale en électrodynamique quantique[7]. Ses travaux, publiés en 1951, le rendent internationalement célèbre et lui confèrent le prix Adams.

Carrière

Ses études achevées, il retourne au Government College de Lahore en tant que professeur de mathématiques, garde cette fonction de 1951 à 1954, puis revient à Cambridge en tant que conférencier en mathématiques.

Durant les années 1960, Abdus Salam joue un rôle important dans l'établissement de la Pakistan Atomic Energy Commission (PAEC), l'agence de recherche nucléaire du Pakistan, et de la Space and Upper Atmosphere Research Commission (SUPARCO), l'agence spatiale pakistanaise créée en 1961 sur ordre du président Muhammad Ayub Khan, dont il est le premier directeur.

Il participe aussi à la création de cinq écoles supérieures des sciences afin d'améliorer l'éducation scientifique au Pakistan. Il fonde et dirige l’International Centre for Theoretical Physics (ICTP) de Trieste, en Italie, de 1964 à décembre 1993. Le centre a été renommé Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics en son honneur.

En 1956, il obtient une chaire à l'Imperial College London, où lui et Paul Matthews (en) animent un groupe de physiciens théoriciens. Il y demeure jusqu'à sa retraite. En 1959, il devient le plus jeune membre de la Royal Society à l'âge de 33 ans.

En 1968, il épouse Louise Johnson (1940-2012), biochimiste et cristallographe britannique, qui sera professeur de biophysique moléculaire à l'université d'Oxford de 1990 à 2007.

En 1967, avec Steven Weinberg, Abdus Salam propose une théorie permettant d'unifier les interactions électromagnétique et faible entre particules élémentaires, théorie qui sera confirmée par l'expérience. Pour ce travail, Abdus Salam, Sheldon Glashow et Steven Weinberg recevront le prix Nobel de physique 1979 « pour leurs contributions à la théorie unifiée des interactions faible et électromagnétique entre les particules élémentaires, incluant entre autres la prédiction du courant neutre faible[5] ». Il devient ainsi le premier scientifique musulman à recevoir un prix Nobel.

En 1998, le gouvernement pakistanais sort un timbre avec son portrait dans une collection intitulée « Scientifiques du Pakistan ». Il devient un membre, de nationalité étrangère, de la Bangladesh Academy of Sciences.

Abdus Salam croyait fermement que la « pensée scientifique est l'héritage commun de l'humanité ». Selon lui, les nations en développement ont besoin de s'aider elles-mêmes, et doivent investir dans leur propres chercheurs pour aider au développement et réduire ainsi le fossé entre le Sud et le Nord. À ce titre, Salam fonda la Third World Academy of Sciences (TWAS, Académie des sciences du Tiers-Monde) et fut un personnage-clé dans la création de par le monde de nombreux centres internationaux consacrés au progrès de la science et de la technologie.

Religion

Abdus Salam était un fervent musulman, et membre de la communauté ahmadiste[8], et voyait sa foi comme faisant partie intégrante de son travail scientifique. Il écrivit : « Le Saint Coran nous encourage à refléter les vérités des lois de la nature créées par Allah ; cependant, que notre génération ait eu le privilège d'apercevoir une partie de Son Dessein est une récompense et une grâce pour laquelle je présente mes remerciements avec mon humble cœur. »[9]

Pendant son discours pour la réception du prix Nobel de physique, Abdus Salam cita un passage du Coran (Sourate 67, 3-4) puis déclara, à propos de la citation en question : « Ceci, en pratique, est la foi de tous les physiciens ; plus profond nous cherchons, plus grand est notre étonnement, plus grand est notre émerveillement pour ce que nous contemplons.[10] »

En 1974, quand le Parlement du Pakistan déclara la communauté musulmane Ahmadiyya comme non musulmane, Abdus Salam quitta le pays pour Londres en signe de protestation.[réf. nécessaire]

Mort

Tombe d'Abdus Salam.

Abdus Salam meurt le à l'âge de 70 ans à Oxford en Angleterre, des suites d'une longue maladie neurologique, la PSP. Son épouse est décédée en 2012. Son corps fut ramené au Pakistan à Darul Ziafat, où près de 13 000 hommes et femmes lui rendirent hommage. 30 000 personnes assistèrent à ses funérailles.

Il fut enterré dans le cimetière Bahishti Maqbara à Rabwah près de la tombe de ses parents. L'épitaphe sur sa tombe était « Premier Lauréat Nobel Musulman », mais un magistrat local ordonna d'effacer « musulman » dû à l'adhésion d'Abdus Salam à l'ahmadisme. En conséquence, la nouvelle citation, « Premier Lauréat Nobel », est devenue fausse.

Le professeur Abdus Salam fut responsable des premiers travaux de la Commission à l'Énergie Atomique du Pakistan, initiateur des travaux de recherche sur les problèmes des inondations et de la salinité et de travaux de recherche dans l'agriculture. Il joua un rôle crucial dans la PAEC et la SUPARCO, l'Agence spatiale nationale du Pakistan. Il aida des scientifiques et ingénieurs pakistanais à être formés dans le domaine nucléaire.

Legs

Les travaux d'Abdus Salam laissèrent de nombreuses traces. Il fut au centre des programmes nucléaire, spatial et de missiles pakistanais. En 1998, le gouvernement pakistanais édita un timbre commémoratif en son honneur pour les services rendus en tant que scientifique.

Abdus Salam fut commémoré par la communauté scientifique pakistanaise, dont nombre de ses anciens étudiants. Ils ont été nombreux à témoigner de leur expérience d'élève, dont Ghulam Murtaza (en), professeur de physique plasma au Government College University de Lahore :

« Quand le Dr. Salam donnait un cours, le hall était plein et même si le sujet était la physique des particules, son style et son éloquence étaient tels qu'il semblait discuter littérature. Quand il avait fini son cours, les auditeurs explosaient souvent d'applaudissements spontanés et lui donnaient une ovation debout. Des gens de par le monde venaient à l'Imperial College et cherchaient les conseils de Salam. Il écoutait patiemment tout le monde, y compris ceux qui disaient n'importe quoi. Il traitait tout le monde avec respect et compassion et ne dépréciait et n'offensait personne. La force de Dr. Salam était qu'il pouvait filtrer du sable les trésors. »

En août 1996, une équipe de scientifiques pakistanais, sous la conduite de Munir Ahmad Khan (en) et Ishfaq Ahmad (en), rencontrèrent Abdus Salam à Oxford en Angleterre. Ishfaq Ahmad, professeur de physique nucléaire à l'université Quaid-i-Azam, se souvient que le « Dr. Abdus Salam était responsable de l'envoi de près de 500 physiciens, mathématiciens et scientifiques du Pakistan pour des Ph.D. dans les meilleures institutions des États-Unis et du Royaume-Uni. »

Munir Ahmad Khan, ingénieur nucléaire pakistanais et ancien président de la PAEC, expliqua :

« Ma dernière rencontre avec Abdus Salam eut lieu il y a seulement trois mois. Sa maladie avait pris le dessus et il ne pouvait plus parler. Cependant, il comprit ce que je dis. Je lui ai parlé à propos de la célébration tenue au Pakistan pour son soixante-dixième anniversaire. Il me fixait constamment. Il était plein de louanges. Quand je me suis levé pour partir, il prit ma main pour exprimer ses sentiments comme s'il voulait remercier tous ceux qui avaient dit du bien de lui. Le Dr. Abdus Salam avait un profond amour pour le Pakistan en dépit du fait qu'il fut traité de manière injuste et indifférente par son propre pays. Cela devenait de plus en plus difficile pour lui de venir au Pakistan et le blessait profondément. Maintenant il est finalement rentré à la maison, pour reposer en paix à jamais dans la terre qu'il aimait tant. Que le jour vienne où nous nous lèverons au-dessus de nos préjugés et reconnaitrons et lui rendrons, après sa mort, ce que nous ne pouvions pas quand il était vivant. Nous, Pakistanais, pouvons choisir d'ignorer le Dr. Salam mais le monde entier se souviendra toujours de lui. »

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